Dernière épreuve de ces championnats de France, la course en ligne masculine a désigné son vainqueur. Parti dès les premiers hectomètres, Romain Bardet s'y est découvert une vocation de baroudeur. De quoi imaginer un rôle d'équipier de Kelderman chez Sunweb ?
Romain Bardet prend les devants, la Groupama-FDJ à la chasse
Marc Sarreau toujours chez Groupama-FDJ, l'équipe chambérienne a donc décidé de jouer son va-tout en animant la course. Si cette éventualité semblait évidente, l'échappée de Romain Bardet est elle plus surprenante. Parti à plus de 100km de l'arrivée avec Valentin Ferron, le coureur de la haute-loire fut l'un des grands animateurs de la course. Derrière, l'équipe Groupama-FDJ a pris la course en main dès le matin. Venue avec Arnaud Démare, la formation de Marc Madiot avait en effet tout intérêt à contrôler la course. Méfiante, elle n'aura laissé aucune chance au duo de fuyards. Une fois ce duo revenu à portée de tir, le festival d'attaque a pu démarrer.
60 km à fond pour un vainqueur
Pendant que Ferron et Bardet se faisaient rejoindre par le peloton, d'autres ont décidé d'en sortir. Dans ces coups on a notamment retrouvé des coureurs comme Adrien Petit, Julien Antomarchi, Tony Gallopin ou encore Romain Combaud. Malheureusement pour ces hommes, l'équipe d'Arnaud Démare était décidée à ne laisser aucune chance à ces coureurs. Tour à tour, Armirail et Thomas ont condamné toutes les vélocités offensives.
L'écart maximal dans les deux dernières heures de course n'aura jamais atteint la minute. Toutefois, le nombre de personne ayant attaqué et la qualité des attaquants aura permis un temps d'entrevoir une chance pour ces hommes. C'est à 30km de l'arrivée qu'un nouveau groupe s'est formé portant à 15 le nombre des échappés. On trouvait notamment parmi ces 15 Rolland, Latour, Bidard, Levasseur, Ledanois ou encore Combaud.
Julian Alaphilippe fort, Démare tricolore
Alors qu'il restait un tour à couvrir, les 15 échappés ne comptaient plus que 20” d'avance. C'est le moment qu'a choisi le duo de la Quickstep pour prendre les affaires en main : Florian Sénéchal puis Julian Alaphilippe ont donc joué leur carte à fond. Sorti à 12km de l'arrivée et accompagné par Romain Bardet, Sénéchal a pu rejoindre le groupe Combaud. Malheureusement pour ce groupe, l'entente fut médiocre et sous l'impulsion d'un excellent Benjamin Thomas le peloton s'est une dernière fois regroupé.
L'accélération décisive fut portée à 5km de l'arrivée par les coureurs de la Quickstep. Se mettant en tête et roulant à 100 %, Florian Sénéchal a complètement fait exploser le peloton. Groupé jusqu'alors, le groupe s'est réduit à 10 coureurs tous en file indienne, moment choisi par Julian Alaphilippe pour porter son effort. Tranchante, son attaque a sorti tous les coureurs de sa roue et l'a porté seul en tête. 15” derrière lui, on trouvait les 2 sprinters Démare et Coquard.
À ce point de la course, on pensait l'affaire entendue et le maillot sur les épaules du berrichon. En effet, on ne s'attendait absolument pas à voir Démare et Coquard collaborer et rentrer sur le vainqueur de Milan-San Remo 2019. Ce fut pourtant bien le cas et le trio aborda groupé le dernier kilomètre. Touché mais pas coulé, Alaphilippe a une nouvelle fois tenté de distancer ses adversaires mais une fois encore ceux-ci ont réussi à revenir. C'est donc ce trio qui s'est présenté à 400m de la ligne pour le sprint final. Un sprint qu'a lancé Julian Alaphilippe mais celui-ci fut rapidement repris par ses adversaires. 100m avant la ligne, Coquard était revenu à hauteur de Démare mais jamais celui-ci ne put passer et c'est donc le coureur de la formation Groupama-FDJ qui s'impose et s'offre ainsi le droit de porter le maillot tricolore cette année.
crédits photos : Eurosport