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Le manager du Sheriff Tiraspol s’est engagé dans l’armée Ukrainienne

Sheriff

Il y a six mois, Yuriy Vernydub faisait la fête au Bernabeu. Son équipe, le Sheriff Tiraspol, venait de créer l'une des plus grandes surprises de la Ligue des champions en battant le Real Madrid 2-1. C'était un résultat sismique pour les vainqueurs du championnat moldave, qui viennent de Transnistrie, une république sécessionniste sous forte influence russe. Un triomphe contre les 13 fois champions d'Europe était à peine croyable pour une équipe qui a franchi quatre tours de qualification pour atteindre la phase de groupe, avec un budget annuel d'environ 6 millions d'euro.

Il y a un peu plus d'une semaine, le jeudi 24 février, après avoir terminé troisième de son groupe de Ligue des champions, le Sheriff s'est retrouvé au Portugal pour un match à élimination directe de la Ligue Europa. L'Ukrainien Vernydub et ses joueurs étaient arrivés à Braga le mercredi pour préparer le match et il s'était couché en espérant une bonne nuit de sommeil alors qu'ils se préparaient à défendre une avance de 2-1 au match aller. Puis, aux premières heures du jeudi matin, la vie de cet homme de 56 ans allait changer à jamais.

“Mon fils m'a appelé à 4h30 du matin et m'a dit que les Russes nous avaient attaqués. J'ai alors su que je retournerais en Ukraine pour me battre. Nous avons pris l'avion et atterri à Iasi, en Roumanie. Je me suis ensuite rendu en bus à Tiraspol, en Transnistrie, avec le reste de l'équipe le vendredi soir et je suis parti pour l'Ukraine à la première heure le samedi matin. Je me suis inscrit le dimanche. Il m'a fallu 11 heures de Tiraspol à mon domicile en Ukraine, en passant par Odessa, puis par Kirovgrad, Kryvyy Rih et enfin Zaporoje, mais je ne peux pas dire que ce fut difficile. Je ne veux pas vous mentir. En rentrant chez moi, j'ai vu beaucoup d'hommes forts quitter le pays. S'ils reviennent, je serai heureux. Je comprends qu'ils soient partis avec leurs familles en Moldavie, en Roumanie, etc. Dans notre région, beaucoup d'hommes sont partis… des hommes de Kharkov, Zaporoje, Lugansk, Donetsk. J'ai compris à ce moment-là que je ne pouvais pas faire la même chose. Je me suis dit que dès que je rentrerais chez moi, j'irais m'inscrire moi-même” explique le coach de l'équipe moldave.

“Les personnes de mon entourage ont essayé de m'en empêcher. Ma femme, mes enfants, mes petits-enfants. J'ai tenu bon et je remercie ma femme de m'avoir soutenu. Elle connaît mon caractère. Si je prends une décision, je ne la changerai pas”. Avant d'ajouter : “nous aurions pu aller en Moldavie et cette option est toujours ouverte pour mes enfants, pour leurs femmes, pour mes petits-enfants. Mais moi et ma femme – nous restons ici, c'est certain”.

“J'ai pris ma décision et tout va bien. Je n'ai pas peur”

Pour le moment le coach ukrainien ne se trouve pas dans la zone direct du conflit mais à environ 120 km des combats les plus sanglants. “J'ai pris ma décision et tout va bien. Je n'ai pas peur. J'étais dans l'armée quand j'étais jeune – c'était obligatoire pendant deux ans. Mais c'était dans une unité pour sportifs. Pendant deux mois, nous recevions des instructions théoriques, puis nous apprenions à manier une arme. Mais c'était il y a si longtemps. Je ne peux pas dire que j'ai des problèmes avec les armes à feu, je sais m'en servir”.

Avant de conclure : “le collectif qui m'entoure est fou. Dans le bon sens, bien sûr. C'est vraiment cool de faire partie d'une telle équipe. Il y a différents caractères ici. Mais ils sont unis, sympathiques et très motivés. Tout est partagé entre nous. De ce point de vue, tout va bien. C'est également agréable que beaucoup aient voulu prendre des photos avec moi.”

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