Victorieux de Villareal (2-1) lorsque le FC Barcelone craquait une fois de plus en s'inclinant à la surprise générale face à Osasuna au Camp Nou (1-2), le Real Madrid est devenu champion d'Espagne pour la 34e fois de son histoire, ce jeudi soir. Très loin de leur meilleur niveau en début de saison, les hommes de Zidane ont su redresser la barre pour réaliser une saison de très bonne facture, en attendant la Ligue des Champions.
Un début de saison plus que moyen
1er octobre 2019. Malgré un démarrage correct en championnat (avec 15 points obtenus sur 21 possibles lors des sept premières journées), le Real connaît une nouvelle contre-performance en Ligue des Champions. Giflés successivement par l'Atletico lors de l'International Champions Cup (3-7) puis face au PSG (0-3), c'est cette fois-ci contre Bruges que les Merengue sont tenus en échec, au Bernabeu (2-2). Une prestation médiocre, qui vient ternir encore un peu plus le début de saison des coéquipiers de Sergio Ramos, lors duquel les mauvais résultats s'ajoutent aux blessures de joueurs comme Marco Asensio ou Eden Hazard.
Revenu pour gagner des titres -et surtout pour reconquérir la Liga, propriété du rival barcelonais depuis deux saisons-, Zinédine Zidane se retrouve dans la tourmente, certains émettant des doutes sur sa capacité à construire un nouveau groupe et à insuffler une nouvelle dynamique à un groupe vieillissant avec lequel il a pendant des années été sur le toit de l'Europe. Derrière le Barça en Liga, et défait à domicile en huitième de finale aller de Ligue des Champions juste avant l'arrêt des compétitions en raison de la pandémie de Covid-19, Zidane reste sous pression, et sa gestion est alors fortement remise en cause.
Benzema, Ramos, Courtois : trio gagnant
Au moment de la reprise, le Real Madrid et le FC Barcelone sont au coude-à-coude. Les Blaugrana culminent en tête du classement avec 58 points, tandis que les Merengue suivent juste derrière avec la bagatelle de 56 points. Si les deux équipes proposent lors des premières semaines de reprise un jeu très loin des standards attendus, le Real fait contrairement au Barça preuve d'un pragmatisme et d'un état d'esprit qui lui permettent de gagner même sans forcément impressionner.
Avec une solidité défensive symbolisée par un gardien qui encaisse très peu de buts (seulement 4 en 10 matches depuis le restart), un milieu de terrain dominant sous la houlette d'un Modric retrouvé, des leaders humain et technique tels que Ramos et Benzema (respectivement 10 et 21 réalisations en Liga), et un coach qui a de nouveau su s'adapter pour optimiser sa gestion, le Real Madrid redevient une machine à gagner, et se montre bien plus solide que son ennemi barcelonais, en crise institutionnel permanente ces derniers mois.

Le nouveau coup d'éclat de Zidane
Finalement, bien que le Real n'ait pas forcément ravi les observateurs, trouvé d'alternative à Benzema ou marqué beaucoup de buts, les fantastiques qualités de manager de son coach français lui ont toujours permis de s'imposer, même sur la plus petite des marges, lorsque le Barça lâchait des points dans la course au titre.
La polyvalence s’est ainsi avérée être un atout majeur à la conquête du titre en Liga, comme en témoigne la grande variété de buteurs (21 sur la saison, un record) et de systèmes différents dans lesquels Zidane a fait évoluer ses hommes.
“Zidane a su convaincre ses joueurs qu'en l'absence de punch, ils devaient souffrir, apprendre à jouer avec plus de sérieux que de plaisir, avec plus d'équilibre derrière que de déséquilibre devant. Zidane, en bref, a gagné, et c'est pour cela qu'il est revenu.” @Carpio_Marca pic.twitter.com/kD62tYv5tS
— Real Madrid FR (@FranceRMCF) July 17, 2020
Ce nouveau titre, le 11e de l'ère Zidane, marque encore un peu plus l'histoire d'un club qui impressionne toujours autant de par sa capacité à sans cesse se resserrer autour d'un objectif commun pour aller renverser des montagnes. Bien que l'effectif n'ait pas été renouvelé au point où on pouvait l'attendre, “ZZ” a encore une fois réussi à tirer le meilleur du groupe dont il disposait, en exploitant au mieux ses forces, en comprenant ses faiblesses, et en répondant aux problématiques et aux difficultés qui se dressaient sur sa route. Là aussi, est une partie de sa légende.
Crédit photo de l'image en Une : France 24
Grégoire Allain