Les 30 moments qui ont fait 2018 : les Championnats d’Europe d’Athlétisme

Une barre qui tombe, un drapeau rouge qui se dresse, des bras levés au ciel, des larmes le long d’une joue. Des champions au panthéon, des champions à terre, des grandes histoires qui s’écrivent. Mais toujours, des moments de grâce. Les Championnats d’Europe d’athlétisme ont livré leur lot de moments forts pour les Français.

Trois hommes en or

C’est peut-être la plus surprenante des trois. Jamais médaillé en compétition internationale, Morhad Amdouni s’aligne sur le 10 000 mètres le couteau entre les dents. Ils sont alors cinq au moment où la cloche retentit, signalant le dernier tour de course. Lancé comme une balle dans la dernière ligne droite, le Français grille la politesse à deux concurrents et signe la plus belle victoire de sa carrière. Une performance accompagnée quelques jours plus tard d’une médaille de bronze en 5 000 mètres.

La deuxième, c’est celle de la régularité. Mahiedine Mekhissi connaît une saison perturbée. Entre les blessures et les courses pour se rassurer, le Champenois arrive à Berlin dans l’inconnu. Pourtant, sur le 3000m steeple, sa discipline favorite, le Français est seul au monde. Lorsqu’il le décide, il accélère, et s’impose presque trop facilement. Avec cinq sésames continentaux, Mekhissi devient le Français le plus titré en Europe.

Enfin, celle du cœur. Toujours émouvant et adorable au micro, Pascal Martinot-Lagarde est un habitué des courses où « ça passe pas loin ». Cette fois à Berlin, Le Français peut enfin écrire une page qu’il manque à son histoire. Dans sa finale, le voilà au coude à coude avec Sergey Shubenkov, véritable légende du 110m haies. En larmes, à terre, Martinot-Lagarde cède à l’émotion alors que la photo finish n’est pas tombée. Mais cette fois, c’était bien son heure, le voilà champion d’Europe. Enfin !

Renaud Lavillenie, un acte manqué

On avait quitté Renaud Lavillenie à Rio, deux ans auparavant, déchu d’un titre olympique qui ne pouvait pas le fuir. Rappelez-vous, ce soir là, un certain Thiago Braz da Silva, transcendé par son public brésilien, fait tomber l’épouvantail de la discipline. Sans référence jusqu’alors, c’est un peu le miracle d’un jour. Celui d’un jour pas comme les autres où aucune statistique ne peut expliquer un résultat final. Lavillenie est battu le jour où il ne faut pas, dans un concours de folie.

Et bien l’histoire se répète un peu à Berlin, cet été. Les résultats de la saison sont moins époustouflants pour l’Auvergnat, mais sa progression est logique au fil des mois. Mais voilà, encore une fois, Lavillenie fait face à des adversaires décomplexés. Ce jour là, c’est un junior suédois, pépite de la discipline, qui affole les compteurs. Armand Duplantis décroche le titre avec un saut stratosphérique à 6,05m, au terme d’un concours de folie. Renaud Lavillenie doit même se contenter du bronze, après un saut à 6m du Russe Timur Morgunov. Passation de pouvoir ?

Kévin Mayer, LE moment fort de Berlin

Il est environ 11 heures du matin, le 7 août 2018. Curieux horaire pour écrire une page de la légende du sport. Kévin Mayer s’apprête à jouer sa peau sur un troisième saut à la longueur. Comme aux Mondiaux de Londres à la perche. Mais cette fois-ci, la réussite fuit le marathonien. Parti en quête du record d’Ashton Eaton, la Français refuse d’assurer une marque. Il veut tout détruire sur son passage. Mais à cet instant, c’est un troisième drapeau rouge qui se dresse devant ses yeux, devenus rapidement humides.

Accroupi à côté du sable, la tête dans les bras, l’émotion gagne Kévin Mayer. Comme aux micros des journalistes, au moment d’évoquer sa déconvenue. Après avoir battu son record personnel sur le 100 mètres, malgré un départ raté, le champion du monde voulait profiter de sa forme endiablée. Malheureusement, ce jour là, ce n’est pas ses jambes, son bras ou un adversaire en état de grâce qui fait tomber le champion. C’est une planche en plasticine qui se refuse à lui. Mais les légendes ne perdent pas, elles apprennent. Et Berlin n’était qu’une introduction à la quête de record du monde…

On n’oublie pas toutes les médailles tricolores de Berlin. Elles étaient 10. Notamment le relais 4×400 féminin, décidément plein de ressources après le come-back de folie de Floria Gueï quatre ans en arrière. Ou Alexandra Tavernier récompensée d’une médaille d’argent au marteau. Autant de moments qui ont écrit l’histoire du sport français, européen, voire mondial.

Crédit photo : actu.fr

A propos de l'auteur

Fan de foot mais aussi de Serie A, je prends autant de plaisir à voir jouer Gilles Simon qu'à attendre une arrivée au sprint entre les Alpes et les Pyrénées. Talking Heads et Panetonne.

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