Boxe

Les 50 moments de la décennie : une prodige et des combats mémorables

Des agrès aux rings de boxe en passant par les tatamis, la dernière décennie a été marquée par plusieurs moments marquants en gymnastique et dans les sports de combat. De Simone Biles à Teddy Riner en passant par un couple en or et un combat entre deux figures des sports de combat, retour sur quatre nouveaux moments qui ont marqué ces dix dernières années.

Simone Biles, l’enfant prodige de la gymnastique

Simone Biles

Les Jeux Olympiques de Rio, apothéose de la carrière de Simone Biles (Crédits : Le Figaro)

Au cours de cette décennie, une véritable virtuose de la gymnastique a construit sa légende. Née à Columbus dans l’Ohio mais ayant grandit à Spring dans le Texas, l’Américaine Simone Biles commence ce sport dès l’âge de six ans et s’entraîne intensivement dès son huitième anniversaire. Très vite, en 2013, elle rejoint le niveau senior et va montrer au monde tout l’étendu de son talent.

À peine dans le monde professionnel, l’athlète de petite taille (1,42m) va s’affirmer comme l’une des meilleures gymnastes du monde. Pour sa première saison, elle se classe deuxième de toutes les épreuves individuelles des championnats des États-Unis et remporte même le concours général. Un mois plus tard, elle dispute ses premiers championnats du monde et remporte quatre médailles, dont le titre au sol et au concours général. Le début d’une véritable hégémonie pour la jeune femme. En cinq participations aux mondiaux, Simone Biles rafle dix-neuf titres, un record absolu, trois médailles d’argent et trois de bronze. Avec vingt-cinq médailles, elle est également la gymnaste la plus médaillée de l’histoire dans cette compétition. Du jamais vu. Néanmoins, c’est bien lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016 que Simone Biles va écrire la plus belle page de son histoire.

Considérée comme l’une des grandes favorites en gymnastique au Brésil avant même le début de l’évènement, Biles ne va pas décevoir. Impériale, elle aide Team USA, alors composé de cinq filles que l’on surnommera ensuite le Final Five, à se qualifier pour la finale en première position. Dans le même temps, elle se qualifie dans quatre des cinq épreuves individuelles, s’imposant dans chacune d’elles comme la favorite. Avec son équipe, elles est la seule gymnaste à participer aux quatre épreuves de la finale et permet aux États-Unis de remporter le titre olympique. Mieux, elle remporte trois médailles d’or en individuel (concours général, saut de cheval et sol), devant se contenter du bronze à la poutre. Auteure d’une performance légendaire et ayant égalé de nombreux records, Simone Biles est même choisie pour être la porte-drapeau des USA lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques. Une première pour une gymnaste et un honneur à la hauteur des exploits de la jeune femme.

Après une année qu’elle choisit de passer loin de la gymnastique, Simone Biles reviendra en 2018 pour continuer d’écrire sa légende. Considérée aujourd’hui comme l’une des plus grandes gymnastes de l’histoire, elle aura l’occasion de soigner sa potentielle sortie lors des prochains Jeux Olympiques à Tokyo où elle pourrait inscrire un peu plus son nom dans la légende.

Mossely-Yoka, un couple en or

Champions olympiques à Rio en 2016, Estelle Mossely et Tony Yoka ont marqué le cœur des français (Crédits : VALDRIN XHEMAJ | EPA/MAXPPP)

C’est un couple qui a marqué les mémoires et l’histoire de la boxe française lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016. Tous deux engagés dans le tournoi principal de la compétition, Estelle Mossely et Tony Yoka sont parvenus à obtenir le titre dans leur catégorie respective. Un homme et une femme couvert d’or qui ont, pour le moment, vécus l’apothéose de leur carrière.

Boxeuse commençant à être reconnue à sa juste valeur, Estelle Mossely se présente au Brésil avec un statut à défendre. Détentrice de médailles européennes et mondiales, elle arrive à Rio après avoir été sacrée championne du monde poids léger (-60 kg) au Kazakhstan quelques mois plus tôt. Opposée à la jeune italienne Irma Testa pour son entrée en lice, elle domine assez nettement le combat et se qualifie logiquement pour les demi-finales, s’assurant déjà une médaille. Au tour suivant, face à la russe Anastasia Beliakova, Mossely est encore plus dominatrice et terrasse son adversaire sur TKO. Les portes de la finale s’ouvrent alors et elle y retrouve la surprenante chinoise Yin Junhua. Malmenée pendant deux rounds, la Française réagit lors de la troisième reprise et domine complètement son vis à vis en fin de combat. Ayant pris l’avantage physique, Mossely fait subir son adversaire qui voit la victoire lui filer entre les doigts. Le jour de son anniversaire, elle triomphe et s’offre le plus beau titre de sa carrière. En attendant un bonheur double ?

En effet, parallèlement au parcours d’Estelle Mossely, son compagnon – et aujourd’hui mari – Tony Yoka était lui aussi engagé chez les super-lourds (+91 kg). Champion du monde amateur à Doha un an avant les Jeux, le boxeur parisien fait office de grandissime favori. Exempté de premier tour, il dispose du combattant des Îles Vierges Clayton Laurent puis du jordanien Hussein Ishaish pour rejoindre les demi-finales et s’assurer une médaille. Quatre ans après sa désillusion de Londres, Yoka ne compte pas s’arrêter là et même si la lutte est plus âpre face au croate Filip Hrgovic, le francilien s’impose et rejoint donc la finale olympique. Confronté au britannique Joe Joyce, Tony Yoka est en mission. Également bousculé par le trentenaire et pas aidé par une gêne à la cheville, celui qui est alors licencié aux Mureaux dans les Yvelines fait parler sa boxe en enchaînant les esquives et les contres pour prendre le meilleur sur son adversaire. À vingt-quatre ans, Tony Yoka est lui aussi champion olympique.

Avec le sacre parallèle de ces deux fiancés, la boxe française réalise ses meilleures Olympiades avec six athlètes qui ont obtenu une médaille. Outre leurs victoires individuelles, Tony Yoka et Estelle Mossely deviennent le symbole de ces Jeux Olympiques pour la France. Tous deux champions olympiques, ils marquent les mémoires des habitants de l’Hexagone à l’image du certes subjectif RMC Sport Award 2016 récompensant l’athlète de l’année qu’ils obtiennent conjointement. En montant sur le toit du monde à Rio, ces deux boxeurs nous ont fait vivre une des plus belles émotions de la décennie.

Mayweather vs McGregor, un combat pour l’histoire

Un champion de boxe contre un champion de MMA pour un combat historique (Crédits : Getty Images)

Ce n’est peut-être pas le plus grand combat de l’histoire de la boxe comme le présentaient les promoteurs, mais l’affrontement entre Floyd Mayweather et Connor McGregor est bien l’un des matchs de boxe qui a fait le plus parler au cours de la décennie. Ce duel, c’était avant tout un affrontement entre deux grandes figures des sports de combat. Champion du monde dans cinq divisons différentes et invaincu en carrière chez les professionnels, Floyd Mayweather est une légende de la boxe. Ayant défait de nombreuses têtes d’affiches de son sport, comme par exemple le philippin Manny Pacquiao en 2015, il faisait face à un nouveau défi en cette année 2017. Retraité des rings, il décida de remettre les gants pour confronter un nouveau challenger : Connor McGregor. Novice dans cette discipline, l’Irlandais était l’un des meilleurs combattants du monde en MMA et faisait régner la terreur en UFC. Un combat inédit qui promettait beaucoup sur le papier.

Outre l’aspect inédit, ce combat développa un engouement médiatique et financier presque jamais vu auparavant. Discuté pendant plus d’un an, ce combat mettait aux prises deux des sportifs les plus bankables de la planète. Surnommé Money, Mayweather avait l’habitude de participer à des combats sensationnels où beaucoup d’argent était en jeu. De l’autre côté, The Notorious permettait également de générer énormément de revenus. Le résultat ? Un des combats les plus onéreux de l’histoire, avec plus de 500 millions d’euros de recettes engendrées. Pour les combattants, cette confrontation dans le ring fut également très lucrative. En effet, Floyd Mayweather toucha plus de 200 millions d’euros selon certaines estimations, tandis que Connor McGregor obtint moitié moins de cette somme. Ce combat était un véritable show, à l’image de la ceinture faite pour l’occasion constituée en partie d’or et de pierres précieuses.

Après des mois et des mois à faire monter la pression, à s’échanger des insultes et à vendre ce combat, Floyd Mayweather et Connor McGregor se retrouvèrent dans le ring le 26 août 2017 à la T-Mobile Arena de Paradise (Las Vegas). Même si The Notorious affichait un poids plus élevé sur la balance, son adversaire, plus expérimenté et invaincu, faisait office de grandissime favori. Pourtant, c’est bien l’Irlandais qui rentre le mieux dans ce combat. Plus agressif, il bouscule Mayweather qui semble avoir du mal à reprendre la main après plusieurs mois loin de la boxe. Toutefois, cette domination ne fut qu’un écran de fumée. Très vite, McGregor fatigue, lui qui n’est pas habitué à combattre longtemps en MMA. À partir de la huitième reprise, ce dernier connaît une forte baisse de régime et Mayweather, qui gérait jusqu’ici son combat, passe à l’offensive. Déterminé à en finir, il malmène son adversaire et lui assène deux crochets du gauche dans le dixième round qui seront fatal au dublinois. Le combat est alors stoppé par l’arbitre qui déclare Floyd Mayweather vainqueur, McGregor n’étant plus en mesure de se défendre.

Si le spectacle dans le ring ne fut pas forcément à la hauteur d’un combat étiqueté comme l’un des plus grands de tous les temps, tout ce qui l’a entouré a contribué à construire sa légende. Entre argent, mise en scène et prestige des deux combattants, le duel entre Floyd Mayweather et Connor McGregor est resté dans la tête de nombreuses personnes, un peu comme celui entre Mayweather et Pacquiao deux ans auparavant. Ce jour-là, le monde des sports de combat a vécu un moment d’histoire qui ne s’effacera jamais.

Teddy Riner, le géant intouchable

Londres 2012, le premier titre olympique de Teddy Riner (Crédits : AFP PHOTO/EMMANUEL DUNAND)

Comment parler de la décennie 2010 sans évoquer le nom de Teddy Riner ? Sur les tatamis depuis 2005 et bronzé aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008, le guadeloupéen a construit sa légende au cours de la décennie 2010. Après plusieurs titres mondiaux chez les plus de 100 kg, Riner est battu en finale des championnats du monde toutes catégories à Tokyo par le japonais Daiki Kamikawa, mettant fin à une série de quarante-cinq combats remportés consécutivement. Une baisse de régime ? Peut-être, mais surtout le début d’une très longue période de domination.

Pendant dix ans, Teddy Riner sera intouchable. Vainqueur de tous les combats qu’il dispute, il ne cesse d’étoffer son palmarès. Titré à de nombreuses reprises aux championnats du monde, il porte son total à huit titres mondiaux, très loin devant la concurrence qui n’a jamais dépassé la barre des quatre. Aux Jeux Olympiques, après sa déception de Pékin, il ne laissera aucune chance à ses adversaires. Aussi bien à Londres qu’à Rio, personne n’est en mesure de le faire chuter et il décroche à deux reprises le titre olympique chez les plus de 100 kg, ultime distinction qui manquait à son palmarès. Après son sacre au Brésil, Riner lève le pied sur le rythme des compétitions, ne disputant aucun combat entre ce deuxième titre olympique et septembre 2017, puis en prenant une nouvelle pause entre 2018 et la deuxième moitié de 2019. Toutefois, ces pauses ne le font pas douter et il continue d’écraser le judo mondial, faisant figure de roi indétrônable.

Toutefois, chaque série et chaque record a une fin. Après 154 combats victorieux, Teddy Riner sera finalement battu le 9 février 2020 à nouveau par un japonais, Kokoro Kageura. Malgré la stupeur que cela provoqua et une deuxième défaite plus tard dans l’année, le judoka garde toujours le même objectif : soigner sa sortie. Initialement programmée pour les Jeux Olympiques de Tokyo, sa retraite est finalement repoussée pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024. Une ultime compétition à domicile où il pourrait partir en beauté, après plus d’une décennie à écrire l’histoire de son sport. Teddy Riner a jalonné les dix dernières années de grands moments sur les tatamis et restera à jamais dans l’histoire comme l’homme intouchable qui annihila la concurrence pendant la décennie 2010 et, on l’espère, bien plus encore.

Crédits Image en Une : Dmitri Lovetsky/AP

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