Les jeunes pousses : Alex de Minaur, la tête et les jambes

Le mois de décembre signifie chaque année la fin des saisons ATP et WTA, et fait ainsi disparaître le tennis de nos écrans jusqu’à la reprise en Janvier. Ce mois off est l’occasion pour nous de revenir sur les jeunes talents qui se sont installés à la table des grands cette année. Chaque semaine, deux jeunes pousses auteurs d’une folle progression vous seront présentés. Vous les avez très surement découvert en 2018, mais vous aurez encore plus intérêt à les suivre en 2019.

 

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Le joueur présenté aujourd’hui n’est pas le plus connu de la liste, ni celui qui a réalisé la meilleure saison. Par ailleurs, il est l’un des joueurs ayant connu la plus belle progression de l’année. Démarrée à la 208ème place mondial, il s’est hissé, fin novembre au 31ème rang. Je veux bien sûr parler du jeune Australien de 19 ans, Alex de Minaur.

2018 : l’ascension

Une première partie pour progresser

Né le 17 février 1999, Alex de Minaur commence la saison au-delà du top 200. Chez lui, il réalise une très bonne tournée australienne. A la faveur d’une wild card, il atteint pour la première fois les demi-finales lors de l’ATP250 de Sydney. Puis, profitant de son rôle de special exempt, il atteint sa toute première finale en ATP250, à Brisbane. Il échoue en 3 sets face à une autre étoile montante du circuit, le russe Daniil Medvedev. Ces tournois lui ont permis de battre des joueurs comme JohnsonLopezPaire mais surtout Raonic et de devenir le plus jeune joueur depuis Nadal en 2005 à atteindre deux demi-finales consécutives sur le circuit ATP.

Medvedev et de Minaur après la finale de Sydney – Image Tennis Temple

Malgré une défaite au 1er tour de l’Open d’Australie, il est sélectionné pour la première fois en Coupe Davis face à l’Allemagne. L’occasion de jouer face à un top 10, Alexander Zverev : après un match héroïque, il finit par s’incliner au tie-break du 5ème set. Après cela, de Minaur enchaîne les Challengers. Il s’incline deux fois en finale (à Alicante sur terre et Surbiton sur gazon) puis s’impose à Nottingham sur gazon.

 

Une deuxième pour enchaîner

C’est à partir de cette période qu’il va enchaîner les bons résultats. On le retrouve sur l’herbe de Wimbledon. Avant de s’incliner au 3ème face au numéro 1 mondial, Rafael Nadal, il bat Marco Cecchinato puis Pierre-Hugues Herbert. Il profite de l’été pour confirmer sa bonne forme. Il affronte Andrei Rublev en demi de Washington et est mené un set et 6-2 dans le tie break du deuxième. l’Australien va alors sauver 4 balles de match et s’imposer 6-4 au 3ème set. En finale (sa première en ATP500), il s’incline contre Alexander Zverev en deux sets secs. A l’US Open, il récidive. Après avoir battu Taro Daniel et Frances Tiafoe, il nous offre, face à Marin Cilic l’un des plus beaux et dramatiques matchs de la quinzaine. Il s’incline finalement en 5 sets après plus de 4 heures de match, non sans avoir sauvé 7 balles de matchs.

Sa fin d’année est dans la continuité de sa saison. Il atteint les demi-finales à Shenzen (ATP250), les huitième au Masters 1000 de Shanghaï. En Octobre, il devient n°1 Australien, dépassant ainsi Nick Kyrgios. Il termine sa magnifique saison par une finale au Next Gen ATP Finals, s’inclinant face à une autre très belle progression de 2018, le Grec Stefanos Tsitsipas. Ces trois finales perdues resteront peut être son seul regrets de la saison, mais je suis sûr que ça n’est que partie remise…

 

Le style : un mélange de Simon et Hewitt

Alex de Minaur n’a pas du tout le même style que les nouveaux serveurs/cogneurs que l’on voit émerger. Son style de jeu est très comparable à celui de Gilles Simon. Revers à deux mains, grosse endurance du fond du court. Il est capable de tenir la distance sur de long rallyes et ce même si le match s’éternise. Par contre, son physique lui empêche de d’avoir une grosse frappe de balle ou un gros service. Cette faible puissance est compensée par son jeu de contre et de variation. Grâce à son revers, il peut contrer dans à peu près toutes les positions. Le fait d’avoir grandi en Espagne, sur terre battue, lui donne un style de jeu plutôt “hispanique” : grosse densité du fond du court avec un très bon jeu de jambe.

de Minaur en Coupe Davis en 2018 – Image ABC

L’ancien champion Australien, Lleyton Hewitt, le suit depuis quelques temps. Il a d’ailleurs incorporé l’équipe de son jeune compatriote avant le début d’année 2018 en passant l’intégralité de la pré-saison avec lui. Cette collaboration a accentué la confiance de de Minaur lui prouvant qu’il n’avait rien à envier aux joueurs plus âgés du top 50. D’ailleurs, il le montre sur le court, en se battant sur chaque point comme si c’était le dernier. Ça ne vous rappelle personne ?

 

Objectifs : confirmer et continuer à grandir

Si Alex de Minaur s’est révélé cette saison – il a d’ailleurs obtenue l’ATP Award du Newcomer of the Year (révélation de l’année) – il lui a manqué une grande performance dans un gros tournois. En Grand Chelem, son meilleur résultat est un 3ème tour (à Wimbledon et New York) tandis qu’en Masters 1000, il n’a pas dépassé les huitièmes. Maintenant qu’il a le classement pour s’y qualifier directement, il lui faudra être présent en deuxième semaine de Grand Chelem, à commencer par chez lui en Australie dès Janvier et accrocher éventuellement un dernier carré en Masters 1000.

Pour se faire encore mieux voir en 2018, il lui a manqué une grosse perf. Malheureusement, il n’a pas réussi à battre un top 10 cette saison. Son meilleur résultat est une victoire à Wimbledon sur Marco Cecchinato, alors 29ème mondial. Pour avancer, l’Australien devra passer ce cap et battre régulièrement des tops 20 et pourquoi pas un top 10, ce qui arrivera à coup sûr. Enfin, dans une logique de progression, un titre en ATP250 ou 500 devra couronner ses efforts. Après deux finales perdues, j’espère le voir soulever au moins un titre en 2019. Attention à lui sur la tournée australienne où il avait très bien figuré l’an dernier.

 

Alex de Minaur, retenez bien ce nom ! Associé à Hewitt, il est la future star que les Australiens attendent. Mais il ne faut pas s’enflammer trop vite. Ces derniers temps, les espoirs sur l’île continent ont fait flop : Tomic, Kyrgios… Toutefois, il devrait finir 2019 dans le top 15 avec 2 titres dans les valises, vous l’aurez vu ici en premier !

A propos de l'auteur

Grand joueur de tennis et ingénieur à ses heures perdues... ou l'inverse je sais plus. Une religion ? Le Federerisme@CaptainMiddle sur Twitter

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