À l’aube d’une année 2021 qui s’annonce d’ores et déjà riche en sport, entre reports (Jeux Olympiques, Euro, …) et autres compétitions qui devraient retrouver leur rythme de croisière, revenons une nouvelle fois sur cette année 2020 pour le moins inédite. Dans chaque discipline, l’impact du contexte sanitaire fut plus ou moins important, néanmoins des athlètes ont marqué l’année de leur discipline. Cette série des Sportifs de l’année 2020 va nous permettre de faire le bilan de la saison de ces champions, de ceux qui nous ont fait vibrer cette année, chacun dans leur spécialité.

Pour ce nouveau numéro de la série, zoom sur celui qui a marqué la saison du golf mondial, d'un début de saison tonitruant à un retour en fanfare après l'arrêt des compétitions pour terminer sur le plus beau des succès à Augusta. Retour sur une saison hors norme pour l'Américain, rentré dans l'histoire du golf en 2020.

Une année sous le signe de la régularité

Dans un sport aussi exigeant que le golf, tout est une question de réalité. Quatre journées de 18 trous, plus de 200 coups disputés à chaque compétition, et un seul maître-mot, la perfection.

La saison de golf aura été largement tronquée par la pandémie mondiale, mais dès le retour du golf mondial, à la fin du mois de mai, l’ensemble du plateau aura pu arpenter les plus beaux greens du circuit PGA.

Quelques semaines après la reprise, le Travelers Championship est le tournoi qui va véritablement lancer la saison de ”DJ”. Dans le Connecticut, l’Américain de 36 ans, déjà vainqueur de majeur avec l’US Open 2011 surclasse ses adversaires. Après une première journée en guise d’échauffement, l’expérimenté Johnson signe deux cartes fabuleuses à 64 et 61 pour prendre une belle marge à l’aube de la dernière journée. Vainqueur devant son compatriote Streelman, c’est le premier titre de la saison 2020 pour l’Américain, un succès qui va en réalité être le premier d’une longue série.

Deux mois plus tard, après plusieurs semaines de pause, DJ est de retour, cette fois dans le Massachussets pour s’offrir son deuxième titre de la saison, au tournoi The Northern Trust avec une carte affolante de -30, à plus de 11 (oui vous avez bien lu onze) coups devant son dauphin English. La domination n’a jamais été aussi flagrante, la démonstration est totale pour Dustin.

Les grands rendez-vous s’enchaînent lorsque Dustin entame son avant-dernier tournoi de la saison, The Tour Championship en Géorgie (déjà), dans la banlieue d’Atlanta pour disputer un des plus beaux tournois de la saison du PGA. Si tout le gratin du gold mondial est là, ce sont les Américains qui vont se disputer la couronne avec pas moins de cinq américains sur les six premières places.

En tête de cette meute, un berger, un maestro qui s’impose une nouvelle fois assez tranquillement avec une carte somme toute moyenne dans le Day 4 mais un Moving Day (Day 3 pour les non-initiés) toujours parfait, négocié à 64 sur ce tournoi.

Dustin Johnson décroche son troisième tournoi en un peu plus de trois mois, une prouesse de régularité dans un sport aussi imprévisible et cérébral que le golf.

Mais cinq semaines plus tard, Dustin Johnson va décrocher son plus grand titre, celui dont tous les plus grands ont déjà rêvé, Augusta.

Son fait d'armes : Augusta, son monument

Ah le Masters d’Augusta ! Le paradis de tout amateur de golf, un parcours atypique, une ambiance exceptionnelle en plein cœur d’une végétation d’exception et une centaine de jardiniers à plein temps toute l’année. Le temple du golf mondial ne peut, année spéciale oblige, pas accueillir de spectateur, mais nous réserve bien une édition pleine de promesses.

Parmi un plateau d’exception, Dustin Johnson qui avance avec le plein de confiance et est même le favori pour remporter le titre, avec comme principaux concurrents le numéro 1 mondial Jon Rahm ou encore le hit de cette année, l’américain Bryson DeChambeau.

Mais pour s’imposer à Augusta, il faut d’abord trouver des fairways, chose que “DJ” fait à merveille. Avec des drives surpuissants, une facilité extrême dans le jeu court et même en sortie de bunker, Dustin Johnson a la meilleure des palettes pour bien figurer. Sa première journée est très bonne, sa seconde bien moins intéressante. Au bout de deux journées, Dustin Johnson est dans le paquet de tête, mais doit faire avec des opposants bien placés à l’instar de l’australien Cameron Smith, impeccable sur les deux premières journées.

Mais à Augusta, c’est le mental qui a son rôle à jouer, et Dustin nous démontre une nouvelle facette de son génie avec un Day 3 à en faire rêver n’importe quel joueur de golf.

Impeccable d’entrée de parcours avec un eagle au trou numéro 2, “DJ” enchaîne avec deux birdies puis un autre au 7 pour conclure son aller avec un magnifique -5, inimaginable à Augusta. Il négocie parfaitement l’Amen Corner et va même s’offrir deux birdies supplémentaires au 13 et au 15 pour une carte finale de 65, pour se rapprocher et tenter sur le dernier jour de décrocher son premier Master, ainsi qu’également d’essayer de battre le record du parcours.

Sa dernière journée est un modèle de golf. D’abord batailleur avec deux bogeys rapidement concédés, Dustin Johnson ne cède pas à la panique et se remet en selle avec deux birdies au 6 et au 8. Le retour sera parfait et c’est sans trembler que l’américain, avec une carte de -4 le dimanche, et une carte totale de -20, s’offre sa première veste verte et le record du parcours.

2021 pour enchaîner

Au terme de cette saison 2020, Dustin Johnson apparaît comme l'épouvantail de la prochaine année. Numéro 1 mondial, tenant du titre à Augusta, l'année 2021 semble être l'occasion de défendre tous les trophées qu'il a pu empocher cette année.

Certains pourraient prendre peur quant à la capacité de tenir un tel statut, mais Dustin Johnson est expérimenté. Celui qui avait déjà remporté son premier Masters, l'US Open, en 2011, connaît le circuit et sait gérer la pression.

Alors que peut-on lui souhaiter en 2021 ? Peut-être encore plus de régularité si cela est encore possible, et pourquoi pas un nouveau majeur à son palmarès !

Crédits Image à la Une : Getty Images