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March Madness : Kansas Jayhawks, l’histoire d’un sacre

Kansas Jayhawks March Madness

Titrés la nuit dernière suite à un comeback d'anthologie contre North Carolina en finale de la March Madness, les Kansas Jayhawks ont remporté leur quatrième titre en NCAA. Meilleure équipe universitaire, retour sur la saison magique d'un programme auteur d'une saison presque parfaite.

Une saison maîtrisée

Déçus l'an dernier après une triste élimination dès le Second Round de la March Madness, les Jayhawks abordaient la saison 2021/2022 en voulant se ressaisir. Autour d'un roster composé presque exclusivement de joueurs déjà présents l'an passé, seuls trois freshmen étaient dans l'effectif et aucun n'a disputé plus de huit minutes par match, Bill Self a construit un collectif solide qui s'est très rapidement affirmé comme une des meilleures équipes du pays. Présent sur le banc du programme depuis 2003, le natif de l'Oklahoma sortait de l'une de ses pires saisons depuis son arrivée et restait sur trois années – dont celle interrompue marquée par la pandémie mondiale de Covid-19 – sans titre de conférence et sans dépasser le deuxième tour lors de la March Madness. Une sorte de série noire à laquelle il fallait mettre fin, et à laquelle son équipe a mis un terme de la meilleure des manières.

Considéré comme l'un des favoris à la victoire finale, sixième cote la plus basse selon les bookmakers, en amont de la saison, Kansas n'a pas déçu et a bouclé sa saison régulière avec un bon bilan de (34-6), ponctué par des défaites contres des membres du top 25 (Baylor, Kentucky, Texas Tech et Texas) et d'autres moins attendues (Dayton, TCU), faisant par ailleurs de l'Allen Fieldhouse une forteresse presque imprenable (une seule défaite, contre les Wildcats). Portés par un excellent Ochai Agbaji, joueur de l'année dans le BIG 12 et All-American, les Jayhawks ont ainsi bouclé la saison à la troisième place de l'AP Top 25 après avoir remporté le tournoi de leur conférence, assurant ainsi leur statut de tête de série et de sérieux prétendant pour la March Madness.

Le Cinq Majeur des Kansas Jayhawks

  • G : Dajuan Harris (Junior)
  • G : Christian Braun (Junior)
  • G : Ochai Agbaji (Senior)
  • F : Jalen Wilson (Sophomore)
  • F : David Mc Cormack (Senior)

La Midwest, un terrain de jeu

Qualifiés en qualité de tête de série n°1 dans la région Midwest, Kansas partait avec l'ambition de retrouver un Final Four que le programme n'avait plus connu depuis 2018. Et, avec un Agbaji en fer de lance ainsi qu'un collectif solide, à l'image de Christian Braun – sélectionné dans une All-Big 12 Team –, Kansas a récité son basketball. Face à Texas Southern (n°16) pour leur entrée en lice, les Jayhawks n'ont jamais tremblé et se sont mis à l'abri dès la fin de la première période (+28), pour finalement s'imposer largement (83-56). Au deuxième tour, stade où le programme s'était arrêté en 2021, ce fut plus accroché contre Creighton (n°9). Portés par Arthur Kaluma (24 pts) et un cinq majeur auteur de tous les points de l'équipe, les Bluejays ont résisté, mais ont fini par craquer en fin de match (79-72). Déjà très bon en sortie de banc au tour précédent, Remy Martin (20 pts) a montré la voie, tout comme Jalen Wilson, auteur d'un grand double-double (14 pts, 14 rbd). Kansas avait alors déjà fait mieux que l'année passée, et n'allait pas s'arrêter en si bon chemin.

Au tour suivant, Kansas retrouva Providence (n°4) pour ce qui fut l'un de leurs matchs les plus serrés. Assez largement devant à la pause (+9), les Jayhawks ont vu les Friars revenir dans le sillage d'Aljahmi Durham (21 pts, 7 rbd) mais ont finalement tenu bon (66-61), profitant, notamment, de nouvelles performances solides de Remy Martin (23 pts) et Jalen Wilson (16 pts, 11 rbd). En finale de la région Midwest, en revanche, Kansas n'a jamais que très peu tremblé contre la surprise Miami (n°10). Devants à la mi-temps (+6), les Floridiens se sont écroulés en seconde période face aux assauts du trio Ogbaji/Braun/Mc Cormack, s'inclinant finalement sur un score fleuve (76-50). Après quatre ans de disette, Kansas retrouvait ainsi le Final Four.

Dominant, dominé, sacré

Ce Final Four, disputé du côté de La-Nouvelle-Orléans, les Jayhawks ne pensaient peut-être pas y retrouver Villanova, North Carolina et Duke. Seule tête de série n°1 à avoir réussi à rejoindre le dernier carré, Kansas se retrouvait ainsi favori par défaut, et l'a prouvé dès son premier match en Louisiane. Contre les Wildcats de Villanova, champions nationaux deux fois sur les cinq éditions précédentes, Kansas a déroulé. Inarrêtables offensivement, les joueurs de Bill Self ont déroulé, menant déjà de onze points à la pause. Villanova n'a pas pu stopper les assauts incessants de David Mc Cormack (25 pts) et Ochai Agbaji (21 pts), et vit l'écart continuer d'augmenter jusqu'au coup de sifflet final (81-65). Sans trembler, les Jayhawks retrouvaient ainsi la finale pour la première fois depuis 2012 et une défaite contre Kentucky.

Dernier obstacle sur leur chemin : North Carolina. Invité surprise de ce Final Four, les Tar Heels, seulement tête de série n°8 dans la région East, arrivaient décomplexés après avoir fait tomber leur rival de toujours, Duke. En confiance, UNC prit le meilleur départ. Et de loin. Incapable de développer son jeu, Kansas a subi la loi de son adversaire, encaissant notamment un 16-0 pour se retrouver nettement derrière à la pause (40-25) et même être menés de seize points. Sans idées, les Jayhawks vont, néanmoins, réagir et inverser la tendance. Plus organisés en attaque et, surtout, capables de mettre plus de pression défensivement, le programme de Lawrence, Kansas, ont fondu sur des Tar Heels trop maladroits (11/40 en deuxième période) pour espérer conserver leur avantage. Dans le sillage d'un David Mc Cormack en double-double (15 pts, 10 rbd), les Jayhawks passèrent devant sur un panier de ce dernier à 1:21 du terme. North Carolina ne réussit pas à répondre et McCormack inscrit un nouveau panier pour passer à +3, un déficit que UNC ne comblera pas (72-69).

Quatorze ans après son dernier sacre, déjà sous les ordres de Bill Self, Kansas s'est donc offert un titre, réalisant au passage le plus gros comeback de l'histoire dans une finale nationale depuis le -15 rattrapé par Loyola Chicago contre Cincinnati en 1963. De la désillusion à la joie, les Jayhawks sont passés par tous les états lors de cette rencontre, pour finalement exulter dans les dernières secondes. Moteur du programme au cours de la saison régulière, Ochai Ogbaji s'offre le titre de Most Outstanding Player du Final Four, succédant ainsi à Jared Butler (Baylor Bears).

Après 1952, 1988 et 2008, Kansas a donc ajouté une nouvelle ligne à son palmarès, portant le total de titres des Jayhawks à quatre. Successeurs des Bears de Baylor, ils rejoignent Connecticut à la sixième place des programmes les plus titrés de l'histoire de la NCAA.

Crédit image en une : NCAA

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