March Madness: Mode d’emploi

A moins d’une semaine du premier match, on continue notre série sur la March Madness avec la présentation du tournoi et de la folie qui l’entoure. Final Four, Bracket, Student Section, vous avez sûrement déjà entendu ces mots mais vous ne savez pas à quoi cela correspond.  WeSport vous dit tout sur cet événement incontournable du sport américain.

 

Un peu d’histoire

Le nom de March Madness était utilisé à l’origine pour un tournoi de basket qui se disputait dans l’Illinois durant le mois de Mars. Il a été popularisé à l’échelle nationale dans les années 1980 notamment par un journaliste de CBS originaire de l’Illinois justement. Ce nom traduit bien la folie associée à ce tournoi. Il a ensuite été de plus en plus utilisé, jusqu’à devenir le nom officiel et incontournable de ces « playoffs NCAA ».

Le premier tournoi de Basket NCAA a eu lieu en 1939. Cette année-là, Oregon avait battu Ohio State dans un tournoi de 8 équipes qui venait conclure la saison de basket universitaire. En 1951, 16 équipes participèrent à ce tournoi. Devant la popularité grandissante, de plus en plus d’équipes ont été invité à participer. C’est à partir de 1985 que le premier tournoi avec 64 équipes a eu lieu. En 2011, le first round (barrage de 4 matchs) s’est rajouté au programme de la March Madness.

 

 

Le tournoi

La March Madness est une sorte de phase finale (ou playoffs) de la saison universitaire. Dans son format actuel, elle rassemble 68 équipes. Aux 32 vainqueurs des conférences automatiquement qualifiés, s’ajoutent des équipes sélectionnées par rapport à leurs résultats durant la saison. Les équipes sont sélectionnées par un panel de spécialistes lors du très suivi « Selection Sunday ».

Le selection sunday

C’est le premier évènement marquant de la March Madness. Ces choix de sélections sont très largement commentés et critiqués chaque année.  Le choix de ces équipes tient évidemment compte des résultats obtenus lors de la saison régulière. Généralement, les équipes sélectionnées le sont dans les conférences les plus importantes. Après avoir été retenues, les équipes sont classées de 1 à 68, en fonction du pourcentage de victoire mais également en fonction de la popularité de l’université.

Le first-round

Depuis 2011, le tournoi commence avec un tour de barrage appelé « First Round ». Il oppose les 4 équipes vainqueurs des conférences les moins réputés au 4 équipes les moins bien classés parmi les équipes sélectionnées. Suite à ce tour de barrage, on connait les 64 équipes qualifiées pour le tour principal.

Le tournoi final

Les équipes sont alors réparties en 4 groupes de 16 : Région Sud, Région Ouest, Région Est, Région Midwest Région. Plus que la situation géographique, c’est le classement déterminé lors de la « Selection Sunday » qui permet l’organisation de ces groupes.  Les têtes de séries classées de 1 à 4 sont envoyées dans 4 groupes différents. Cela permet d’éviter tout affrontement avant le Final Four. C’est un peu le même principe que lors des tournois de Tennis. Les équipes suivantes sont également réparties dans ces 4 groupes en fonctions de leurs classements.

La suite est un tournoi classique à élimination directe. Il y a donc 4 tableaux différents suivant les régions. Chaque tour à son nom : Round of 64, Round of 32, Sweet Sixteen, Elite Eight (l’équivalent de la finale régionale) et évidemment le Final Four.

Credit photo: Inverse

Le Final Four

Le Final Four se déroule sur un week-end. Il regroupe donc les 4 équipes qui ont remporté leur partie de tableau régional. Les demi-finales et finales ont lieu au même endroit. Cette année ce grand événement aura lieu à l’US Bank Stadium de Minneapolis. Le Final Four se déroule souvent dans des stades dédiés au football américain pour permettre à plus de spectateurs d’assister à ce spectacle. Tout ça dans une ambiance indescriptible. Encore une fois plus de 60000 personnes devraient prendre place dans les tribunes pour chaque match du Final Four.

 

 

La folie de Mars !

Couverture médiatique

Bien que cette compétition concerne du sport universitaire, la March Madness est considérée comme le 2nd événement sportif de l’année aux Etats-Unis derrière le Superbowl. Difficile d’imaginer en France une ferveur plus importante pour un match de foot universitaire entre La Sorbonne de Paris et l’Université du Mirail de Toulouse que pour un classico en Ligue 1, une finale du Top 14 ou même le Tour de France !

Comme pour le sport professionnel, la couverture médiatique de cet événement est totale. Tous les matchs sont diffusés sur les chaines nationales telle que ESPN, CBS ou TNT. Des longues émissions d’expert décryptent les résultats, les surprises et donnent évidemment leurs pronostics.

L’apogée de cette March Madness est bien entendu le Final Four. Aucun autre match de Basket ne suscite un tel engouement et une telle ferveur ! Environ 30 millions de téléspectateurs sont collés devant leur écran pour suivre la finale opposant les deux meilleures universités de l’année. Pour trouver trace d’une telle audience en NBA, il faut remonter au Game 7 des Finals 2016 entre les Cavs et les Warriors !

Spectacle dans les tribunes

La March Madness ne se joue pas seulement sur le parquet. Elle se joue également en tribune. Les fans de NCAA ont la réputation d’être de fervents supporters de leurs équipes et pendant la March Madness ils mettent les bouchées doubles ! Des cars remplis d’étudiants arrivent de toutes les Etats-Unis pour suivre cet évènement.

Les matchs se déroule sur terrain neutre, chaque équipe est donc bien représentée dans les tribunes par sa « Student Section ». On assiste donc pendant le match à des batailles entre supporters à coup de chants, de pancartes, de chorégraphies et de costumes. Le but est évidemment de faire le plus de bruit possible pour encourager son équipe.

Certains fans comme les Cameron Crazies de UCLA ont la réputation d’être complètement déjanté. Souvent très bruyant, ils jouent à fond leur carte de 6ème homme pendant les matchs. Ils sont la plupart du temps déguisés ou peints en bleu. Leurs attitudes est parfois à la limite du correct mais c’est ce qui fait le charme de cette compétition.

Credit photo: Yahoo Sport

Bracket

C’est un des aspects incontournables de la March Madness : le fameux bracket. Il s’agit d’une institution aux États-Unis. Cela consiste à remplir le tableau final, une fois les différentes régions établies. Ce concours de pronostics est extrêmement populaire aux USA. Des multitudes de sites proposent de remplir ce tableau. Différents concours sont organisés à l’échelle locale, nationale ou simplement entre amis. Les émissions spéciales fleurissent à la télé américaine et des spécialistes en tout genre donnent leurs avis et leurs pronostics sur les matchs à venir.

Il y a quelques années, Barack Obama, fan de basket, communiquait également son bracket. Cet événement est vite devenu incontournable chaque année ! Autre anecdote croustillante, le milliardaire Warren Buffet propose depuis plusieurs années, 1 milliard de dollars à celui qui remplira correctement ce bracket.

Remplir correctement ce bracket relève du fantasme et n’arrive que très rarement (voir jamais). Avec 64 matchs au programme, la probabilité de faire un sans-faute est très très très faible : une chance sur 9,2 quintillions (soit un neuf avec dix-huit zéros derrière). Pourtant cela passionne et rend fou nos amis américains !

Credit photo: ESPN

 

 

Des épopées fantastiques

A l’image de la coupe de France de foot, les épopées des petits poucets font partie intégrante de la March Madnes. Les exploits de ces petites équipes,surnommées Cinderella (Cendrillon en français), passionnent les amoureux de la March Madness. Les mots d’Upset et d’Undedog reviennent également tous les mois de Mars pour désigner la victoire d’une équipe moins bien classée.

 

L’exploit du siècle

La March Madness 2018 a offert un exploit sans précédent.  L’équipe de UMBC Retrievers (Université de Marynland Baltimore County), tête de série numéro 16, a réussi l’exploit de battre les Virginia Cavaliers, tête de série numéro 1.  Les Cavaliers n’avait pourtant perdu qu’un seul match lors de la saison régulière (17-1) et ils évoluent dans la redoutable conférence AFC avec notamment Duke ou North Carolina.

Après 135 essais, c’est la 1ère fois de l’histoire de la NCAA qu’un tel exploit arriva ! Exploit évidement relaté de manière abondante par la presse américaine qui adore ce genre d’histoire propre à la March Madness.

 

La belle histoire des Patriots

Autre histoire propre à cette compétition, l’épopée des George Mason Patriots en 2006. Cette université de la banlieue de Washington était tête de série numéro 11 au début du tournoi (ce qui correspond à la tête de série 40 à peu près). Elle a réussi l’exploit d’éliminer successivement Michigan State (tête de série n°6), North Carolina (n°3) et Wichita State (n°7). Aux portes du Final Four, la petite université de Fairfax en Virignie va écrire la plus belle page de son histoire. Face au Connecticut Huskies un des favoris de la compétition et tête de série n°1, qui compte notamment dans ses rangs un certain Rudy Gay, les Patriots signent un nouvel exploit en s’imposant après prolongation. Grâce à cette nouvelle victoire, ils deviennent les chouchous de la nation toute entière.  Malheureusement, l’histoire prendra fin en demi-finale contre les Florida Gators de Joakim Noah, futurs vainqueurs de l’épreuve.

Credit: Nick Ashooh

 

Prochain article de notre série sur la March Madness: un focus sur les joueurs à suivre lors de la prochaine édition qui commence Mardi 19 Mars

A propos de l'auteur

Je m'intéresse de près ou de loin à tous les sports (ou presque). Grand fan des Warriors (même avant qu'ils ne se mettent à gagner), je voue un culte particulier à Steph Curry!

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