Nadal : autopsie d'un retour au sommet - WeSportFR

Nadal : autopsie d’un retour au sommet

Immortel. Tel semble être le terme adéquat pour définir la légende absolue qu’est Rafael Nadal. Enterré ou presque par une bonne partie de la planète tennis fin 2016, le Majorquin a, comme souvent, trouvé les ressources mentales pour revenir à son meilleur niveau. Ce retour au premier plan est loin d’être anodin, et a surtout vu « Rafa » retrouver sa place au sommet de la hiérarchie mondiale. Décryptage.

 

Un retour au premier plan après trois années complexes

2013. Voici la dernière année à l’issue de laquelle Rafael Nadal avait fini la saison sur le trône de l’ATP. Le mercredi 1er novembre dernier, après une victoire au 2e tour du Masters 1000 de Paris-Bercy face au coréen Hyeon Chung, l’Espagnol s’était assuré de finir pour la quatrième fois de sa carrière au sommet de la hiérarchie mondiale en fin d’année (après 2008, 2010 et donc 2013). Entre les deux, trois longues années de blessures et de doutes durant lesquelles l’Espagnol a fléchi, douté, mais certainement pas coulé. Là est aussi une partie de sa légende. Récit.

2014. La saison du numéro un mondial débute sur les chapeaux de roues avec un titre à Doha (qui était par ailleurs le dernier sur dur avant la conquête de l’US Open en septembre dernier), à la suite duquel « El Toro » atteint la finale de l’Open d’Australie, où il ne peut défendre ses chances à 100% à cause d’une gêne physique (défaite face à Stan Wawrinka). Malgré des titres à Madrid et surtout à Roland-Garros, le Majorquin rechute après Wimbledon (où il perd sa place de numéro un mondial) et ne rejoue pas de l’été en raison d’une blessure au poignet qui va lui pourrir sa fin de saison. C’est le début d’un long tunnel à parcourir pour l’Espagnol.

En effet, ses campagnes 2015 et 2016 ne seront guère mieux. La peur que chaque joueur éprouvait avant d’affronter la terreur espagnole n’est plus. Les chiffres sont inquiétants : le protégé de Toni Nadal totalise en 2015 son plus grand nombre de défaites sur une saison (20), dont plusieurs face à des adversaires nettement moins bien classés. Pire encore, « Rafa » ne semble même plus être en capacité d’inquiéter les meilleurs, en témoigne ses face-à-face avec Novak Djokovic, qu’il ne bat alors plus depuis Roland-Garros 2014. Un coup droit qui gicle moins et une longueur de balle pour le moins très insuffisante plonge le Majorquin dans un doute très profond. Sa défaite en 5 sets face à Fabio Fognini à l’US Open alors qu’il menait deux manches à rien (pour la première et unique fois de sa carrière à ce jour) sera le symbole d’une année noire, où il n’atteindra même pas un dernier carré en Grand Chelem.

En 2016, on constate un autre chiffre marquant, l’Espagnol ne connaît la victoire qu’à 39 reprise sur l’ensemble de la saison, son plus faible total depuis 2004. Toujours pas de victoires en Grand Chelem ni de victoire face au Big 4 cette année-là. Sa fin d’année est de nouveau contrariée par les blessures (il déclare forfait avant son 3e tour à Roland Garros) même s’il réussit malgré tout à aller décrocher l’or en double à Rio. Après Shanghai, il met un terme à sa saison pour revenir plus fort en 2017.

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Source : Ouest-France

La suite on la connaît. Une année 2017 romanesque durant laquelle l’aura du gaucher espagnol renaît. Trois finales en Grand Chelem dont deux nouveaux titres à Roland-Garros et à l’US Open, six titres dont trois décima, et une domination quasi-totale sur le circuit partagée avec Roger Federer ; la légende semble de nouveau en marche. Moins intermittent que le Suisse (par ailleurs absent à Paris), « Rafa » fait preuve d’une constance rare ces dernières années et peut enfin s’appuyer sur une saison sans blessure pour retrouver sa couronne.

Bien que sa saison 2018 soit pour l’instant bien loin des attentes (il avait d’ailleurs perdu sa place sur le trône au profit de Roger Federer), le Majorquin a profité du faux-pas de son rival de toujours à Miami pour retrouver sa place de numéro un.

 

Une (r)évolution tennistique

Si l’homme aux 16 titres du Grand Chelem est revenu au sommet de son art, c’est avant tout car il a su se réincarner à travers un tennis peut être moins « tueur » que par le passé, mais au combien plus adapté à un âge grandissant et à un physique moins fringuant qu’auparavant.

En effet, le Majorquin a énormément progressé en revers pour pallier un coup droit moins dévastateur qu’à la génèse de sa carrière (bien que restant une arme évidente lorsqu’on pense notamment à son coup droit longue ligne ou à son passing en bout de course, le fameux « banana-shot »). Bien que s’appuyant toujours sur son fantastique jeu de défense, « Rafa » n’hésite désormais plus à aller davantage vers l’avant et à venir finir les points au filet pour écourter les échanges. L’Espagnol est par ailleurs doté d’une des meilleures volées du circuit, ce qui fait également de lui un très bon joueur de double, en témoigne sa médaille d’or aux Jeux Olympiques de Rio aux côtés de Marc Lopez.

En résumé, fini les rallyes de 30 coups de raquette lors de chaque échange, pour un jeu désormais plus homogène, avec par conséquent plus de solutions, de « plan B » lorsque la physionomie du match n’est pas favorable. S’il a gardé les bases de son jeu qui lui sont propres et qui l’ont mené jusqu’au sommet dès son plus jeune âge, Rafael Nadal a, comme souvent, fait preuve d’une grande réflexion pour faire évoluer un tennis qui lui a permis de retrouver les sommets du classement ATP ainsi que la victoire en Grand Chelem.

 

Rafael Nadal entame donc sa 168ème semaine en tant que numéro un mondial. Néanmoins, il jouera gros sur la tournée sur terre-battue qui se profile, lui qui a près de 5000 points à défendre, contre aucun pour le Suisse (qui ne jouera une nouvelle fois pas sur la surface cette année). Une chose est sûre, cette place de numéro un est un nouvel aboutissement, un nouveau chapitre dans l’histoire de la légende Nadal.

 

Grégoire Allain

@wesportfr

A propos de l'auteur

Surnommé l'électron libre. Fan de Rafa, et heureusement car ce n'est ni l'OL ni le Stade Français qui satisfont mon capital victoires chaque week-ends. Bon sinon, je réussis quand même à être objectif dans mes articles, sauf quand il s'agit d'écrire sur pourquoi le PSG peut-il un jour gagner la Ligue des Champions.

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