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Philly, et maintenant ?

Philadelphie est éliminé. Comme lors des trois saisons précédentes (et comme depuis bien trop longtemps), les Sixers n'ont pas dépassé les demi-finales de conférence. Nouvel échec pour le Process si cher à Joël Embiid. Passée tout proche en 2019 et ce shoot mythique de Kawhi Leonard au buzzer, la franchise de Pennsylvanie donne l'impression de stagner.. si ce n'est de régresser. Mais alors, que faire pour enfin retrouver la gloire après tant d'années de disette ? 

Miami était trop fort pour les Sixers. En tout cas pour ces Sixers-là. Si Toronto s'est vaillamment battu au tour précédent mais a finalement craqué face aux individualités de Philly, le collectif du Heat n'a lui, en revanche, pas plié. Sous l'impulsion d'un Jimmy Butler en mode superstar (27.5pts, 7.3rbds, 5.5asts, 1.7stls), les hommes de Spoelstra ont parfaitement mis à exécution le plan programmé pour faire tomber leur adversaire. Embiid a été muselé, et James Harden, transparent, n'a absolument pas pesé. Forcément quand les deux franchises players sont incapables de peser sur les rencontres, difficile d'exister dans une série au meilleur des 7 matchs. The Beard a bien eu un sursaut d'orgueil au match 4 pour ramener les siens à 2-2. Mais insuffisant. Les Sixers sont tombés sur un collectif bien supérieur au leur. Et ils ont eu en face d'eux le modèle à copier pour devenir une franchise de winners. Mais alors, que doit faire Daryl Morey à l'inter-saison? Les chantiers semblent en tout cas immenses.

Doc Rivers, l'homme de la situation? 

Pour guider le navire, se pose tout d'abord la question d'avoir un capitaine fiable. Et force est de constater que l'on est en droit d'avoir des doutes sur les capacités de réussite du Doc. Il n'a en effet plus été capable de mener une équipe en finale de conférence depuis les Celtics en 2012. Depuis ? Quatre éliminations au premier tour, cinq au deuxième tour, et une non qualification.

Rivers semble avoir perdu la recette et ses déclarations après l'élimination face à Miami laissent pantois: «Je ne suis pas inquiet pour mon job, je pense que j’ai fait du très bon boulot. Et si vous n’êtes pas d’accord, écrivez-le. Je me “casse le cul” pour amener cette équipe ici. Quand je suis arrivé, personne ne misait sur nous pour aller loin. Pareil cette année. […] Je sais ce que j’ai accompli cette saison, et je suis très à l’aise avec ça. C’est un business basé sur les résultats, mais vous ne gagnez pas chaque année. Chaque fois que vous vous trompez, vous devriez perdre votre boulot ? Non. Donc, c’est la même chose. Écoutez, si vous y croyez, alors traitez le sujet. Je sais ce que j’ai fait cette année et j’en suis très satisfait. Mais si c’est ce que vous croyez, alors écrivez-le. »

Laisse nous le droit d'en douter, Doc. Car Philly est programmé pour gagner depuis l'arrivée dans la ligue de Joël Embiid. Le process engagé en 2013 doit maintenant porter ses fruits. Et Rivers a tout de même eu en sa possession cette saison la meilleure version de l'affreux Jojo, au summum de son niveau basket. Il a également vu l'arrivée de James Harden en cours de saison. Pour revenir sur les précédents échecs, il s'est fait sortir par les Hawks l'an passé, équipe inexpérimentée à ce niveau de compétition. Dans la bulle, il s'est fait remonter (comme trop souvent dans sa carrière) de 3-1 à 3-4 par Jokic and co avec Kawhi Leonard ou Paul George sur le parquet. Bref, loin de nous l'idée de tirer sur l'ambulance, mais les faits sont là. La méthode Doc Rivers est peut-être dépassée. Mais alors que faire ? Changer ou tenter de trouver de la stabilité, en espérant que le coach puisse s'adapter lui-même? Arrivé avant Morey à Philadelphie, il n'a donc pas été choisi par le GM de la franchise.. ce qui peut laisser planer le doute. L'ancien manager de Houston, qui a ramener son compère Harden, pourrait bien être tenté de mettre sur le banc quelqu'un qui a fait du barbu l'arme offensive numéro 1 de la ligue pendant trois saisons: l'ex moustachu Mike D'Antoni. Ce ne sont que des rumeurs, mais contrairement à ce qu'il affirme, Doc Rivers est clairement sur la sellette.

James Harden, stop ou encore ? 

Il a été le plus gros trade de l'année, et son arrivée du coté du Wells Fargo Center suscitait bon nombre de convoitises. Beaucoup se demandaient, qui des Nets ou des Sixers étaient gagnants dans cet échange. A l'heure actuelle, nous pourrions presque affirmer qu'il est perdant-perdant. Ben Simmons n'a pas joué avec Brooklyn et va se faire opérer du dos, tandis que le MVP 2018 est passé à coté de ses playoffs (et de sa saison) dans les grandes largeurs. Disposant d'une player option qui prendra effet cet été, reste à voir si le natif de Los Angeles devrait prolonger d'un an pour 47 millions. Eligible au contrat max, il se dit prêt à faire des concessions pour rester à Philadelphie et que la franchise puisse avoir du salary cap pour reconstruire un effectif capable d'aller décrocher une bague.

Il vaudrait mieux, car à ce prix-là et vu les deux saisons qu'il vient de passer, très peu d'équipes seraient prêtes à lui offrir un pont d'or. Il en est conscient. Il affirme d'ailleurs que ces deux dernières saisons ont été éprouvantes, lui qui traine des problèmes aux ischios depuis quelques temps. Mais il se dit prêt à retourner au combat la saison prochaine.

“Je serais là (à Philadelphie). Franchement, ces deux années ont été longues pour moi. Je commence enfin à me sentir bien à nouveau. Ce sera un excellent été pour moi pour remettre mon corps en état et être prêt à repartir pour l’année prochaine. Ces deux dernières années ont été un tourbillon. À titre personnel, c’était une longue saison… Mais depuis que je suis ici, c’est génial.  Nous avons essayé de construire quelque chose en si peu de temps. Nous avons essayé de construire une équipe candidate au titre si rapidement. Je pense toujours que nous en sommes capables, et il nous manque juste quelques pièces. Mais à part ça, on a essayé d’y parvenir en peu de temps. Nous avons juste été un peu courts. Nous devons continuer à travailler et à aller de l’avant. Je ferai tout ce qu’il est possible de faire pour nous aider à progresser, nous améliorer et être compétitifs au plus haut niveau”. 

Déjà au taquet pour la saison 2022-2023, il veut montrer à sa franchise qu'elle peut lui faire confiance : « Je suis excité ! Cela fait deux années de suite que j’essaie d’aller bien. Tout l’été dernier, j’étais en convalescence et c’était un peu frustrant, parce que je n’ai pas l’habitude d’en passer par là. Mais c’est comme ça… Je suis juste heureux d’être en bonne santé maintenant. J’ai un été complet pour aller bien et faire les choses nécessaires pour revenir encore mieux l’année prochaine. »

Morey a pris des risques pour la rapatrier cet hiver, nul doute qu'il devrait le prolonger. Mais attention, car le crédit du barbu vient encore d'en prendre un sacré coup après son ignoble prestation lors du game 6 (11points.. dont 0 après la pause!).

Et autour ? 

Pour le reste, Philly devrait s'appuyer sur Tyrese Maxey, le seul à peu près au niveau lors de ces playoffs. Thybulle, très fiable défensivement, devrait également être conservé, tout comme Danny Green, légèrement plus en vue ces derniers temps. DeAndre Jordan ne devrait pas faire de vieux os, et les George Niang, Shake Milton Furkan Korkmaz pourraient servir de monnaie d'échange. Reste alors le cas Tobias Harris, seule vraie valeur marchande de l'effectif. Les Sixers vont être limités cet été au niveau du salary cap et aucun gros free agent ne pourra signer si James Harden est prolongé. Seul un trade incluant l'ancien Clippers pourrait permettre à un troisième larron de venir améliorer l'effectif.

Tout cela reste bien flou et Daryl Morey a du pain sur la planche. L'été risque d'être animé du coté de Philadelphie. Il faut de toute façon prendre des décisions fortes. Les Sixers ont été la risée de la ligue pendant des années car la reconstruction fut longue. Maintenant que la tête de gondole du projet, Joël Embiid, est dans son prime, il faut absolument trouver le moyen de décrocher une bague, sous peine d'avoir perdu une dizaine d'année dans le vent.. 

Crédit photo: NBA.com

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