Pourquoi la pétanque n’est pas réservée qu’aux campeurs

WeSportFR vous propose de découvrir les sports méconnus du grand public, afin de mettre les projecteurs sur ces sportifs qui méritent davantage de visibilité. Nous nous lançons en “immersion” dans des univers exotiques. Vous pouvez d’ailleurs retrouver le premier épisode, qui traitait le monde des fléchettes. Aujourd’hui, c’est la pétanque qui a retenu notre attention. Un sport de vacances, mais pas que…

Image d’illustration du Progrès.

C’est la discipline favorite entre l’apéro de 11 heures et midi, puis celui de 16 heures et 17 heures, celui de 18 et 19 heures, ou celui de fin de soirée quand plus personne ne tient debout. En bref, c’est le sport des vacances ! Le jeu du camping, pratiqué aussi bien par les allemands rouges écarlates dont les marques de coups de soleil dessinent respectivement un marcel pour monsieur, et un maillot de bain une pièce pour madame, que les compétiteurs du dimanche, un peu fatigués par l’usure de la vie et dont les ventres sont marqués par une consommation abusive de bières et autres alcools. Ou même la bande de jeunes sans projet ni avenir qui tente d’oublier, au moins le temps de 13 points, que la vie ne vaut pas un rond avant d’aller pointer à Pôle Emploi le lendemain matin en plein mois d’août et de faire la tournée des bars pour tenter désespérément de trouver un sens à leur misérable existence.

Et pour cause, sa pratique est simple comme une reprise de Benjamin Pavard. Quelques graviers, un carré de jardin, ou n’importe quel terrain où il est possible de poser pied, quelques boules et voilà la partie lancée. De Nathan, 6 ans et dernier de la famille qui veut faire comme les adultes mais avec trois grammes de moins, à Jacky, papy fan de Johnny avec une queue de rat et un ventre à bière. « Tu tires ou tu pointes », entend-on dans toutes les familles, avec quelques murmures de cigales et le vent du soir poussé par la mer. La pétanque, c’est la fête, c’est la bonne ambiance. Oui, c’est le bonheur.

Deux salles, deux ambiances

C’est un sport auquel tout le monde aime jouer. Déjà, parce que ses règles sont on ne peut plus faciles. Chacun a des boules, et doit les lancer le plus près possible du cochonnet. Le premier à 13 points remporte la partie. On ne peut pas faire plus enfantin comme règles, convenez-en. Si la vieille tante refuse une partie parce qu’elle a la flemme d’apprendre les règles, vous avez le droit de lui faire remarquer qu’elle n’ose surtout pas jouer de peur que le poids des boules fasse exploser le botox présent en trop grande quantité dans son visage.

Et pourtant, il existe un univers professionnel à ce jeu. Des clubs un peu partout en France, des légendes, des parties épiques. Bien loin de vous et moi, à qui on sert un troisième pastis (remplaçable par tout type d’alcool, parce que le pastis c’est pas super bon) entre deux lancers, sous les cris de l’oncle un peu alcoolisé qui engueule son gosse, qui vient de coûter trois points à son équipe après un carreau foiré.

C’est une toute autre ambiance dans les boulodromes de Nice, Metz ou Draguignan, qui accueillent les plus grands de la pétanque. Des heures de travail, sous les claquements des séances de tirs répétées et du crépitement des graviers qui accompagnent les boules vers le cochonnet. La pétanque, c’est sérieux. Pour ces mecs là, en tout cas.

La France, reine des boules

Vous êtes sans doute passionnés de sport, et avez rêvé de voir les légendes de vos disciplines collaborer sous le même écusson. Quel amoureux du ballon orange n’a pas eu l’envie folle de casser le temps pour réunir les plus grands de la NBA ? Quel fan de football ne désire pas une triplette de feu emmenée par Cristiano Ronaldo, Lionel Messi et Olivier Giroud ? Et bien la pétanque l’a fait ! Ils s’appellent Philippe Quintais, Philippe Suchaud et Henri Lacroix. A eux 3, ils totalisent 36 titres de champion du monde. Un 4e s’est joint à la partie, Dylan Rocher, et totalise déjà 5 titres mondiaux à 26 ans.

Les boss de fin de la pétanque. Dans l’ordre : Dylan Rocher, Philippe Suchaud, Henri Lacroix et Philippe Quintais. Crédit : Facebook FFPJP.

Un sport où la France écrase les débats. En même temps, c’est nous les bonnes pommes qui l’avons inventé. Comme quoi, « les Gaulois réfractaires » ont eu quelques éclairs de génie. Celui d’inventer un sport qui cartonne dans toutes les familles des siècles plus tard. Il faut pourtant attendre 2005 pour que la pétanque soit considérée comme « sport de haut niveau » par nos braves têtes pensantes. Mais bon, soyons compréhensifs, ce n’est sans doute pas le sport de prédilection quand on passe trois mois de vacances dans un yacht en Méditerranée, financé par un compte offshore. Ils pourraient quand même monter une petit équipe du Panama, ça serait pas dommage.

Proche du football

Alors non, la pétanque n’a pas grand-chose en commun avec le football en termes de pratique ou de règles. Par contre, ses compétitions sont très proches de l’univers du ballon rond. En France, il y a un championnat avec plusieurs divisions, du même format que la Ligue 1, Ligue 2 etc. Il existe aussi une Coupe de France, d’Europe, et des Championnats du monde, donc. Tululululututututu, CARREAU A LAVAL !

A noter que les compétitions se disputent en club, mais parfois en équipe nationale, ou tout simplement en solitaire, avec l’exercice du tir de précision. L’épreuve consiste à installer un cercle d’un mètre de diamètre autour d’une cible. Le joueur réalise une série de 10 tirs à 6 puis 7 mètres. Et marque 1 point si la boule objectif est touchée sans sortir du cercle, 3 points si celle-ci quitte le cercle en même temps que la boule lancée, et 5 points en cas de carreau (la boule lancée prend la place de la cible dans le cercle). Tout cela selon cinq schémas de jeu Regardez les dessins, c’est toujours plus clair.

Figure 1, l’objectif est bien évidemment la boule. Figure 2, l’objectif est le cochonnet (en noir), avec deux boules de barrage parce que c’est vachement plus drôle. Sur les figures 3 et 4, il faut sortir la boule noire, et figure 5, c’est le cochonnet uniquement. Vous l’aurez compris, il ne marque aucun point si le vin chaud d’avant-match a eu raison de sa dextérité : « eh ho Didier, c’est laquelle de boule qu’il faut taper là ? ». La légende de la discipline s’appelle Philippe Quintais (QUOI ? ENCORE LUI ?), avec 4 titres mondiaux, mais Dylan Rocher (QUOI ? ENCORE LUI ?), champion en titre, semble bien parti pour être la nouvelle pépite du tir.

Enfin, si vous aimez la pétanque et ses dérivés, vous pouvez clouer vos fesses devant la chaîne L’Equipe. A n’importe quelle heure de la journée puisque les compétitions tournent en boucle. Au moment où vous vous dites « tiens, je m’ennuie, il n’y a rien à voir à la télé », allumez la 21, il y aura forcément une partie endiablée pour accompagner votre triste journée déprimante. Peut-être aurez-vous la chance d’entendre les commentaires PMUesques de Xavier Richefort ou du légendaire Daniel Lauclerc… En attendant, place à l’apéro. Mais jamais sans ses boules !

A propos de l'auteur

Je ne sais pas qui attaque le plus entre Pierre Rolland et Rafael Nadal. Je ne sais pas qui monte le mieux entre Chris Froome et Ivo Karlovic. Je ne sais pas non plus qui cumule le plus de revers entre Stan Wawrinka et Nacer Bouhanni. Je n'ai jamais su choisir entre le tennis et le vélo. Mais ce dont je suis sûr, c'est que je n'ai percé dans aucun de ces deux sports.

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