Cyclisme

Preview 2022 : Movistar Team

WeSportFR vous fait patienter avant la reprise de la saison cycliste et, surtout, pour vous rendre incollable jusqu'aux premiers coups de pédales de la saison qui s'annonce. Aujourd'hui ? On s'attaque à la Movistar. Après une saison 2020 décevantes, les espagnoles devaient relever la barre.

Le coup d'oeil en arrière : rattraper l'enfer de 2020

Après avoir enduré sans doute la plus mauvaise campagne de leur histoire en 2020, ils ont rebondi un peu, mais on ne se souviendra guère de cette année comme d'un grand cru. En fait, pour la plupart des gens, le souvenir le plus marquant de Movistar en 2021 sera l'épisode rocambolesque de la Vuelta a España, où Miguel Ángel López est soudainement descendu de son vélo et a quitté la Vuelta a España lors de l'avant-dernier jour.

Bien qu'ayant initialement limité la controverse en gardant le silence sur les détails et en négociant une résiliation relativement discrète du contrat de López, l'épisode continue de hanter Movistar, puisque López a lancé une volée d'attaques dans les médias.

Il a tout d'abord reproché à la direction de Movistar de l'avoir écarté du Tour de France et de ne pas l'avoir laissé participer aux Jeux Olympiques, et en décembre, il a qualifié Enric Mas d'”égoïste”, tout en confirmant qu'on lui avait ordonné de ne plus participer à la poursuite lorsque le groupe GC s'est séparé le jour fatidique de la Vuelta.

López est devenu le grand boulet de l'équipe mais il est aussi responsable de leur meilleur moment de l'année, en gagnant l'étape reine de la Vuelta au sommet du Gamoniteiru soit 48 heures avant son abandon. Si les choses s'étaient passées différemment, ils auraient eu deux coureurs sur le podium final à Santiago de Compostela.

Malgré tout, la deuxième place de Mas est un bon résultat. Il n'a pas été capable de défier Primož Roglič (Jumbo-Visma), mais il a été le meilleur des autres dans un peloton qui comprenait le duo Ineos Grenadiers d'Egan Bernal et Adam Yates, ainsi que le duo de Bahrain Victorious composé de Jack Haig et Gino Mader. Ce résultat a été obtenu quelques mois après sa sixième place au Tour de France, où il n'a pas participé à la lutte pour le podium mais a néanmoins été solide.

Par ailleurs, les victoires ont été difficiles à obtenir, le doublé d'Abner González aux championnats nationaux cubains ayant mis un point final à son bilan de 15 victoires. Après une année 2020 stérile, Valverde a retrouvé le chemin de la victoire, mais trois victoires, c'est bien loin de ce qu'il a produit pendant si longtemps. Il n'y a pas eu de compensation et le fait que la nouvelle recrue Ivan García Cortina n'ait pas réussi à gagner aura été une source de déception supplémentaire. Movistar n'est que la onzième équipe au classement UCI par équipes.

Le marché de l'hiver : Quel remplaçant à Miguel Angel Lopez ?

8 départs pour 8 arrivées du coté de la formation espagnole. Alors qu'il devait être la nouvelle tête d'affiche, Movistar s'est séparé de Miguel Angel Lopez suite à l'incident de la Vuelta seulement un an après son arrivée. La formation de Jose Luis Jaimerena a également perdu Marc Soler, partis rejoindre la formation UAE-Team Emirates. Dario Cataldo, Davide Villela, Hector Carretero, Gabriel Culleigh, Juan Diego Alba et Sebastian Mora sont également partis vers d'autres horizons.

Pour faire face au départ de Lopez, Movistar a décidé de se tourner vers Ivan Sosa. Vainqueur du Tour de la Provence en début de saison, le colombien est considéré comme l'un des meilleurs grimpeurs du peloton. Il découvrira le rôle de leader sur un Grand Tour en 2022 là où il devrait se cantonner à un rôle d'équipier chez Ineos. Auteur d'une belle saison avec Astana, Alex Aranburu rejoint également la formation espagnole en compagnie d'Oscar Rodriguez et et Gorka Izagirre. Will Barta fera également partie de la formation espagnole en 2022. Pour compléter son effectif, Movistar fera également à de jeunes coureurs avec les arrivées de Max Kanter, Oier Lazkano et du brésilien Vinicius Rangel Costa, neuvième des derniers championnats du monde U23 à Louvain

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Qu'attendre de 2022 ? Oublier deux saisons compliquées 

Movistar aura à coeur de se rattraper après deux saisons très compliquées même si l'effectif reste limité pour cette nouvelle année. Enric Mas sera sans aucun doute le grand leader de la formation. L'Espagnol reste quelques niveaux en dessous des Roglič et Tadej Pogačar mais il s'est imposé comme un coureur de Grand Tour solide et régulier. Ses sixième et troisième places au Tour et à la Vuelta, respectivement, font suite à ses deux cinquièmes places aux mêmes courses en 2020. Considéré comme la relève d'Alberto Contador en espagnol, il devra néanmoins progresser en contre-la-montre pour un jour être dans le match pour la victoire finale. C'était sa première saison au sein de l'équipe, après avoir été identifié comme le remplaçant de Mikel Landa, Richard Carapaz et Nairo Quintana. Il n'a peut-être pas atteint les sommets attendus à la suite de sa percée en tant que deuxième de la Vuelta 2018, et n'a notamment pas remporté d'étape de Grand Tour depuis lors. Cependant, sa régularité et sa solidité générale sont les signes d'une base solide qui pourrait lui permettre d'essayer de franchir la prochaine étape. Après tout, il n'a encore que 26 ans.

Alejandro Valverde est l'élément vital de l'équipe depuis si longtemps, s'accrochera pour un dernier baroud. L'espagnol partira à la retraite à la fin de la saison où il sera âgé de 42 ans. L'Espagnol a remporté plus de 100 courses au cours de ses 16 années passées au sein de l'équipe et il ne serait pas surprenant qu'il parte en fanfare. En fait, il n'aurait pas continué s'il n'avait pas senti que c'était possible. Avec des victoires au Dauphiné, au GP Indurain et au Giro di Sicilia cette année, ainsi qu'une campagne ardennaise avec une cinquième place à l'Amstel, une troisième place à la Flèche Wallonne et une quatrième place à Liège-Bastogne-Liège, il a balayé les doutes de sa stérilité en 2020. Attendez-vous à ce qu'il fasse un gros effort pour les Ardennes et le Giro, avant de sauter le Tour et de se diriger vers la Vuelta, où il pourrait bien s'arrêter à Madrid.

Movistar comptera sur sa nouvelle recrues Ivan Sosa, recrue la plus importante de l'équipe. Ineos Grenadiers a fait de gros efforts pour s'emparer du Colombien en 2018, alors qu'il avait déjà signé avec Trek-Segafredo. Depuis lors, il a brillé par endroits, mais n'a jamais vraiment fait preuve de constance ou de croissance soutenue. Il ne s'est pas vraiment glissé dans le rôle de domestique qui était attendu, en particulier avec son compatriote Egan Bernal. Il a fait le Giro en 2019, la Vuelta tronquée en 2020, et puis aucun Grand Tour cette année, même après avoir fait un si bon départ en remportant le Tour de la Provence. Il ne faut pas oublier que Sosa n'a encore que 23 ans. Son talent de grimpeur est évident, et si Movistar parvient à bien l'exploiter, ils ont toutes les raisons d'être optimistes.

Ivan García Cortina a été présenté comme une recrue majeure l'hiver dernier, mais il n'a pas réussi à s'imposer lors de sa première campagne. Il reste un coureur talentueux qui peut remporter des sprints à partir de petits groupes, et qui possède un grand potentiel inexploité pour les classiques. L'Américain Matteo Jorgenson, âgé de 22 ans, a connu une année remarquable et sa progression mérite d'être suivie, tandis qu'Alex Aranburu ajoute du punch et un potentiel de victoire. Le meilleur jeune coureur de la Vuelta a Burgos, le Colombien Einer Rubio, 23 ans, sera également de retour. Bref si Movistar ne connait pas de déboires internes, elle pourrait relever la barre au vue de ses nombreux talents.

Le coureur à suivre : Alejandro Valverde, pour la dernière

Bon on vous l'accorde ce n'est pas très original de choisir Alejandro Valverde. Mais l'espagnol vivra sa dernière saison en 2022. Du haut de ses 41 ans (il aura 42 ans en avril), Valverde reste très compétitif sur la scène mondial. En 2021 il a remporté le Grand Prix Miguel Indurain, une étape du Dauphiné et une étape sur le Tour de Sicile. Il a également signé de bel performance sur les classiques avec en terminant cinquième de l'Amstel, troisième de la Flèche Wallonne, quatrième de Liège-Bastogne-Liège et cinquième du Tour de Lombardie en fin de saison. Bref, l'espagnol reste un des gros poissons du peloton. On suivra donc attentivement Alejandro Valverde pour sa dernière saison. Il devrait participer au Giro d'Italie et Tour d'Espagne en plus des classiques ardennaises avec un dernier gros succès pour conclure sa magnifique carrière ?

Un peu plus original, on aura également à coeur de suivre Ivan Sosa. Le colombien avait magnifiquement bien commencé la saison 2021 en remportant le Tour de Provence après s'être imposé lors de l'étape du Ventoux. La suite de la saison a été un peu plus compliqué pour le natif de Pasca où il a été barré par la concurrence chez INEOS. Le choix de rejoindre Movistar est très intéressant. Il sera le deuxième leader de l'équipe avec Enric Mas et devrait être le leader unique lors du prochain Giro. Attention cependant à son irrégularité qui a rythmé ses deux dernières saisons.

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