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Récap ATP 2022 : Carlos Alcaraz, le prince déjà devenu roi

Annoncé comme l'un des plus grands espoirs du tennis mondial, si ce n'est le joueur capable de succéder à son compatriote Rafael Nadal en raison d'un style de jeu assez proche et d'une composante physique de son tennis majeure dans la construction de ses succès, Carlos Alcaraz lui-même ne devait pas s'attendre à une saison avec autant de succès. Désigné comme le joueur ayant connu la meilleure progression de l'année par l'ATP, un titre souvent réservé à des joueurs ayant intégré le Top 20 durant une saison en l'ayant commencé autour de la centième place, l'année de l'Espagnol a surpassé toutes les attentes placées en lui, l'amenant tout en haut du classement ATP, un trône sur lequel il restera de sa victoire à l'US Open jusqu'à la fin de la saison.

Un début de saison éclair en Australie

Avec un statut de tête de série en figurant parmi les 32 premiers joueurs mondiaux au début de l'année, très exactement tête de série 31 à Melbourne, c'est sans aucun tournoi de préparation que le joueur originaire de Murcie débute son année dans un tournoi du Grand Chelem après avoir fini 2021 fin novembre sur un succès au Masters Next Gen.

Vainqueur d'Alejandro Tabilo et Dusan Lajovic sans perdre un set lors de ses deux premières rencontres, c'est l'Italien Matteo Berrettini qui se dresse sur la route du jeune Espagnol. Incapable de résister à la puissance de son adversaire pendant deux sets, Carlos Alcaraz va réagir pour revenir à deux sets partout en retrouvant un niveau de jeu très proche de celui de sa saison dernière pour disputer un cinquième set décisif face à l'Italien. Solides sur leurs mises en jeu en ne concédant que trois balles de break sur l'ensemble de cette dernière manche, les deux joueurs vont se départager au jeu décisif (super tie-break) durant lequel Carlos Alcaraz va tenir jusqu'à 5/6 avant de s'effondrer et laisser l'Italien, plus puissant et avec plus d'expérience de ces moments, continuer sa route qui l'emmènera en demi-finale face à Rafael Nadal.

Une tournée sud et nord-américaine comme un déclic

Trois semaines après son élimination à Melbourne, l'Espagnol va au Brésil pour y disputer son premier tournoi sur terre battue de la saison. Sur une surface qu'il apprécie particulièrement et sur laquelle il a réalisé la majeure partie de sa préparation lors de l'intersaison, il va d'abord renverser Jaume Munar, puis s'imposer contre Federico Delbonis avant de retrouver un certain … Matteo Berrettini. En trois sets très différents, l'Espagnol prend sa revanche 6/2 2/6 6/2 avant de disposer de Fabio Fognini et Diego Schwartzman et ainsi décrocher le deuxième titre ATP de sa carrière, le premier en ATP 500 et de sa saison 2022.

La Coupe Davis le fait ensuite rentrer pour quelques jours seulement en Espagne où il ne disputera qu'une seule rencontre pour son pays, lui permettant de s'imposer face à Marius Copil sur terre battue avant de remettre le cap sur la tournée nord-américaine et le retour sur dur extérieur.

En atteignant les demi-finales à Indian Wells, il démontre les progrès réalisés sur dur. Tombeur de joueurs référence sur cette surface dont le local MacKenzie McDonald, Roberto Bautista-Agut ou encore Cameron Norrie, il retrouve Rafael Nadal pour leur premier affrontement depuis mai 2021 où l'idole du premier n'avait fait qu'une bouchée d'un Carlos Alcaraz encore trop tendre.

Dans une rencontre très tendue marquée par un affrontement physique et mental de très haut niveau qui tournera finalement en la faveur du Majorquin, sur la lancée de ses victoires à Melbourne, à l'Open d'Australie et à Acapulco, en route vers une finale très attendue face à Taylor Fritz.

C'est ensuite à Miami que la légende de Carlos Alcaraz va commencer à s'écrire pour cette saison 2022. Huit jours après sa défaite, le tournoi floridien lui promet un parcours dantesque. Tombeur de Marton Fucsovics d'entrée, il s'offre Marin Cilic qui ne peut marquer que deux aces dans la rencontre avant de triompher en deux manches de Stefanos Tsitsipas. Dans un tableau finalement plus ouvert avec les défaites de Nick Kyrgios, Daniil Medvedev ou Alexander Zverev lors des huitièmes et quarts de finale, c'est en deux tie-breaks que le natif de Murcie s'offre Hubert Hurkacz avant de dominer Casper Ruud pour remporter le premier Masters 1000 de sa carrière et entrer dans une nouvelle dimension.

Sans aucune finale en Masters 1000 atteinte précédemment, Carlos Alcaraz enchaîne donc deux finales de suite dans un tournoi de cette catégorie pour devenir le plus jeune vainqueur de l'histoire du tournoi.

Sans surprise, une saison sur terre battue de mutant malgré une déception à Roland-Garros

Ses débuts sur sa surface favorite avaient pourtant assez mal démarré cette année. Engagé à Monte Carlos quelques jours seulement après son succès à Miami, c'est dans une rencontre perturbée par le vent que Carlos Alcaraz perd dès son entrée en lice face à Sebastian Korda, une des très rares vraies contre-performances de sa saison qui sera le déclencheur d'une préparation à Roland-Garros ponctuée de très nombreuses victoires.

Invaincu à Barcelone où il s'offre la troisième trophée de sa saison après avoir battu Stefanos Tsitsipas en quart de finale et Pablo Carreno-Busta en finale, il est engagé à Madrid où il réalisera l'une des plus belles semaines de sa carrière. Opposé à Cameron Norrie lors de son deuxième tour, il enchaînera ensuite trois victoires sur Rafael Nadal, Novak Djokovic puis Alexander Zverev, pour un enchaînement tout simplement stratosphérique, s'offrant l'Allemand en un peu plus d'une heure et deux sets remportés nettement 6/3 6/1.

Arrivant Porte d'Auteuil avec beaucoup d'espoirs et un tableau assez abordable jusqu'en quart de finale, l'Espagnol se fait très peur lors de son deuxième tour face à Albert Ramos-Viñolas. Après un premier set remporté en 25 minutes six jeux à un, c'est son adversaire qui va remporter les deux sets suivants au tie-break avant de mener 5/4 et s'offrir une balle de match sur son service. Sauvée par un Carlos Alcaraz habité, c'est grâce à une tie-break très bien maîtrisé que celui qui venait de fêter ses 19 ans se sort d'une rencontre très mal engagée malgré un nouveau break concédé d'entrée dans le cinquième set avant de redresser la barre pour s'imposer 6/1 6/7 6/7 7/6 6/4.

Opposé à Alexander Zverev en quart de finale, Carlos Alcaraz part favori contre un joueur dont il s'est facilement défait à Madrid. Il n'en sera rien et c'est bien l'Allemand qui conclura en quatre sets pour mettre fin aux espoirs de l'Espagnol de remporter le premier tournoi du Grand Chelem de sa carrière.

Wimbledon, de belles prestations sans préparation

Habitué aux marathons en Grand Chelem, l'Espagnol confirme une nouvelle fois sa capacité à remporter des matchs pourtant loin d'avoir bien débuté. Mené deux sets à un par Jan-Lennard Struff, Carlos Alcaraz s'impose au tie-break dans le quatrième set avant de conclure six jeux à quatre dans la dernière manche. En atteignant la deuxième semaine suite à des succès face à Tallon Griekspoor et Oscar Otte, l'Espagnol cédera logiquement face à Jannik Sinner, bien plus à l'aise sur la surface.

Un retour sur terre battue marqué par deux finales décevantes

Engagé à Hambourg et Umag peu après Wimbledon, Carlos Alcaraz va se hisser en finale de ces deux tournois grâce à de très belles victoires face à Karen Khachanov en Allemagne notamment.

Opposé en finale à Hambourg à Lorenzo Musetti, il souffrira de la chaleur sous le toit allemand pour s'incliner en trois sets. Le même scénario se reproduira en finale en Croatie, à Umag, où, face à Jannik Sinner, Carlos Alcaraz va cette fois très bien débuter avant de voir sa consistance dans l'échange être réduite à néant. Rejoint au score et dépassé par un Italien qui va s'imposer en trois sets, l'Espagnol encaisse deux revers en finale deux semaines de suite avant de mettre le cap sur le Canada.

Une tournée nord-américaine catastrophique avant un US Open en apothéose

Battu au premier tour à Montréal pour un retour sur dur extérieur très mal négocié face à Tommy Paul, Carlos Alcaraz va tout de même atteindre le troisième tour à Cincinnati avec une belle victoire sur Marin Cilic. Finalement défait par Cameron Norrie, il n'arrivera à Flushing Meadows qu'avec quatre matchs sur la surface et seulement deux succès sans aucune victoire “référence” avant de disputer la dernière levée du Grand Chelem de la saison.

Compte tenu des éliminations de Rafael Nadal, d'un Novak Djokovic loin au classement et d'un Alexander Zverev blessé depuis sa demi-finale à Roland-Garros, Carlos Alcaraz arrive à New York avec un infime espoir de décrocher la place de numéro un mondial à l'issue du tournoi.

Tombeur de Marin Cilic et Jannik Sinner lors de son huitième et quart de finale, il va également s'offrir la vraie surprise du tournoi, Frances Tiafoe, en demi-finale, avant de rejoindre Casper Ruud en finale pour tenter d'y remporter le premier titre majeur de sa carrière. Devant au bout du premier set avant de voir le Norvégien revenir au score, c'est “habité” que l'Espagnol va aller décrocher son premier titre du Grand Chelem.

Plus jeune vainqueur de Grand Chelem depuis Rafael Nadal en 2005, et de l'US Open depuis Pete Sampras en 1990, il rentre dans la légende de son sport, déclarant que ce succès était “quelque chose dont je rêvais depuis enfant. Décrocher la place de numéro 1 mondial et remporter un Grand Chelem me laisse presque sans voix”.

Une fin de saison marquée par sa blessure à Paris

Défait par Felix Auger-Aliassime en Coupe Davis quelques jours seulement après son succès à New York, sa fin de saison sera moyenne avec une deuxième défaite contre ce même Canadien en demi-finale à Bâle avant de disputer le tournoi de Paris Bercy qu'il avait quitté sur une défaite contre Hugo Gaston en 2021. Vainqueur de Yoshihito Nishioka et Grigor Dimitrov dans la capitale française, c'est face à Holger Rune que l'Espagnol sera contraint d'abandonner, ressentant une forte douleur abdominale, mettant fin à une saison historique pour le tennis mondial qui l'a propulsé dans une nouvelle dimension.


Maxime Labrot

Grand amateur de sports en tous genres, l'Olympique de Marseille fait battre mon coeur, Benoît Paire me prend la tête et Tiger Woods me fait vibrer.

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