NBA

The Beard is back !

Enfin! Après une longue traversée du désert, James Harden est de retour. Ou en tout cas sur la bonne voie. Incapable de faire une quelconque différence individuellement depuis l'entame des playoffs, The Beard, galvanisé par le retour de son compère Joël Embiid, a livré une prestation majuscule pour faire tomber le Heat. 2-2 entre Philly et Miami, le suspens reste entier. 

31 points à 8/18 au shoot mais surtout 6/10 derrière l'arc et 9/10 aux lancers, 7 rebonds, 9 passes. Et en prime une solide victoire à la clé face à Miami. Voilà pourquoi Darryl Morey a fait venir son chouchou en Pennsylvanie. Et le moins que l'on puisse dire c'est que pour l'instant, on s'approchait plus d'un échec que d'un succès. Au bord du gouffre, menés 2-0 et sans solution (privés d'Embiid), les Sixers semblaient bien mal embarqués, d'autant que le MVP 2018 ne mettait pas un pied devant l'autre. Et puis, l'affreux Jojo est revenu et dans sa besace, semble-t-il, un nouveau James Harden, tout clinquant, tout pimpant. Bon, on est toujours très loin du James Harden capable d'en coller plus de 30 pendant 15 semaines et 32 matchs de suite. Mais tout de même, la performance est notable.

Sa meilleure performance depuis.. un an

Car cela faisait désormais 13 matchs de suite en playoffs (à cheval sur les deux dernières saisons) qu'il n'avait plus dépassé la barre des 25 pts. Et certaines de ses prestations furent.. limites, pour ne pas dire autre chose. Arme offensive numéro une lors des deux premiers matchs en l'absence d'Embiid, il n'a jamais dépassé les 20pts. Au premier tour, en six matchs face à de valeureux mais limités Raptors, trois fois il n'a même pas atteint cette barre. On parle tout de même d'un joueur dans la discussion pour être l'un, si ce n'est le meilleur joueur offensif de l'histoire, qu'on le veuille ou non. Sa première (et unique) campagne post-season avec les Nets avait tourné court. Blessé face aux Bucks, il avait terminé la série sur une jambe, ne pouvant empêcher l'élimination des siens. Il faut donc remonter au 1er juin 2021 pour voir un James Harden dominant en playoffs : 34pts, 10rbds, 10asts pour mettre fin à la série face aux Celtics. Une autre époque, déjà.

 “C’est pour cette raison qu’on l’a fait venir”

Car s'il a une nouvelle fois changé de franchise, Harden est venu à Philadelphie pour réitérer ce genre de performance. Il manquait une deuxième arme offensive du coté du Well Fargo Center, Morey a sauté sur l'occasion. Son association avec Joël Embiid a suscité de nombreuses, et légitimes, interrogations. Les deux ont juré être compatibles, et c'est évidemment en playoffs que la vérité allait éclater. Pour l'instant, l'un comme l'autre semble avoir fait des concessions pour le bien du collectif. Mais c'est à la fin du bal que l'on paye les musiciens..

Si sa performance, superbe mais loin d'être stratosphérique pour lui, est aussi mise en avant, c'est également parce qu'Harden semble avoir retrouvé la rage qui le caractérisait dans le Texas. On l'a senti motivé, déterminé. Surtout, son dernier quart, avec 16pts inscrits au moment où le Heat poussait fort pour revenir, montre qu'il n'a rien perdu de sa clutchitude. Tout le groupe semble avoir confiance en lui, et en premier lieu, le chef de file, Jöel Embiid : « C’est pour cette raison qu’il est là. C’est pour cette raison qu’on l’a fait venir. Depuis qu’il est là, il s’ajuste par rapport à ce dont on a besoin, que ce soit de la création, ou des points comme ce soir. Vu comment ils défendent sur les autres, il a dû prendre des tirs difficiles. C’est ce qu’il a fait toute sa carrière, et c’est pour cette raison qu’il est là ! » 

Tobias Harris, qui était la deuxième arme avant l'arrivée du barbu, ne tarie pas d'éloge, lui aussi, à l'égard de l'ancien de Houston : « Il fait du super boulot pour analyser le jeu. Dans sa manière d’analyser les moments où il droit créer, et ceux où il doit prendre ses tirs. Ce soir, on a pu observer sa confiance, et après être allé au cercle, les positions à 3-points se sont ouvertes pour lui. Il voit tellement de couvertures défensives différentes devant lui. Souvent ils sont en zone, et parfois, c’est difficile pour lui d’être agressif en attaque. Mais quand il trouve son rythme, on a juste à lui donner la balle, et les choses s’enchaînent. »

Régulièrement critiqué ces derniers temps pour son manque de leadership, il semble avoir repris les choses en mains. C'est d'ailleurs son coach, Doc Rivers, qui l'affirme, après la rencontre d'hier soir :« Joel avait besoin de repos, et quand ce groupe est entré sur le parquet, nous avons provoqué des fautes, nous avons augmenté l’avance, et quand Joel est revenu dans le jeu, ils étaient déjà dans la pénalité. C’est énorme. À ce moment-là, à chaque fois qu’ils vous touchent, ils font une faute, vous allez sur la ligne et vous avez des lancers. C’est important pour nous. »

La force tranquille 

Chahuté de toute part, détesté par la NBA depuis son rocambolesque départ du Toyota Center, lui ne se prend pas la tête plus que cela. Bien que ses performances soient décriées soir après soir, il sait ce qu'il vaut. « Rien n’a vraiment changé. J’ai juste mis quelques tirs… Nous sommes encore une équipe assez nouvelle. Nous avons à peine deux mois d’existence. Nous sommes enfin en train de nous positionner dans cette série, et ce soir, nous avons trouvé des choses qui ont marché ». 

Lui qui a vu, comme par hasard, des rumeurs annonçant un éventuel intérêt de sa part pour un départ du coté de South Beach cet été, ne semble pas être dérangé outre mesure. Il n'a que faire de son avenir à l'heure actuelle et semble réellement focus sur sa campagne de playoffs 2022.

Il est venu à Philly pour décrocher une bague, et sait que s'il repart bredouille de Pennsylvanie, plus aucune équipe ne risque de lui faire confiance. Mais pour l'heure, les Sixers sont toujours bien en course pour une éventuelle qualification en finale de conférence. La série contre le Heat n'est pas définitivement lancée, puisque comme aime si bien le répéter Tony Parker (qui, au passage, a connu quelques séries éliminatoires), une série n'est vraiment lancée que lorsque l'une des deux équipes s'impose à l'extérieur. Pour l'instant, Miami s'est imposé deux fois au FTX Arena alors que les Sixers ont pris les deux suivants au Well Fargo.

Il faudra un James Harden à se niveau jusqu'à la fin de la série si les Sixers veulent réaliser l'exploit de sortir le Heat de Spoelstra en demi-finale de conférence. Miami a été catastrophique hier au shoot (7/35 à 3pts) et les Herro, Gab Vincent et autres Lowry ne passeront pas à coté comme cela tous les soirs. En attendant, Philly peut souffler et aller l'esprit léger en Floride: la pression sera clairement sur le Heat pour ce game 5, après-demain. James Harden a remis les pendules à l'heure, et si le barbu est capable d'enchaîner, Miami a de gros soucis à se faire. 

Crédit photo : basket usa

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