Rugby

Top 14 : un Classico à la saveur particulière

Cela faisait longtemps que le traditionnel Classico du championnat de France de rugby n'avait pas opposé deux équipes aussi bien classées. Le Stade Toulousain (2e), habitué du haut de tableau, accueille le Stade Français Paris (4e) en clôture de la 14e journée du Top 14. Les Parisiens ont retrouvé de leur splendeur depuis le début de saison, et semblent (enfin) avoir les épaules pour se mêler à la lutte pour le Top 6. 

 

Toulouse à sa place, Quesada a remis Paris à la sienne

Ce Stade Toulousain – Stade Français est toujours un rendez-vous particulier de notre championnat. Entre deux clubs qui ont marqué l'histoire du Top 14 -34 titres à eux deux, dont 18 entre 1985 et 2015-, les affrontements sont toujours aussi serrés qu'engagés. La Capitale contre le Capitole, c'est assurément l'une des affiches les plus attendues de la saison. Si celle-ci avait quelque peu perdu de sa saveur ces cinq dernières années, par rapport aux shows auxquels nous avions eu la chance d'assister entre la fin du XXe et le début du XXIe siècle, les deux équipes scrutent à nouveau les hauteurs du classement au même moment.

Actuellement 2ème avec 42 points, le Stade Toulousain est depuis plusieurs années redevenu l'une des meilleures équipes d'Europe. Champion de France en 2019 et récent demi-finaliste de la Champions Cup, le club peut s'appuyer sur un des meilleurs effectifs du continent, avec notamment l'explosion de jeunes prodiges tels qu'Antoine Dupont ou Romain Ntamack, encadrés par plusieurs joueurs d'expérience venus de France et d'ailleurs (Guitoune, Huget, Kaino, Kolbe…). Malgré une période de creux suite au départ de leurs internationaux pour le 6 Nations et l'Autumn Nations Cup, les Haut-Garonnais se sont bien repris par la suite, enchaînant victoire sur victoire, à domicile comme à l'extérieur. Grâce à six succès consécutifs, les Rouge et Noir scrutent désormais les premières places du classement, et n'ont plus perdu depuis le 1er novembre. C'était sur la pelouse du Stade Français (48-14).

  • Paris en quête d'un succès référence à l'extérieur

Une équipe du Stade Français Paris qui a connu une première partie de saison encourageante, après des derniers mois très compliqués.  Entre des résultats sportifs loin des attentes en 2019/2020 et un virus qui a durement touché l'effectif l'été dernier, les Soldats Roses ont démarré cette saison sans certitudes. Mais les qualités de manager de Gonzalo Quesada et une direction véritablement imprégnée des valeurs et de l'histoire du club ont permis d'instaurer un climat propice à la bonne performance sportive. “Aujourd’hui ce qui est certain, c’est qu’on a une très bonne atmosphère autour du club. C’est un véritable accomplissement collectif. A nous de continuer à travailler pour progresser chaque semaine” a à ce propos concédé Yoann Maestri devant la presse. En termes de dynamique, les hommes du président Wild restent sur un succès bonifié face à Brive à Jean Bouin (51-21), mais ont échoué sur le fil à Pau (29-27) et à Lyon (20-19) lors de leurs deux derniers déplacements.

 

Une véritable opposition de style

Côté terrain, les deux équipes se craignent et savent parfaitement à quoi s'attendre. “C’est la meilleure équipe dans tous les domaines d’attaque. Il ne faut pas qu’on s’expose au désordre car les Toulousains sont très forts là-dessus” a affirmé Jonathan Danty en conférence de presse. Comme ses coéquipiers, l'international français est conscient du défi qui les attend à Ernest-Wallon, et a tenu à rappeler que les siens comptaient avant tout se concentrer sur leur prestation collective : “Avant le match, on ne peut jamais réellement savoir quel secteur va être défaillant. On doit se préparer à trouver des solutions à tous les systèmes qui pourraient s'avérer l'être. Il faut qu'on continue à progresser et à mettre en place ce que l’on souhaite depuis le début de la saison, à savoir un jeu qui soit le plus organisé et le plus structuré possible. On y va vraiment avec nos armes et on fera les comptes à la fin.” Julien Arias, entraîneur des arrières, a ajouté : “On veut que nos ¾ touchent des ballons et jouent dans l’intérieur du jeu. Chaque semaine on attend mieux, d’autres choses. A Toulouse, nous serons outsiders, mais on va tout faire pour leur proposer une belle opposition”. Yoann Maestri a quant à lui rappelé la nécessité d'être discipliné pour ce déplacement chez un gros du championnat, et de “s'y préparer en conséquence” pour continuer à croire au Top 6 en fin de saison.

Dans les rangs Toulousains, c'est davantage l'aspect défensif et technique que l'on préfère mettre en avant pour analyser les forces adverses. “Je pense que le match sera cadenassé par leur défense imperméable. Ils utilisent le jeu au pied sous toutes ses formes et couvrent parfaitement le terrain. Nous nous préparons à avoir des ballons à relancer” a alerté Jean Bouilhou. “Comme nous, les Parisiens utilisent beaucoup la largeur du terrain. Ils produisent un jeu total et bénéficient également d'une grosse mêlée. Ils possèdent des joueurs de qualité sur toutes les lignes. A l'époque, nos confrontations donnaient lieu à du grand spectacle et des grands matchs” a-t-il ajoutéDes souvenirs de duels fratricides qui animent bon nombre de joueurs dans les deux camps, et dont chercheront à s'inspirer les plus jeunes n'ayant pas ou peu connu cette période du début des années 2000.

 

Les deux équipes s'attendent à une rencontre très engagée contre un adversaire redoutable et redouté, qui pourrait compter pour la suite de la saison. D'un point de vue statistiques, le Stade Toulousain part favori de cet affrontement, tant les dernières rencontres à Ernest-Wallon ont accouché d'un score à sens unique. Reste à savoir si les Parisiens parviendront à faire valoir ce nouveau statut lors de ce grand classique du Top 14, pour s'inviter définitivement à la table des meilleures équipes de France.

 

Crédit photo de l'image en Une : Le Télégramme

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