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Wilt Chamberlain, Monsieur 100 points, immortel dans le cœur de la NBA

On prête le titre de légende à plusieurs monuments de la NBA mais avec Wilt Chamberlain, nous entrons dans une autre dimension. La dynastie des icônes absolues. Le talent de l’homme était tout simplement indescriptible et même si seulement deux titres de champion NBA sont à mettre à son actif, les quatre fois où il a été porté au pinacle de meilleur joueur de la Ligue dans les années 60 renseignent à suffisance sur l’immensité et la grandiloquence du ‘’Stilt’’.

Il était une fois Wilt Chamberlain,

Le 12 octobre 1999, Wilton Norman Chamberlain meurt d’une crise cardiaque à 63 ans. Au même moment, le big circus NBA fait sa promo d’avant-saison à Milan, à l’occasion d’un McDonald’s Championship avec les San Antonio Spurs de Tim Duncan et David Robinson. Trois jours durant, entre matches d’exhibition et flanc à du business récurrent Made In NBA, tout ou presque y passe. On comprend qu’une sommité venait effectivement de nous quitter, que son nom suscitait émoi, passions et admiration indicibles et surtout que la disparition de « The Big Dipper » laissait un grand vide. C’est un axiome. Chamberlain a profondément marqué tous ceux qui l’ont connu comme Jerry West avec lequel il remporta son deuxième et dernier titre, en 1972 chez les Lakers. Un an plus tard, l’échassier le plus inénarrable qu’il nous a été donné de connaître tire sa révérence un an plus tard, sous le maillot des San Diego Conquistadors (ABA). Que dire de ces statitiques typées NBA, elles sont presque démentielles. En effet, en tout juste 14 années de carrière, il aura cumulé plus de 31 000 points et frôlé la barre des 24 000 rebonds. Le record de points inscrits dans un match NBA qui est de ‘’100 points’’ (vous avez bien lu), 100 unités inscrites dans une rencontre de la ligue) sous les couleurs des Philadelphia Warriors contre les Knicks le 2 mars 1962 à la Hersheypark Arena porte son sceau éternel et restera ad vitam aeternam une prouesse infalsifiable de l’histoire.

Toujours annoncé mais finalement si peu couronné,

Quatre fois MVP, 100 points sur un match mais seulement deux titres NBA, ce sont là les grandes articulations de cette idylle tant magnifiée entre les deux entités mais finalement si peu pourvue du point de vue collectif. Tout ceci a une explication. En effet, si Chamberlain n’a pas gagné plus de deux titres de champion NBA, c’est parce que les Celtics de Red Auerbach et Bill Russell se sont régulièrement dressés sur sa route et sur celle des Sixers dans les années 60 constituant de facto une volubile matière osseuse dans la gorge et contre laquelle, tout seul, toute sa dextérité mise à contribution ne pouvait pas grand-chose.
Par conséquent, la consécration ne pouvait que rester vœu pieux.
Elle va durer presque 10 ans la frustration. Une décennie d’attente, d’atermoiements, de remise en question, d’éternel recommencement qui connaîtra sa finitude en 1967. Cette année-là, ‘’The Stilt’’, cette montagne de 2m16 pour 125 Kg va forcer le destin. Philadelphie sort Boston en cinq matches en finale de Conférence Est avant de disposer de San Francisco, en six rencontres, en Finales. Bizarrement, 1967, année de tous les succès pour Chamberlain, fut celle où pour la première fois de sa carrière, il s’afficha dans des standards de scoring à peu près raisonnables (24.1 pts de moyenne). Rien à voir avec les standards fous auquel il avait habitué le monde du basket jusque-là.
Quand on lui demanda si cette baisse de productivité était due à l’âge ou à la qualité des défenses adverses, Chamberlain s’énerva :

« Si je compare mes sept dernières années aux sept premières, celles-ci étaient une plaisanterie. J’ai arrêté de prendre des tirs parce que les coaches m’ont demandé de faire autre chose. ».
La raison était donc toute trouvée, la main et la science du ‘’Big Dipper’’ n’avaient point pris un coup de moue. On l’a contraint à baisser ses standards et moins affolé les compteurs.
Le premier entraîneur qui lui demanda de moins martyriser le cercle pour mieux participer au jeu et cadenasser celui de l’adversaire fut Alex Hannum chez les Sixers. Une stratégie payante, avec plus de défense et d’altruisme, qui déboucha sur le titre évoqué plus haut. Chamberlain, qui jouait rappelons-le pivot, termina la saison avec une moyenne de 7.8 passes ! L’année suivante, en 1967-68, le natif de Philadelphie prit son nouveau rôle très à cœur. Dans la foulée, il intégra la All-NBA First Team pour la septième fois et fut élu MVP de la Ligue pour la quatrième et dernière fois. AMAZING. A titre collectif cependant, les Sixers allaient être éliminés en finale de Conférence par Boston pour la troisième fois en quatre ans. Quelques semaines plus tard, « The chairman of the boards » passait de nouveau à l’Ouest après avoir connu San Francisco pendant deux saisons, en 1963 et 1964.

Plus de 70 records NBA pour l’échassier : vous ne rêvez pas !

Avec les Lakers, le grand Wilt continue de manger son pain noir. La sphère a changé, la franchise avec mais les mêmes causes vont toujours produire le même effet et le mauvais sort ne va pas s’arrêter de conter fleurette. Quatre Finales en cinq ans mais un seul succès à la clé, en 1972. Avec les arrières Jerry West et Gail Goodrich, les ailiers Happy Hairston et Jim McMillian plus Chamberlain sous le cercle, Los Angeles aligne une équipe au style atypique. La saison 1971-72 est celle des fameuses 33 victoires de rang, un record qui tient toujours. Une ligne dans une marée d’exploits.
Les hommes de Bill Sharman vont établir une autre marque record en fin d’exercice avec 69 succès pour 13 revers. Elle va tenir un quart de siècle avant de tomber sous l’impulsion de l’inénarrable épopée des Chicago Bulls d’un certain Michael Jordan avant de la voir ensevelie : 72 victoires pour seulement 10 défaites.

Quid de l’après-carrière de l’échassier?

Une fois retiré des terrains, le grand Wilt débuta une carrière d’entraîneur dans la ligue ABA, avec San Diego. Il apparut aussi au cinéma en 1982 dans « Conan le Barbare ». On n’oubliera pas non plus cette proposition de combat contre Muhammad Ali (Kareem Abdul-Jabbar a bien affronté Bruce Lee et son 1,67 m dans « Le jeu de la mort »…) ainsi que toutes sortes d’offres plus farfelues les unes que les autres. Comme si Wilt Chamberlain, l’un des plus grands basketteurs de tous les temps et là encore c’est un euphémisme avait besoin de s’exhiber pour exister !
Quelques managers peu scrupuleux n’avaient pas oublié qu’il s’était produit pour les Harlem Globetrotters en 1958-59 contre 50 000 $…

Chamberlain comme à l’école une véritable personne ressource pour la ligue,

Disparu en 1999, le natif de Philadelphie restera un personnage marquant de l’histoire du championnat. Les règles du jeu, les lancers francs notamment, ont évolué grâce à lui. Ultra-dominant à son poste, Chamberlain était un laboratoire du jeu à lui tout seul. Un chercheur. Un savant. Un pionnier. Une lumière. Un visionnaire. Un prophète. L’un de ceux qui ont vu venir avant tout le monde. Un produit rare, flashé à 39.4 points de moyenne lors de ses sept premières saisons avant de tourner à 20.7 sur les sept dernières.
L’histoire nous apprendra que cette mutation lui permit d’acquérir deux titres NBA. Preuve que le talent ne suffit pas toujours et que parfois, c’est son alliage parcimonieux avec l’intelligence de jeu qui permet de casser les murs jusque-là inébranlables.

Somme toute, Wilt Chamberlain est une encyclopédie à lui tout seul, un mastodonte intemporel. La preuve, certains de ses records, ne sont pas près de tomber : nombre de points dans un match (100, donc) mais aussi nombre de matches à 50 points et plus (118), nombre de saisons en tête du pourcentage de réussite aux tirs (9), nombre de points dans une mi-temps (59), nombre de points pour un rookie sur un match (58). On n’oubliera pas non plus ses quatre titres de MVP : 1960, 1966, 1967, 1968 pour 1.045 matchs et 31.419 points marqués en carrière (30.1 pts/m).

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