Avec le NBA Hiatus, il n’y a plus de matchs à se mettre sous la dent. Ce n’est néanmoins pas une raison pour arrêter de parler de notre sport préféré. We Sport profite de la pause au cours de cette saison 2019 pour revenir sur l’histoire, les joueurs et les moments qui ont fait la gloire de chacune des trente franchises NBA. Aujourd’hui, direction la franchise de l’Utah, où évolue un certain Rudy Gobert.

L’histoire de la franchise

Premiers pas décevants pour le Jazz

D’abord basée à la Nouvelle-Orléans, la franchise du Jazz n’arrive jamais à franchir un cap significatif. De 1974 (date de sa création), à son déménagement en 1979 à Salt Lake City, le Jazz n’attire pas. En proie à des gros soucis financiers, en manque d’investissements, la franchise s’en va. La présence de Pete Maravich dans ses rangs n’y change rien. Arrivée en 1979, la franchise tente de se reconstruire pour attirer enfin du public. Coup sur coup, la franchise recrute deux très bons joueurs : Adrian Dantley, puis Darrell Griffiths (drafté en 1980 en 2nde position). Pour autant, les résultats ne s’améliorent toujours pas, la franchise restant dans les bas-fonds du classement en NBA. Seules satisfactions dans l’Utah : les sélections au All Star Game de Dantley, et le titre de ROY en 1981 pour Griffith.

En 1982, Utah draft Dominique Wilkins. Problème : le joueur ne veut pas jouer pour le Jazz, toujours en proie à des problèmes financiers et en manque d’attractivité. Le futur Hall of Famer ne met pas un pied dans l’Utah, et le Jazz récupère John Drew et Freeman Williams, qui ne peuvent à eux deux compenser la perte. Jusqu’en 1984, l’équipe reste très décevante, souvent minée par les blessures. Eaton, drafté en 72e position en 1982, apparait comme un très bon choix quant à lui. 

1984-2003 : Stockton-Malone, duo de légendes

En deux ans seulement, Utah enchaîne les bonnes décisions. En 1984, la franchise draft Stockton, et en 1985 c’est au tour de Malone. Cette même année, un homme d’affaires de Salt Lake City, Larry Miller, rachète la moitié des parts de la franchise. Au même moment, Mark Eaton explose complètement, permettant à Utah d’atteindre les playoffs pour la deuxième fois de son existence (second tour en 1984). Utah perd contre les Nuggets de Denver, mais l’histoire est en marche. Pendant 19 saisons consécutives, Utah va s’inscrire comme une des meilleurs franchises de l’Ouest, atteignant les playoffs chaque année. 

L’apothéose arrive à Salt Lake City au cours des années 1997 et 1998. Pendant ces deux années consécutives, la franchise de l’Utah se hisse en Finales NBA. Pour autant, affronter les Bulls de Jordan n’est vraiment pas chose aisée. À chaque fois, le Jazz s’incline, et n’y retournera plus jamais. Pendant toutes ces saisons, Stockton et Malone s’entendent à la perfection sur le terrain, devenant l’incarnation même du « pick’n roll ». Les joueurs, ultra-présents sur le terrain, ne ratant que très peu de matchs, offrent à Utah une régularité surprenante. Pourtant, un manque de profondeur de banc leur est souvent fatal. 

En 2003, le rêve s’arrête. Stockton prend sa retraite, et Malone s’envole pour Los Angeles.Une ère s’achève à Utah, et l’heure de la reconstruction débute. Et évidemment, Utah redevient une des équipes le plus faibles de NBA. En manque de repère, en manque de stars, l’équipe rate les playoffs pour la première fois depuis 19 ans. 

Lente reconstruction 

Jusqu’à aujourd’hui, jamais plus le Jazz ne réalisa des parcours époustouflants en playoffs. Lors des années 2000, la franchise cherche souvent une ou deux stars à intégrer à son équipe, sans jamais trouver un réel équilibre. Kirilenko, Boozer et Deron Williams en sont notamment l’incarnation. Avec ces joueurs, l’équipe arrive parfois en playoffs, mais s’arrête très souvent lors du premier ou du second tour. 

Lors des années 2010, le Jazz semble tout de même prendre un peu plus d’épaisseur. En 2010, Gordon Hayward est drafté en 9e position. Utah se renforce quelque peu, et Draft en 2013 un certain Rudy Gobert. Rapidement, un axe majeur se dessine. Kanter parti, Gobert récupère la place de pivot titulaire en 2014, et forme avec Hayward et George Hill un trident très défensif. Quin Snyder, arrivé d’Atlanta en 2014, semble coller avec la philosophie de la franchise. Lors de la saison 2016-2017, Utah accède enfin aux playoffs, ce qui n’était plus arrivé depuis 2012. Leur défaite face aux futurs champions, les Warriors de golden State, met un point final à cette alchimie. Hill et Hayward s’en vont, Rubio arrive du Minnesota, et Donovan Mitchell est drafté. 

Depuis, Utah est une franchise trustant les premières places à l’Ouest. Avec dans ses rangs un Mitchell très scoreur, très offensif, deuxième de la course au ROY en 2018; et un Gobert double DPOY en titre, la franchise est très solide. Pourtant, il lui manque toujours un petit quelque chose pour progresser et se hisser encore plus haut dans la hiérarchie. Pourtant, l’équipe semble toujours plus se renforcer, avec des venues intéressantes comme Bojan Bogdanovic et Mike Conley.

La salle des trophées

  • Champion de Conférence (2) : 1997 et 1998.
  • Champion de la Division Nord-Ouest (2) 2007, 2017 anciennement Division Midwest (6) : 1984, 1989, 1992, 1997, 1998, 2000.

Maillots retirés : Frank Layden (#1), Adrian Dantley (#4), Pete Maravich (#7), John Stockton (#12), Jeff Hornacek (#14), Karl Malone (#32), Darrell Griffith (#35), Mark Eaton (#53).

Joueurs emblématiques

John Stockton

Drafté seulement en 16e position en 1984 par le Jazz de l’Utah, la carrière de Stockton aurait pu tourner très court. Il arrive dans une équipe où un meneur All-Star évolue déjà, en la personne de Ricky Green. Pourtant, Sotckton progresse chaque année. Et en 1988, pour sa 4e saison en NBA, Stockton devient enfin titulaire. Avec un QI Basket largement supérieur à la moyenne, le meneur du Jazz s’impose comme un référence à son poste tout au long de sa riche carrière. Il atteint deux fois les Finales NBA, sans jamais en remporter. Stockton est également le meilleur passeur décisif de l’histoire de la Ligue (15806 passes) et le meilleur intercepteur (3265 interceptions). Le meneur fait aussi parti de la Dream Team des Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. En 2003, John Stockton prend sa retraite, après avoir fait toute sa carrière avec le Jazz. Ce fait remarquable construit un peu plus encore la légende Stockton. Le 6 Avril 2009, il entre au Basketball Hall of Fame, notamment en même temps que Michael Jordan. 

Karl Malone

Drafté en 13e position en 1985, Karl Malone fait office de steal de draft, tout comme son compère Stockton. Arrivé dans une équipe en reconstruction, autour du coach Sloane, Malone s’impose rapidement comme une référence. Il devient l’ambassadeur du « pick’n roll » avec Stockton, et les deux l’utilisent à merveille. Les deux joueurs ne se quittent que rarement, étant ensemble au sein de la Dream Team de Barcelone en 1992, et co-MVP du All Star Game 1993, tenu à Salt Lake City. Tout comme Stockton, Malone ne remporte aucun titre avec le Jazz. Il est cependant élu deux fois MVP de la saison régulière, en 1996-1997, et 1998-19999. En 2003, à la retraite de Stockton, Malone prend la direction des Lakers de Bryant et O’Neal, espérant remporter un titre. Mais, la plupart du temps blessé, « The Mailman » voit ses chances barrées par les Pistons de Détroit. Il est intronisé en 2010 au Basketball Hall of Famer. À ce jour, Malone est le 2e meilleur marqueur de l’histoire de la ligue, avec 36298 points marqués en saison régulière. 

La franchise de Salt Lake City, basée dans l'Utah, est une franchise ayant vue évoluer en son sein deux des plus grands basketteurs de l'ère moderne. Pourtant vierge de titre, le palmarès du Jazz n'est pas passé loin d'être un peu plus fourni.