AS Monaco – le bilan : le Rocher a vacillé

La saison de l’AS Monaco a été un véritable calvaire. Champion de France en 2017, l’équipe de Leonardo Jardim a lutté toute la saison pour assurer son maintien. Entre les licenciements des entraineurs Jardim et Henry, l’éviction du vice-président Vadim Vasilyev et un groupe passé à côté de sa saison, le dénouement heureux de l’exercice 2018/2019 apparait comme un immense soulagement sur le Rocher. Retour sur cette saison énigmatique qui aura donné des sueurs froides aux supporters monégasques jusqu’à la dernière journée. 

Un premier bilan sur le sportif

Qu’elle fut longue cette saison 2018/2019 pour l’AS Monaco ! Huit victoires, douze nuls et dix-huit défaites pour 36 points au compteur. Voici le bilan comptable du club monégasque à l’issue de la 38e journée de Ligue 1. Autrement dit, une saison catastrophique pour un club de ce standing.

Très vite dans le rouge, le club monégasque aura tout essayé. Leonardo Jardim limogé début octobre, Thierry Henry a tenté d’apporter un vent de fraicheur, en vain. Le retour de Jardim mi-janvier et le licenciement de Vadim Vasilyev, totalement inattendus par ailleurs, ont confirmé l’état d’urgence dans lequel était plongé Monaco à mi-parcours. D’ailleurs, le recrutement XXL au mercato hivernal a confirmé cette idée. Mais malgré les arrivées de Cesc Fabregas, William Vainqueur ou Gelson Martins pour ne citer qu’eux, l’ASM est resté dans les profondeurs du classement, naviguant entre la 15e place et la place de barragiste.

Jusqu’à la dernière journée et un déplacement chez son meilleur ennemi niçois, par ailleurs ponctué d’une énième défaite (2-0), Monaco aura souffert. En fin de compte, le dénouement est heureux avec une 17e place au classement et le spectre de la relégation évitée.

 

Le bilan des joueurs qui ont le plus joué

Diego Benaglio : une année à jongler entre le terrain, l’infirmerie et le banc des remplaçants. Pas évident de prendre de la confiance dans ces cas-là. 

Benjamin Henrichs : il s’est partagé le poste de latéral droit avec Sidibé. L’allemand a confirmé son potentiel et a mérité les titularisations que lui a donné Jardim. Une bonne pioche qui a en partie permis à Monaco de sauver sa peau en Ligue 1. 

Djibril Sidibé : depuis sa blessure contractée avant la coupe du monde, Djibril Sidibé n’est plus le même et tarde à revenir à son meilleur niveau. Monaco en a fait les frais cette saison, lui et sa place de titulaire y compris. 

Benoit Badiashile : l’ASM a trouvé son futur pilier en défense centrale. A tout juste 18 ans, Badiashile a apporté une sureté défensive qui n’était plus garantie par Jermerson. Surtout, c’est son esprit combatif indispensable au maintien de l’AS Monaco qui a séduit observateurs et supporters monégasques.

Kamil Glik : l’un des cadres du titre de champion en 2017 n’a été que l’hombre de lui-même durant les 33 matches auxquels il a pris part.

Jemerson : lui aussi a fait partie de la génération dorée et championne il y a deux ans. Lui aussi à sombrer cette saison, entre les erreurs de marquage, de placement, mais aussi de grosses fautes techniques. 

Fode Ballo Touré : contrairement à ses compères de la défense, Ballo Touré a réussi sa saison, la première sous le maillot monégasque. Pas titulaire en début de championnat, il aura su se faire une place à gauche au milieu du marasme collectif. L’éclaircie est souvent venue de son côté, notamment grâce à un tempérament de guerrier. 

Aleksander Golovin : arrivé dans la peau d’une future star, le russe aura logiquement eu du mal à se mettre au niveau des attentes. Néanmoins, il réalise une deuxième partie de championnat de bien meilleure facture.

Rony Lopes : son talent et sa classe balle au pied ne sont plus à démontrer, mais force est de constater qu’il a du mal à retrouver le top niveau. Une saison compliquée pour le portugais, à l’image d’une partie de ses coéquipiers. 

Jean-Eudes Aholou : arrivé en provenance de Strasbourg cet été pour tenter de faire oublier Fabinho, l’ivoirien a réalisé une première saison très contrastée sous le maillot monégasque. Il n’aura jamais vraiment pesé dans l’entrejeu. 

Nacer Chadli : arrivé l’été dernier pour dynamiser le milieu de l’ASM, il n’aura jamais su se mettre au niveau de la Ligue 1. Sa saison est plus que mitigée et il fait d’ailleurs partie des joueurs pressentis pour quitter le club lors du prochain mercato. 

Gelson Martins : lui a réussi une superbe deuxième partie d’exercice 2018/2019. Il fait partie des onze joueurs arrivés en janvier pour tenter de sauver le club. Tout de suite, le portugais a apporté vitesse et percussion. Un vrai plus dans l’opération maintien. 

Moussa Sylla : malgré dix-huit matches cette saison en Ligue 1, l’enfant du club n’a jamais trouvé le chemin des filets, ni délivré la moindre passe décisive.  Au dela de statistiques en berne, sa vitesse sur le côté droit aura amené de la percussion.

Carlos Vinicius : lui a réalisé une bonne demi saison. Arrivé en prêt en provenance de Naples en janvier, le brésilien a été d’une grande aide dans l’opération survie. Huit buts en 13 matches, dont un bijoux contre le LOSC, ont définitivement conforté le joueur de 24 ans comme la bonne pioche du mercato monégasque. 

Radamel Falcao : au regard de l’état de Monaco, sa saison sort du lot. Quinze réalisations en trente-trois matches de Ligue 1, dont certaines importantissimes dans la course au maintien. El Tigre a rugi et l’ASM en a porté ses fruits.

Le conseil de classe des dirigeants

Leonardo Jardim : certainement la saison la plus compliquée de toutes pour le technicien portugais. En manque de résultats début octobre, il avait été licencié par le board monégasque pour laisser place à Thierry Henry. Au final, Jardim est revenu mi-janvier. Mais son retour n’a finalement pas eu les effets escomptés.

Tactiquement, il n’a pas réussi à trouver le système et l’animation de jeu propices à son groupe. Son 4-4-2 si fringant en 2017, tant en Ligue 1 qu’en Ligue des Champions, est désormais dépassé. Au delà de l’aspect tactique, c’est aussi au niveau mental que Jardim a été impuissant. Dépassés dans l’engagement, certains joueurs n’ont pas apprécié les nombreux turnovers effectués par le portugais lors des derniers matches et une partie du vestiaire l’a lâché. Il est désormais évident que l’avenir de Leonardo Jardim reste en suspens sur le Rocher.

Vadim Vasilyev : lui aura définitivement été victime de la saison noire de l’ASM. Le désormais ex vice président de Monaco a payé ses erreurs lors des derniers mercatos. Le russe a quitté ses fonctions le 14 février, symbole d’une tempête qui a littéralement changé le visage du club. Remplacé par Oleg Petrov comme vice-président du club. 

Dimitri Rybolovlev : comme si le bilan sportif ne suffisait pas, il faut en plus rajouter une affaire judiciaire. Dans la lignée de la saison noire de son club, le président de l’ASM a été pris dans la tourmente pour des faits de « corruption », « trafic d’influence actif et passif » et complice de ses délits lors de la fin d’année 2018.

 

Et maintenant, comment relancer la machine à gagner ?

Monaco est en chantier, c’est certain. Cet été, les dirigeants monégasques devront commencer par dégraisser le groupe professionnel, plus que quantitatif. A l’heure où l’on se parle, 74 joueurs sont liés à l’AS Monaco. Une situation qui ne doit plus durer si le club veut repartir du bon pied lors du prochain exercice. Mais quels joueurs faire partir ? A contrario des saisons précédentes, le club du Rocher ne réalisera pas de grosses plus-values. Il faut donc se tourner vers les joueurs en fin de cycle ou qui ont déçu cette saison.

Ensuite, au niveau des arrivées, le club va devoir revoir sa stratégie de recrutement. Du moins, le temps de retrouver une certaine stabilité. On le sait, ces dernières années, l’objectif des dirigeants était de parcourir l’Europe pour dénicher la nouvelle pépite du football mondial et ainsi la revendre au prix (très) fort quelques saisons plus tard. James Rodriguez, Bernardo Silva, Fabinho ou encore Thomas Lemar en sont les meilleurs exemples. Monaco l’a bien fait durant trois saisons, mais force est de constater que les derniers mercatos ont été loupés.

Les jeunes talents arrivés de tout coin du monde n’ont pas encore éclaté et ont laissé les vieux briscards, souvent blessés et hors du coup, seuls face à leurs responsabilités. Il faudra donc surement recruter des joueurs dans la fleur de l’âge et ayant déjà fait leur preuve, que ce soit en France ou ailleurs. Ainsi, l’équipe de la saison prochaine ressemblerait à un mélange de (nouveaux) joueurs d’expérience, débarquant avec l’envie de performer dans le nouveau projet. Sans oublier bien sûr de laisser une nouvelle chance aux jeunes déjà dans le groupe.

Un dernier point peut interroger : quid de Leonardo Jardim ? Faut-il le conserver ou apporter là aussi du sang neuf ? Les deux idées peuvent se défendre. Néanmoins, son avenir sera certainement lié à celui de ses joueurs. Si le club réussit enfin son mercato et change complètement l’identité des joueurs actuels pour ainsi repartir sur un nouveau cycle, alors oui, on peut penser que Jardim restera sur le banc. Dans le cas inverse et quand on sait la côte de popularité en forte baisse du portugais dans le vestiaire lors des derniers matches, difficile de l’imaginer rester…

SOURCE PHOTO : Eurosport

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