ATP – Wimbledon : Fedal, 11 ans après…

Un mois après leur affrontement en demi-finale à Roland-Garros, Rafael Nadal et Roger Federer sont de retour dans le dernier carré d’un tournoi du Grand Chelem, à Wimbledon, où ils s’affronteront pour la 40ème fois. Si on sait le jeu du Suisse plus adapté au gazon, l’issue n’en reste pas moins plus qu’incertaine. Au bon souvenir de 2008.

 

Un Federer à réaction

La quinzaine de Roger Federer a commencé par une (petite) frayeur. Opposé au jeune Sud-Africain Lloyd Harris (n°86 mondial), l’Helvète rend un début de copie brouillon, et concède la première manche, bousculé par les coups de boutoir de son adversaire. Cependant, le n°3 à l’ATP monte petit à petit en régime, pour finir en roue libre et boucler les trois sets suivants en à peine 1h20 (victoire finale 3-6/6-1/6-2/6-2). Au deuxième tour, il ne force pas son talent pour disposer du local Jay Clarke, également en trois sets. C’est au troisième tour que démarre véritablement le tournoi de Roger Federer. Plus incisif, plus appliqué en coup droit, le Suisse fait preuve de réalisme dans les moments importants pour disposer d’un Lucas Pouille qui montrait de belles choses depuis le début de la quinzaine (7-5/6-2/7-6). Si son 8ème de finale face à un Berrettini tétanisé n’est qu’une formalité, il doit de nouveau remonter un handicap d’un set face à Kei Nishikori en quarts de finale (4-6/6-1/6-4/6-4). Si Federer est bousculé par moment, il n’est finalement jamais réellement mis en danger. Avec cette 100ème à Wimbledon décrochée face au Japonais (record dans l’ère Open), le voilà en demi-finales, où il croisera la route de son rival de toujours, Rafael Nadal.

 

Nadal, comme un boulet de canon

Le Wimbledon de Rafael Nadal a commencé sur les mêmes bases ou presque que son homologue suisse. Mené 0-2 0-40 par Sugita au premier tour, le Majorquin a connu un léger démarrage diesel, avant de dérouler pour s’imposer 6-3/6-1/6-3. Le déclic a lieu au deuxième tour, lorsque le n°2 mondial doit faire face à Nick Kyrgios, avec qui les relations ne sont pas au beau fixe. Une victoire au forceps (6-3/3-6/7-6/7-6) qui a donné un maximum de confiance à celui qui vise un troisième titre cette année à Wimbledon. La suite ? Trois démonstrations de force, successivement face à Jo-Wilfried Tsonga, Joao Sousa et Sam Querrey, tous balayés en trois sets. Le Français a par ailleurs avoué qu’il n’imaginait pas le Majorquin à ce niveau-là sur herbe. Cinq victoires qui lui donnent donc le droit de défier Roger Federer sur le Centre Court, vendredi (en deuxième rotation). Très offensif depuis le début du tournoi, il aura sa carte à jouer, et partira tout sauf perdant dans son face à face avec le Suisse.

 

Do you remember ?

Ce duel sera le quatrième affrontement entre les deux hommes au All England Club. La première à un stade autre que celui de la finale. Les trois premiers ont en effet rythmé le dernier dimanche à Wimbledon entre 2006 et 2008. Si les deux premiers duels avaient tourné à l’avantage du plus âgé des deux protagonistes, difficile d’oublier la finale de 2008, qui avait vu la victoire de l’Espagnol (9-7 au cinquième set), et qui avait été considérée par beaucoup comme le match du siècle.


Après sa victoire à Roland-Garros, le n°2 mondial mène désormais 24-15 dans les faces à faces. Une 40ème confrontation qui aura par ailleurs son importance dans la course au plus grand nombre du titres du Grand Chelem qui fait rage entre les deux légendes. A l’issue de la rencontre de vendredi, Roger Federer ou Rafael Nadal tenteront de décrocher respectivement leur 21ème ou 19ème Grand Chelem, face au vainqueur de l’autre demi-finale opposant Novak Djokovic à Roberto Bautista Agut.

Au vu du niveau de jeu produit par les deux hommes depuis le début du tournoi, et compte tenu de la relative lenteur de la surface, on a tendance à penser que Rafael Nadal part favori de ce duel. L’Espagnol, qui se prépare depuis plusieurs semaines sur la surface, a très tôt annoncé avoir l’ambition de se mêler à la bataille finale à Londres. Véritable rouleau compresseur depuis le début du tournoi, le protégé de Carlos Moya aura les clés s’il parvient à se montrer efficace dans le domaine du service/retour, ce qui devrait dans ce cas à priori lui permettre de prendre le contrôle de l’échange.  De plus, le fait que le gazon s’use de plus en plus au fil du tournoi ralentira encore davantage la surface, ce qui permettra à Nadal d’évoluer sur sa ligne de sol préférée, et de pouvoir défendre les points sans nécéssairement être pris de vitesse par le Suisse.

Vous l’aurez compris, Roger Federer devra absolument se montrer hyper agressif s’il veut s’en sortir. Cela passera notamment par un bon pourcentage de premières, et par des montées au filet d’une grande précision. Alternant le bon et le moins bon depuis le début du tournoi, il devra réaliser une copie parfaite s’il veut battre “Rafa”.

Globalement, et sur le format d’un match au meilleur des cinq sets, Rafael Nadal semble avoir un léger avantage sur Roger Federer. Néanmoins, l’aura d’un Centre Court qu’il connaît par coeur, et la surface, néanmoins, restent des atouts favorables à l’Helvète, qui visera une douzième finale à Wimbledon.

 

Crédit photo de l’image en Une : Telegraph

 

Grégoire ALLAIN 

A propos de l'auteur

Surnommé l'électron libre. Fan de Rafa, et heureusement car ce n'est ni l'OL ni le Stade Français qui satisfont mon capital victoires chaque week-ends. Bon sinon, je réussis quand même à être objectif dans mes articles, sauf quand il s'agit d'écrire sur pourquoi le PSG peut-il un jour gagner la Ligue des Champions.

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