Si la NBA va reprendre ses droits le 30 juillet, seulement vingt-deux équipes sur les trente qui constituent la Ligue rejoueront des matchs à Orlando. Ainsi, pour huit franchises, la saison est d’ores et déjà terminée, et il est l’heure d’en tirer le bilan. Aujourd’hui, retour sur la saison des Hawks d'Atlanta, une franchise qui a eu beaucoup de problèmes sur le terrain et dans les vestiaires.
Encore trop tôt pour voler
Une draft réussie et un été animé
Pour résumé l'été des Hawks, le mot “animé” correspond bien. Cela commence à la draft où Atlanta récupère le 4e et le 10e pick. Avec le premier, récupéré aux Pelicans et lui même récupéré des Lakers, ils choisirent DeAndre'Hunter, et avec le second ils sélectionnèrent Cam Reddish. DeAndre'Hunter sortait alors d'une saison remplie en NCAA avec les Cavaliers de Virginie où il remporte le titre universitaire, tandis que Cam Reddish arrivait comme une jeune pousse qui ne demandait qu'à grandir. Au second tour de la draft, les faucons s'octroyèrent également les services de Bruno Fernando, choisi en 34e position.
La Free Agency fera perdurer cette idée d'animation. Dans l'effectif principal, seuls Trae Young, John Collins et Kevin Huerter restèrent à la maison. Les autres s'en allèrent vers de nouveaux horizons en échange de quelques nouveaux joueurs. Résumé global de la Free Agency ci-dessous.
Départs | Prolongation | Arrivées |
Omari Spellman vers Warriors | Vince Carter | Jabari Parker en provenance des Wizards |
Taurean Prince vers Nets | Allen Crabbe en provenance des Nets | |
Alex Poythress vers Galatasaray | Chandler Parsons échangé contre Miles Plumlee et Solomon Hill avec les Grizzlies | |
Isaac Humphries vers Lakeland Magic | Evan Turner échangé contre Kent Bazemore avec les Blazers | |
Justin Anderson vers Raptors 905 | Damian Jones échangé contre Omari Spellman avec les Warriors | |
Dewayne Dedmon vers Kings | ||
Miles Plumlee vers Memphis | ||
Solomon Hill vers Memphis | ||
Jaylen Adams vers Erie BayHawks | ||
Kent Bazemore vers Portland |
Le vétéran Vince Carter prolongea également d'un an supplémentaire, une aubaine pour cet effectif extrêmement jeune.
Des faucons trop dociles
Toute cette saison ressembla beaucoup à la précédente : un duo d'attaque identique accompagné d'un groupe inexpérimenté et trop faible pour tenter d'accrocher une 8e place à l'Est, des victoires trop rares par rapport aux talents individuels de certains joueurs et surtout une défense digne des plus belles passoires trouvables dans le commerce. 28e defensive rating de la ligue, les Hawks ont réalisé plusieurs rencontres sans volonté défensive :
- Deux matchs avec plus de 150 points encaissés sans prolongation contre les Clippers et les Rockets.
- Deux matchs à 140+ points pour l'adversaire face au Thunder et aux Knicks.
- Neuf matchs à plus de 130 points encaissés.
Certaines fois, les points encaissés peuvent être oubliés car la victoire est présente, comme face aux Wizards (152/133) ou encore face aux Knicks (140/135). Néanmoins, cela ne fut pas le cas pendant la grande majorité de la saison.
Autre point noir des faucons, les shoots à 3 points : ils possèdent le pire pourcentage de la ligue dans ce domaine, avec seulement 33.3% de tirs réussis. Point essentiel dans le basket moderne, l'équipe doit avoir un meilleur pourcentage de réussite à 3 points si elle veut avoir l'ambition de jouer les playoffs.
Dernier point négatif, la suspension de John Collins. Dès le début de saison (le 5 novembre), les hommes de Llyod Pierce se sont retrouvés privés d'un de leurs meilleurs atouts. Pour rappel, John Collins a été contrôlé positif à un test anti-dopage pour consommation d'hormone de croissance.
Trae Young le rayon de lumière
Heureusement, Trae Young était là pour donner envie aux téléspectateurs de venir voir jouer son équipe. Son jeu est limpide, spectaculaire, facile. Il enflamme les salles et ses stats sont juste phénoménales pour un joueur de son âge (voir plus bas). Il est le baromètre de sa franchise à seulement 21 ans. Néanmoins, cela devient une faiblesse car Atlanta est trop dépendant de Trae Young et ne possède aucun plan B, C ou D : si le joueur n'est pas dans un bon jour, alors l'équipe est sûre de perdre.
Avec cette fin de saison prématurée, les Hawks finissent la saison avec un bilan de 20 victoires pour 47 défaites. La fin de saison s'annonçait plus clémente pour nos petits faucons mais une pandémie en a décidé autrement.
Clint Capela le sauveur ?
En février, la veille de la Trade Deadline, un maxi échange a eu lieu. Pour Atlanta, il s'agissait de récupérer Clint Capela en provenance de Houston. Un joueur expérimenté, toujours dans la force de l'âge et qui complète parfaitement le duo Trae Young/John Collins. Il va pouvoir aider ce groupe très (trop ?) jeune à se développer et à capitaliser sur des victoires. Le suisse n'a pas encore foulé un parquet avec le maillot de sa nouvelle franchise, mais les Hawks pourront compter sur ce renfort de qualité l'année prochaine.
Les trophées de la Rédac :
Le MVP : Trae Young le roi des faucons
Comment passer à coté de Trae Young cette année ? Pour sa deuxième année en NBA, le jeune meneur a confirmé qu'il pouvait porter son équipe. Culminant à des stats exceptionnelles (29.6 pts, 4.3 rbd, 9.3 assists), Trae Young représente l'espoir à Atlanta. Positionné au centre de son équipe, une victoire des Hawks repose essentiellement sur la performance de l'américain. La consécration pour lui arriva en février 2020 où il devint All-Star. Toutefois, cette sélection dans le match des étoiles divisait les analystes. Tout le monde reconnaissait son talent individuel, mais cela ne se traduisait que trop rarement en victoire. Malgré quelques petites blessures à la cheville, Young a joué 60 matchs sur 67 avec une moyenne de 35.3 minutes par match.
La saucisse : John Collins l'irresponsable
Il est peut-être surprenant de voir John Collins en tant que “saucisse” de cette équipe. En effet, son statut dans cette équipe est d'être le N°2, le bras droit, le lieutenant, le frère d'armes de Trae Young. Justement, avec ce statut et dans une équipe qui a besoin d'avoir tous ses meilleurs joueurs à disposition pour espérer un résultat favorable, on essaye de rester clean. Le 5 novembre 2019, John Collins est annoncé positif à un contrôle anti-dopage : une hormone de croissance se trouve dans l'échantillon du test. Cette faute lui vaudra 25 matchs de suspension, pénalisant grandement sa franchise. À ce moment-là, les Hawks rêvaient de playoffs dans un bas de tableau de conférence Est prenable. Néanmoins, sans son lieutenant, cette possibilité repartait dans le monde des rêves.
Le +/-
+ : Le jeu de Trae Young
– La défense
Et la saison prochaine ?
L'avis de la rédac
Comme évoqué tout au long de l'article, les deux éléments à renforcer pour la saison prochaine et pour le futur des Hawks sont la défense et le banc. Pour n'importe quelle équipe il n'est pas possible d'avoir une défense si fragile et si facilement pénétrable. Cette progression passera assurément par de l'entraînement, un gain de maturité de certains joueurs et du recrutement. Deuxième point à régler, l'entourage de Trae Young. Bien qu'il soit un des jeunes les plus talentueux de la ligue, il ne peut pas faire tout le travail seul : il faudra donc lui trouver des coéquipiers sur lesquels il pourra miser. John Collins et Clint Capela forment déjà un bel élément de réponse, mais il faudra trouver une profondeur de banc pour que les titulaires puissent se reposer sans que le terrain se transforme en portes ouvertes pour l'attaque adverse.
Une saison bien triste pour les Hawks qui n'arrivent pas à décoller du fin fond de la conférence Est. Le talent individuel de Trae Young est noyé par les défauts et l'inexpérience de ses coéquipiers et il faudra impérativement trouver des solutions. L'arrivée de Clint Capela peut et doit faire avancer ce groupe avec un énorme potentiel qui ne demande qu'à être exploité.
À suivre : Le bilan des Detroit Pistons