Ligue 1

Si la NBA va reprendre ses droits fin Juillet, seulement vingt-deux équipes sur les trente qui constituent la Ligue rejoueront des matchs à Orlando. Ainsi, pour huit franchises, la saison est d’ores et déjà terminée, et il est l’heure d’en tirer le bilan. Aujourd’hui, zoom sur les Cleveland Cavaliers cuvée 2020.

An II après LBJ :

Une intersaison (trop) calme :

Si les Cavs sont en reconstruction, le Front Office a décidément du mal à faire des mouvements qui s’imposeraient pourtant pour repartir réellement sur un nouveau cycle. Avec les seules arrivées de joueurs draftés (Darius Garland, Kevin Porter Jr et Dylan Windler), l’effectif de la franchise de l’Ohio paraissait dès le début totalement déséquilibré entre des jeunes pleins de potentiel à l’arrière (Sexton, Garland) mais avec un jeu un peu trop similaire, des intérieurs qui étaient plus proches de la retraite que de leurs meilleures années (Thompson, Love) et… rien (ou presque) au milieu.

Au final, le seul vrai changement dans cette équipe fut l’arrivée du charismatique coach John Beilein en provenance de l’Université du Michigan. Âgé de 67 ans mais sans aucune expérience de la NBA, Beilein était un véritable pari, même si sa science du jeu, son calme et son habitude des jeunes joueurs plaidait véritablement en sa faveur.

Un manque de concurrence flagrant :

Le début de saison des Cavs allait donc s’organiser autour d’un 5 majeur Sexton – Garland – Osman – Love – Thompson. Un 5 qui, bien qu’assez complémentaire, allait souffrir d’un manque de concurrence beaucoup trop impactant pour des jeunes qui ont souvent besoin de se sentir poussés dans leurs retranchements pour réellement progresser. Résultat, un début de saison en dent-de-scie et surtout aucune étincelle laissant paraître un espoir de renouveau. Pire, les hommes de Beilein enchainaient les débâcles (143-101 à Dallas, 141-94 chez les Sixers ou encore 127-94 à domicile face aux Pistons) sans que les joueurs ne se remettent en question, ni que leur coach ne donne réellement sa chance au banc.

Tant et si bien que les tensions commencèrent à se faire sentir et que les relations entre jeunes loups insouciants et rescapés du titre de 2016 se tendirent. En décembre, Cleveland tente donc de provoquer un électrochoc et tombe d’accord avec Kevin Love pour un trade. Mais le contrat du champion 2016 et les demandes du Front Office font peur et les prétendants ne se bousculent pas au portillon. Ainsi, le numéro 0 terminera finalement la saison sous le maillot des Cavaliers malgré des envies de départ et un mal-être étalé dans la presse.

La faillite du système Beilein :

Arrivé avec une réputation de formateur hors-pair, Beilein semblait avoir le profil parfait pour amener les jeunes joueurs fraîchement draftés (assez haut d’ailleurs) à exprimer pleinement leur potentiel. Mais le passage de l’université à la NBA est un cap difficile à encaisser, même pour les coachs, et le style Beilein agaça vite au sein du vestiaire. “Méthodes de dictateur”, “inadapté au jeu NBA”, “incapable de changer ses principes de jeu”, les fuites dans la presse sont nombreuses et la cassure inévitable. L’affaire du “lapsus” (Beilein expliquera avoir malencontreusement employé le mot « thugs » pour « slugs », soit « voyous » à la place de « limaces ») finit de mettre le feu aux poudres et le coach, incapable de créer une relation avec ses jeunes ni avec ses vétérans, déposera finalement sa démission en février, pour être remplacé par JB Bickerstaff, qui était jusqu’alors son adjoint.

Nouveaux visages, nouveau départ ?

Avec Bickerstaff en tant qu’Head Coach et l’apport d’Andre Drummond, fraîchement arrivé (voire expédié) des Pistons, Cleveland se met à croire à nouveau à une reconstruction dans de meilleures conditions. Autre motif de satisfaction, Kevin Porter Jr qui, en même temps que son temps de jeu, a vu ses stats s’envoler et son impact sur le jeu des Cavs grandir avant que le COVID-19 ne vienne mettre un frein à sa progression. Résultat : entre la nomination de JB Bickerstaff le 19 février et le lock-down dû à la crise sanitaire, la franchise de l’Ohio affiche un bilan presque à l’équilibre (5V-6D) et semble avoir retrouvé un peu de calme et de stabilité.  Prolongé dans ses fonctions dès la fin mars et désormais engagé sur la durée aux Cavs, celui qui avait jusqu’alors effectué la totalité de sa carrière comme assistant va pouvoir se concentrer sur la reconstruction de l’effectif qu’il pourra façonner à sa façon.

Les Trophées de la Rédac :

Le MVP : Collin Sexton

Il est LE nouveau visage de la franchise, le fer de lance de la nouvelle génération de joueurs qui devra ramener les Cavs en Play-offs. Statistiquement impressionnant, le meneur-arrière (on ne sait plus très bien en fait) tourne à plus de 20 points de moyenne, et surtout a terminé la saison sur les chapeaux de roues sous la houlette de Bickerstaff (30 points de moyenne sur les 8 derniers matches de la saison). Dans le jeu, s’il s’est avéré être un dribbleur et un attaquant hors-pair pour son âge. Néanmoins, Sexton doit apprendre la sobriété et brider son côté un peu trop “showman”. Dans une équipe comme Cleveland en manque de leaders techniques et offensifs le profil peut passer, mais il pourrait également vite agacer s’il ne fait pas plus d’efforts pour le collectif.

La saucisse : Cedi Osman

Plus qu’une saucisse (parce qu’on aurait pu citer Kevin Love pour son comportement ou Matthew Dellevadova), nous voulions ici pointer une déception. Prolongé en début de saison pour quatre années supplémentaires, Cedi Osman n’a pas répondu aux attentes placées en lui. Titulaire à l’aile après une saison 2018-2019 pleine de promesses, le Turc semble avoir régressé (certes peu aidé par un collectif assez calamiteux) et n’a pas su élever son niveau de jeu, affichant des stats inférieures à celles de la saison passée dans toutes les catégories. Avec l’éclosion de Porter Jr quelques semaines avant l’arrêt de la compétition, Osman a du souci à se faire pour sa place dans le 5 majeur.

Le +/- :

Le + : l’arrivée de Drummond

Le – : L’association Sexton – Garland

Collin Sexton et Darius Garland, deux talents brut pas forcément faits pour jouer ensemble…
Credits : cavaliersnation.com

Et la saison prochaine ?

Andre Drummond l’a annoncé récemment, il va lever l’option et prendre sa dernière année de contrat avec les Cavs (avec un salaire pareil, pouvait-il en être autrement). Cleveland va donc disposer d’une nouvelle arme de destruction massive pour la saison 2020-2021. Si Collin Sexton continue sa progression et que la draft (Cleveland devrait, sauf cataclysme, obtenir un choix très haut) et le recrutement sont bien gérés, Cleveland pourrait proposer beaucoup plus à ses supporters dès la saison prochaine. Avec les fin de contrat de Tristan Thompson (18,5M$/an) et Matthew Dellavedova (9,5M$), le front-office va pouvoir dégager de la masse salariale pour attirer des free-agents dignes de ce nom et ainsi donner un nouvel élan à la franchise..

L’avis du fan et de la rédac

@CavsFRA : (à suivre sur Twitter et cavsfrance.com) :
La saison a été décevante…. Encore.
La greffe John Beilein a été catastrophique. Il y a encore eu beaucoup de drama. Et le pire a été le cirque autour de Kevin Love. Au niveau des joueurs , Sexton a montré du bon à la fin mais son début de saison a été difficile. Garland revenait de 8 mois ou presque de blessure donc compliqué. La grosse satisfaction a été Kevin Porter Jr qui a montré un talent hors norme et qui doit être la pierre angulaire de la reconstruction.
Par contre, la question reste le Front-office qui vient de gérer deux drafts bizarrement (ndlr. Sexton alors qu’il y avait encore d’autre gros prospects, la sélection de Garland alors que tout le monde savait qu’il ne pouvait pas jouer avec Sexton)
On a du talent mais le roster est construit à l’envers, tout simplement.

La rédac :
“On s’attendait à rien, mais on est quand même déçus”, cette phrase, plagiée d’un grand philosophe de notre temps (Dewey, le frère de Malcolm pour les trop jeunes), pourrait parfaitement résumer notre ressenti sur la saison des Cavs. En reconstruction depuis le départ de LeBron James, Cleveland va devoir passer la vitesse supérieure pour éviter de rester englué en bas de tableau.

Bref, une nouvelle saison à oublier dans l’Ohio. Même si on savait que la période post-LeBron serait difficile à digérer, Cleveland continue de décevoir et la gestion de la franchise  ne s’apparente plus vraiment à ce que l’on est en droit d’espérer. Entre choix hasardeux, scandales et tensions entre joueurs, 2019-2020 ne restera certainement pas dans les annales des Cleveland Cavaliers.

À suivre : le bilan des Minnesota Timberwolves

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