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Clermont : la montée, un rêve qui peut devenir réalité ?

Doyen de la division et présent dans l’antichambre de l’élite depuis 2007, le Clermont Foot peine à jouer la montée depuis des années. Le club auvergnat, qui entame sa dix-neuvième saison en Ligue 2, va devoir montrer du caractère pour enfin espérer la Ligue 1 en 2020. Et cela devra se faire sans Mathias Pereira Lage et Florian Ayé…

Incubateur de talents, mais en stagnant en Ligue 2

Depuis des années, Clermont base sa force dans la formation de jeunes prometteurs ou d’ex-joueurs de Ligue 1 libres de tout contrat. Ces 5 dernières années, 13 joueurs ont signé pour des clubs de Ligue 1. Parmi eux, nous pouvons compter Matias Pereira Lage, Yanis Salibur, Damien Da Silva ou encore Pierrick Capelle. Une formation solide et une stratégie de recrutement louable. Cependant, trop de ces joueurs partent gratuitement et n’engrangent aucun profits. Ce qui rend compliqué les facultés de renforcement de qualité pour le club.

L’équipe est passée par des phases d’instabilité dans les résultats. Depuis cinq ans, Le CF termine trois fois en haut de tableau. Et quelle particularité me direz-vous ? A chaque fois, Clermont était en phase de jouer la montée. Jamais loin du podium, mais incapable de tenir lorsque les joueurs sont proches du but. Et la statistique parle d’elle-même. Sur les trois années énoncées précedemment, le club n’a pas réussi à garder une place en haut tableau la semaine suivant celle où l’équipe a pu grimper au classement. Pour être plus clair, prenons un exemple : l’année dernière, Clermont fut placé 4ème tout au plus sur la saison lors de la 21ème journée après une victoire 2-1 contre Metz. La journée suivante, le club perd et enchaîne 5 matchs sans victoire et dégringole à la 9ème place. Après avoir remonté d’une place, le club n’arrivera pas à remonter plus haut, et terminera même 10ème. Le constat est le suivant : chaque année, le club n’arrive pas à tenir sa bonne position plus d’une semaine…

En 2020, il faudra montrer du caractère

Durant ce mercato estival, qui est loin d’être terminé, le club a perdu trois de ses cadres de la saison d’avant. Mathias Pereira Lage, parti à Angers pour 1,5M €; Florian Ayé, direction Brescia pour 2M € (3ème plus grosse vente du club, le 1er étant Romain Alessandrini pour 2,5M €) et Franck Honorat, parti à Saint-Etienne, qui l’avait prêté une saison supplémentaire après son achat pour 2M €.

Les meilleurs éléments offensifs du club ont pris leur envol, et désormais qui va les remplacer ?

Pour répondre à cette question, il suffit de regarder les acquisitions du mois dernier. Adrian Grbic, désormais ex-attaquant d’Altach en Autriche, va remplacer Ayé. Jim Allevinah, ailier du Puy, et Alassane N’Diaye, déjà au club, vont prendre le poste de Franck Honorat. Pour ce qui est du 10/8, c’est Jason Berthomier qui va assurer l’intérim dans un poste qui lui convient mieux. Pour compléter ces renforts dans le secteur offensif, David Gomis sera titulaire sur l’aile gauche et Julio Donisa comme remplaçant en pointe. Des paris et des joueurs ayant déjà des matchs de Ligue 2 dans les jambes.

Sur ces deux matchs de Ligue 2, on a pu déjà remarquer quelques automatismes se créer en Ligue 2, et certains joueurs se montrer décisifs. Tout cela est prometteur, mais attention à ne pas s’enflammer. Ce n’est que le début de la saison; et il faut espérer que cela ne soit pas un départ forcé qui explosera en vol.

Quid des autres postes ?

Pour les cages, nous avions prédit que Mehdi Jeannin serait titulaire. Cependant, Maxime Dupé est arrivé en prêt depuis. Un revirement de situation qui permet de connaitre la hiérarchie pour cette année.

Du côté de la défense, qui alternait entre le bon et le mauvais toute la saison, un nouveau binôme avec Florent Ogier se dessine. Cédric Hountondji sera titulaire, et en deux matchs, il commence déjà à présenter de belles choses. La rotation des latéraux dans ce 4-2-3-1 laisse présager de belles choses comme de grosses boulettes. Pour le moment, tout va dépendre du schéma final voulu par Pascal Gastien, qui l’on espère, cette fois-ci, aura trouvé la recette pour mettre fin à cette irrégularité dans les résultats.

Quels leçons tirer de ces échecs successifs ?

Trop d’individualités en dépit du jeu collectif

Si le constat était déjà possible sous Corinne Diacre, il est encore plus flagrant chez Pascal Gastien. Le coach Clermontois laisse trop de liberté créative à ses joueurs et cela met en danger le schéma tactique de l’équipe. De ce fait, beaucoup de joueurs se permettent de jouer sans se soucier des consignes et aller au-delà de ce que souhaite le technicien auvergnat. C’est pour cela que l’on voit tous les ans quelques joueurs faire de l’ombre au reste de l’effectif.

Trop d’instabilité dans le onze de départ

A l’instar de plusieurs formations du championnat, Clermont lance énormément de joueur sur la pelouse. Beaucoup manquent de  rythme, n’ont pas suffisamment de temps pour être performants voire certains jeunes sont envoyés au charbon. L’avantage de l’effectif, à l’heure actuelle (le 6 août), c’est que tous les postes sont doublés et permettent d’éviter de posséder un effectif pro trop vaste. De ce fait, cela permettra des rotation plus performantes et riches. Une bonne chose de faite

Un prêt c’est bien, mais à petite dose

Autre problème rencontré ces dernières années, le nombre excessif de prêts de jeunes en provenance de clubs de Ligue 1 et consorts. La plupart du temps, ces choix s’avèrent prolifiques, mais sur la longue durée, n’apportent aucune stabilité au club. On le voir avec le poste de gardien, souvent source de recrutement éphémère. Cette année, seulement un prêt concerne l’équipe première pour le moment. Le second, Salis Samed, inconnu au bataillon, est indéterminé. Un nouveau souci de réglé, et équilibré.

Si l’équipe ne tient pas une saison, changement de préparation physique ?

Pour éclairer ce point, la faute n’est pas à remettre sur le staff clermontois. Ce serait insultant et nous ne possédons pas les compétences pour nous permettre d’émettre un procès d’intention. Pour ce qui est de constater, on remarque que beaucoup de joueurs ont une baisse de performances notables au fur et à mesure que la saison s’éternise. Peut-être est-il question de problème de préparation physique ? C’est une question à se poser, mais laissons les experts faire le travail. Avec respect, bien entendu.

Pour conclure : attendons encore avant de juger hâtivement

Seulement deux journées de Ligue 2 ont eu lieu. Sachant que Clermont est une des équipes qui réussit le mieux ses entames de Ligue 2, il faut espérer que cette dynamique dure le plus longtemps possible. A force de truster le haut de tableau sans réussir à le tenir, Clermont doit franchir un cap. Et cela passe par des ambitions à la hauteur du niveau de l’effectif sur le papier et sur le terrain. Après douze ans passés dans l’antichambre de l’élite, la seule issue possible est de tout donner pour grimper le Mont Ligue 2 pour entamer celui du Mont Ligue 1.

Mais pour autant, ne nous enflammons pas. La saison débute à peine, et il est encore trop tôt pour croire en un objectif ou une dynamique durable. Laissons le temps passer, et dans deux ou trois mois, il sera peut-être temps de reparler de ce club, qui passionne la Ligue 2, mais qui mérite de connaitre plus haut.

Crédit photo en Une : La Montagne



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