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Deux derbys Saint-Étienne – Lyon dans l’histoire

Alors que se profile un nouveau derby entre les Lyonnais et les Stéphanois, la dernière décennie de derbys a pondu de sacrés matchs. Alors que la première dizaine d’années du derby était totalement à l’avantage des Gones, Saint-Étienne a su se positionner à nouveau dans ce match historique, glanant plusieurs victoires depuis une dizaine d’années. Retour sur deux derbys historiques.

Lyon 0-1 Saint-Étienne – 25 septembre 2010

N’ayant pas gagné dans le derby depuis avril 1994, les Stéphanois se déplacent à Gerland avec une certaine appréhension. Cependant, à l’époque, les Verts sont en tête du championnat, ont démarré très fort la saison et arrivent en position de force. Dans le même temps, la saison lyonnaise est plus compliquée, et la pression sur Claude Puel grimpe progressivement, avec notamment un Yoann Gourcuff qui peine à justifier son énorme transfert de l’été. Avec une seule victoire contre Brest et trois défaites lors des premiers 6 matchs de la saison, l’Olympique lyonnais est déjà en danger. Après avoir concédé le titre à Bordeaux puis à Marseille, les années de gloire à Gerland semblent loin.

Christophe Galtier était arrivé quelques mois auparavant, pour remplacer Alain Perrin sur le banc en décembre 2009 alors que les Verts sont en grand danger de relégation. Il finit par les sauver, en glanant une 17e place. Malgré la défaite lors de la 1re journée contre Paris, Saint-Étienne arrive à Gerland pour ce 100e derby de l’histoire avec 4 victoires de rang et un Dimitri Payet en très grande forme. Avec Emmanuel Rivière, Bakary Sakho et Aubameyang, il forme une attaque très intéressante, qui permettra au club de finir 10e en fin de saison, inespéré la saison précédente.

Les deux effectifs sont de qualité avec d’un côté Loïc Perrin et Matuidi contrôlant le milieu de terrain, alors que Lyon compte d’autres internationaux français tels que Lloris, Toulalan ou Briand, et le Bosniaque Pjanić. Passé dans l’équipe adverse, l’ancien Stéphanois Bafétimbi Gomis mène l’attaque des Gones également. Ce sont justement les locaux qui dominent tout le match, frappant notamment trois fois les montants. Payet sauvera les siens sur la ligne à deux reprises également, permettant à Jérémie Janot de garder sa cage inviolée malgré les 28 tirs des Gones, contre seulement 5 des visiteurs.

Finalement, en fin de match, alors que Lyon venait d’avoir un but de Gomis annulé pour hors-jeu, ce sont les Verts qui prennent l’avantage. Un tacle non maîtrisé de Källström emporte Perrin au sol, donnant un coup franc côté droit. Spécialiste en la matière, Payet prend le ballon et le propulse dans la lucarne droite de Hugo Lloris, qui touche malgré tout le ballon sur son chemin vers les filets. Ce ne sera pas assez pour sauver les siens, et Payet peut aller célébrer son but historique devant le parcage Vert dans un Stade Gerland glacé. Les visiteurs remportent leur premier derby depuis 16 ans, un moment d’histoire pour Galtier et ses hommes. En bon président, Jean-Michel Aulas ira parler après le match au virage nord de Gerland et lâchera une phrase devenue mythique : « Nous avons perdu contre Saint-Étienne pour la première fois depuis seize ans. Nous jouons en Ligue des champions alors que les Stéphanois la disputent sur PlayStation ». Sacré Jean-Michel. Un supporter des Verts viendra lui livrer une PlayStation lors du match retour en tribune présidentielle, avant que ses joueurs remportent ce derby 4-1. Un moment d’histoire dans ce choc.

Saint-Étienne 0-5 Lyon – 5 novembre 2017

Alors que les Gones ont refait le même score la saison passée, cette « manita » reste un peu plus dans la mémoire car accompagnée des supporters à Geoffroy-Guichard. Tout ou presque a changé depuis la victoire stéphanoise en 2010, sauf les présidents. Loïc Perrin est le rare rescapé mais il est absent ce soir-là. Óscar Garcia est sur le banc des locaux, alors que Bruno Genesio mène les Lyonnais. Les dynamiques sont également très différentes, avec des Lyonnais en bien meilleure forme. Vainqueurs notamment de Monaco et larges vainqueurs de Troyes et Strasbourg, la seule défaite au Parc des Princes a terni leur bon début de saison à l’approche de cette 13e journée. Les 3 défaites et 3 nuls de Saint-Étienne inquiètent cependant, avec un rodage moyen des stars de l’équipe telles que Cabella et Hamouma. Le bon début de saison de Jonathan Bamba permet aux Verts de pas plonger trop bas dans le classement.

En ce mois de novembre glaciale, l’ambiance chaude de Geoffroy-Guichard invite les 22 acteurs à un combat acharné. Les supporters des Verts déchanteront cependant assez rapidement. Malgré une bonne occasion pour Hamouma, qui bute sur Lopes dans un face-à-face, les 75 autres minutes du match seront à sens unique. Sur le corner qui suit cette action, Hamouma loupe complètement le coup de pied arrêté et se claque en tirant le corner. Il offre une occasion en or aux Lyonnais qui partent à l’attaque avec Fékir et Memphis Depay. Le Néerlandais finira un contre parfait par une frappe ajusté entre les jambes du défenseur. En moins d’une minute, le match se retourne complètement. Quelques minutes plus tard, Fékir récupère le ballon dans sa moitié de terrain et fonce tout droit vers le but de Ruffier. Pas pressé par Lacroix, le capitaine des Gones fusille le portier stéphanois d’une frappe limpide du gauche dans le soupirail. 2-0 à la mi-temps.

Le gaucher sera à nouveau au cœur de l’action lorsque Léo Lacroix le tacle très lourdement sur le bord de la touche, résultant en l’expulsion du défenseur suisse. Les espaces s’agrandissent, les visiteurs ne se gênent point et marquent un 3e but par l’intermédiaire de Mariano Díaz. Après une super ouverture d’Aouar, Tete délivre un centre parfait au second poteau pour le Dominicain qui finit dans le but vide et part célébrer devant les supporteurs locaux, abasourdis. S’ensuivra un 4e but, cette fois de l’ailier burkinabé, Bertrand Traoré. Trouvé par Mariano sur l’aile droite, l’attaquant des Gones rentre pied gauche et enroule une frappe dans les filets de Ruffier, qui fait de son mieux pour éviter le naufrage inévitable de son équipe.

C’est finalement le 5e but qui sera le plus mémorable pour les supporteurs lyonnais. Non seulement il permet aux Gones de repartir avec une « manita », mais la célébration de Nabil Fékir rentrera directement dans le panthéon et l’histoire de cette rivalité. Servi à nouveau par Mariano, d’humeur altruiste ce soir-là, Fékir se retrouve face à face avec Ruffier. Prenant tout son temps pour envoyer le portier du mauvais côté, il frappe à gauche de Ruffier et marque son 2e but de la soirée. Retirant d’abord son brassard, il retire ensuite son maillot pour montrer l’arrière du maillot avec son nom aux supporters des Verts, comme Messi à Bernabéu quelques mois auparavant. L’égo des supporteurs est blessé, ils envahissent le terrain et provoquent l’arrêt du match pour quelques temps. Nombreux diront que Fékir est allé trop loin, d’autres défendront la nature même du football, souvent accompagné de chambrage. Quoi qu’il en advienne, le match reste dans les annales de par le résultat et la célébration, et sera raconté aux enfants pour plusieurs générations.

Place au spectacle

Alors que les Gones semblent enfin arriver à mettre en place les idées de leur entraîneur Peter Bosz, les Stéphanois sont au fond du trou. Derniers au classement, 5 défaites et aucune victoire en 8 matchs, les heures de Claude Puel, encore lui, sont comptées. Une défaite ce soir, surtout si elle est large, pourrait fortement inciter les dirigeants à pousser Puel vers la sortie. Cela promet du spectacle. Début du match à 20h45.

Crédits images: BR Football Twitter

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