Sur un tracé qui semblait promis aux sprinteurs, la course s'est avérée bien plus nerveuse que prévue avec de nombreux risques d'averses, un tracé urbain piégeux et une tension au sein du peloton qui fut fatale pour certains coureurs. Au terme de cette étape, Caleb Ewan s'est imposé de manière magistrale dans un sprint sur une route étroite et légèrement en descente. Retour sur le scénario de l'étape et analyse de la victoire du coureur de Lotto-Soudal.
Un peloton nerveux qui ne donne aucune chance aux fuyards
Dans une étape où deux coureurs échappés prennent jusqu'à cinq minutes d'avance sur la tête du peloton, les équipes de sprinters vont rapidement ramener leurs équipiers sur les talons du duo Tagliani-Marengo à l'approche du sprint intermédiaire, alors que Fernando Gaviria prend quelques points dans cette course à la tunique violette.
Quelques kilomètres après avoir repris les coureurs de l'échappée matinale, le Suisse Simon Pellaud et l'Italien Davide Gabburo s'échappent pour prendre environ une minute d'avance sur un peloton très nerveux.

Le scénario restera le même jusqu'à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée, moment que choisit le Français Alexis Gougeard pour sortir du peloton et rejoindre les deux hommes de tête. L'avance n'est que de quinze secondes et le trio est repris à moins de 5 km de la ligne d'arrivée.

Un final piégeux et dangereux
Les cinq derniers kilomètres vont être décisif dans ce Giro sur une route urbaine avec de nombreux séparateurs centraux et éléments qui viennent perturber les cyclistes. Alors que le peloton est lancé à vive allure, un séparateur au milieu de la route est violemment percuté par Joe Dombrowski qui percute également le signaleur. Mais l'inquiétude est pour Mikel Landa qui a également chuté et qui ne parvient pas à se relever.

L'abandon semble inéluctable pour le Basque qui ne terminera pas l'étape mais en tête de la course les trains (réduits) des sprinteurs commencent à s'organiser, la Cofidis et la Lotto-Soudal en tête.

Roger Kluge fait un excellent travail pour son coéquipier Caleb Ewan alors que la majorité des prétendants à la victoire sont très bien placés dans la roue de leurs équipiers à l'instar de Peter Sagan ou encore Giacomo Nizzolo.
Le placement, l'arme de Caleb Ewan
D'abord lancé par les équipiers d'Elia Viviani, le sprint va se révéler être une vraie bataille entre gros braquets pour espérer passer la ligne d'arrivée en première position.

À moins de 800 mètres de l'arrivée, ce sont les coéquipiers de Tim Merlier qui roulent pour emmener leur sprinteur dans les meilleures conditions avant que Giacomo Nizzolo ne lance le sprint sur la droite de la route à 250 m de la ligne.

Comme on l'observe très bien sur cette image, Elia Viviani n'est pas très bien placé, presque enfermé à droite de la route alors que Peter Sagan, qui semblait un peu juste, ne peut même plus déborder le trio Nizzolo – Viviani – Ewan qui semble promis au podium.

Ce moment est alors décisif dans les choix des deux sprinteurs qui ont opté pour des braquets bien différents, un gros braquet pour Nizzolo contre un plus petit pour Ewan qui parvient à être plus véloce et à déposer le champion d'Europe pour s'offrir son premier succès sur ce Giro 2021.

La différence de vitesse entre les deux coureurs est importante et Caleb Ewan vient s'imposer en patron sur cette 5e étape.

Dans un sprint où Tim Merlier a déchaussé à 500 m de la ligne alors qu'il semblait le mieux amené pour s'imposer, Caleb Ewan est venu régler les cadors de la vitesse mondiale en se plaçant très bien dans les roues puis en déboitant sur le côté gauche pour déposer Giacomo Nizzolo. Bien plus puissant et intelligent tactiquement hier, Caleb Ewan vient s'offrir sa première victoire sur ce Tour d'Italie.
Crédit image en une : Getty Images