Le MotoGP fait son grand retour à Assen ce week-end, après une interruption d'un an due à la pandémie de coronavirus. En 2019, Maverick Viñales s'était imposé, tandis que le Français Fabio Quartararo avait signé la pole position, la troisième de sa carrière. Il avait alors terminé en troisième position, derrière le futur champion du monde Marc Márquez. Appelé “la cathédrale”, le tracé d'Assen est au calendrier chaque année depuis 1949. Disputée le samedi jusqu'en 2015, pour des motifs d'ordre religieux, la course est désormais le dimanche, comme tous les autres Grands Prix.
Assen, monument du sport motocycliste
Tracé historique (voir par ailleurs), le circuit d'Assen a changé plusieurs fois depuis sa première édition, remportée par Nello Pagani. L'Italien avait même réussi l'exploit de remporter la course en 125 cm3 et en 500 cm3 avec sa Mondial ! Aristocrate des années 50, il a par ailleurs concouru en Formule 1, sur une Mazerati. Autrefois, le Dutch TT se courait sur un tracé provisoire de 28,57 km, à travers des routes de campagne pavées de briques, et ce dès 1925. En 1955, le tracé permanent apparaît, long de 7,705 km. Cependant, en 2006, il subit de grosses transformations, le raccourcissant de près de 3 kilomètres. Aujourd'hui, le TT Circuit Assen est long de 4,555 km, pour 21 virages. Si certaines parties du tracé dites “historiques” par les puristes ont disparu, certains enchaînements plutôt techniques subsistent encore, comme la dernière chicane avant la ligne d'arrivée.
La ferveur des supporters néerlandais n'étant plus à prouver, le complexe est capable d'accueillir près de 100 000 personnes, avec plus de 60 000 places assises ! Absent des calendriers pour une raison évidente l'année dernière, le Grand Prix accueillera pas moins de 11 500 personnes cette année. Pas de quoi s'en satisfaire complètement, mais cela reste évidemment mieux que rien. Les chanceux qui ont obtenu leur sésame pourront enfin vivre le retour de “la cathédrale” sur place, et observer en direct l'un des plus beaux tracés de la saison de MotoGP. Pour la 90e édition du Dutch TT, l'édifice presque religieux ne pouvait sonner creux.
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Quartararo, la tête à l'endroit
Deux Français en tête du classement MotoGP, aussi loin que nous puissions nous en rappeler, ce n'est jamais arrivé. Et ce, que ce soit en 500 cm3 ou en MotoGP. Aujourd'hui pourtant, c'est bel et bien le cas. Zarco devant Quartararo d'abord, et maintenant l'inverse : la France est au sommet. Pour le plus grand bien de Canal+, diffuseur TV de la discipline, qui voit ses audiences exploser. Pour rester sur le plan purement comptable, le premier cité est à 22 points de son compatriote, après 8 manches. Le Français de chez Yamaha a d'ailleurs fait mieux que tous ses principaux concurrents le week-end dernier, finissant 3e derrière Márquez et Oliveira, décidément très en forme en ce moment. S'il avait complètement dévissé l'année dernière, finissant 8e au final, on sent le nouveau coéquipier de Viñales beaucoup plus concentré et mature cette année.
Pour le reste de la meute, rien n'est encore joué. Miller, d'ordinaire irrégulier, semble cette année très concerné. Bagnaia, son jeune compère, a lui perdu le rythme depuis maintenant trois courses, abandonnant même au Mugello. Mir, tenant du titre, est lui en embuscade, toujours prêt à surgir quand il le faut. Pour Rins, c'est en revanche bien plus compliqué. Avec Rossi et Petrucci, il fait partie des pilotes “huppés” en difficulté au classement.
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Que faire à Assen ?
La ville d'Assen, jumelée notamment avec Poznań, est la capitale de la province néerlandaise de Drenthe. Elle est notamment le lieu de naissance de Jan Meyer, peintre, lithographe et graveur de renom. Ses œuvres sont aujourd'hui encore exposées au musée de la Drenthe, qui se situe au sein de sa commune de naissance et qui est à visiter. Autre lieu culturel à faire : les archives de la Drenthe. Ce lieu regorge de documents, certificats, parchemins et cartes du monde éditées par le gouvernement ou par des entreprises privées. Cela intègre les archives du camp de réfugiés de Westerbork. Un centre du souvenirs y a été érigé, abritant un musée dont la collection relate de la vie à l'intérieur du camp.
Alors, “la cathédrale” fera-t-elle encore des siennes, en proposant un nouveau vainqueur différent ? Sur les quatre dernières éditions, aucun pilote n'a réussi à s'imposer plus d'une fois. Ce dimanche, un Français s'immiscera sûrement dans la lutte à la victoire finale. Et si l'heure de Zarco avait enfin sonné ?