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Les 30 Moments marquants de 2021 : Mark Selby, puissance 4

Après onze mois fournis en évènements sportifs, notamment à cause du report de nombreuses compétitions qui devaient avoir lieu l’an passé, le mois de décembre conclut un cru 2021 encore riche en émotions. De la septième bague de Tom Brady au titre de champion du monde de Fabio Quartararo en Moto GP, en passant par les Jeux olympiques et paralympiques, We Sport revient sur 30 moments marquants qui ont rythmé l’année civile. Aujourd’hui, retour sur le quatrième titre mondial de Mark Selby, encore une fois couronné au championnat du monde de snooker.

Une saison convaincante

À l’image de ce qu’il propose depuis plus d’une dizaine d’années, Mark Selby a réalisé une saison 2020/2021 une nouvelle fois très aboutie. En forme dès les premiers tournois de cette campagne, il a très vite donné le ton en remportant les European Masters, premier tournoi ranking de l’année, pour la première fois de sa carrière. Par la suite, l’Anglais enchaînera les places d’honneur : demi-finaliste lors de l’English Open et du Champions of Champions, puis sorti en quarts du premier tournoi de la Triple Crown, le UK Championship. Cette belle première partie d’année, celle des tournois ayant lieu en 2020, se conclura par une victoire du natif de Leicester au Scottish Open, réalisant le doublé après sa victoire dans le même tournoi l’année précédente.

Le passage à la nouvelle année effectué, Mark Selby va toutefois lever le pied. Éliminé dès le premier tour lors de The Masters, il ne passe même pas le tour de qualification lors des German Masters et voit sa route s’arrêter dès les quarts de finale aux Opens du Pays de Galles et du Players Championship, voyant même son chemin s’arrêter au troisième tour à Gibraltar. Seule éclaircie dans cet horizon quelque peu noirci, une finale (perdue contre Ryan Day) lors du Shoot Out. Néanmoins, malgré cette deuxième moitié de saison plus contrastée, il releva la tête juste avant les championnats du monde avec une demi-finale atteinte lors du Tour Championship, où il s’inclina face au futur vainqueur Neil Robertson. Une sorte de sursaut d’orgueil avant d’entamer le tournoi le plus important de la saison.

Un nouveau titre mondial

Depuis sa première participation en 2005, Mark Selby a peu à peu prouvé que les championnats du monde étaient l’un des évènements qui lui réussissait le mieux. En seize présences, il a glané trois titres mondiaux, participé à une finale supplémentaire et vu sa route s’arrêter deux fois dans le dernier carré. Si l’on ne regarde que ses performances récentes, le bilan est encore plus flatteur mais assez clivant : sur les sept dernières éditions, l’Anglais l’a emporté trois fois, a été éliminé au deuxième tour ou antérieurement également trois fois et a vu sa route être stoppée en demi-finale à une reprise. Lors de l’édition précédente, remportée par Ronnie O’Sullivan, il s’était justement incliné dans le dernier carré face au futur champion, dans une rencontre crève-cœur pour lui (défaite 17-16 après avoir mené 13 à 9 puis 16 à 14). 2021 sonnait donc comme l’heure de la revanche pour le champion du monde 2014, 2016 et 2017

Dérouler

Tête de série n°4 à l’aube du tournoi, Mark Selby est placé dans une partie de tableau assez dense où figure notamment le Nord-Irlandais Mark Allen, l’Écossais John Higgins, le Gallois Mark Williams ou encore le tenant du titre Ronnie O’Sullivan dans l’hypothèse où les deux hommes tiendraient bon jusqu’en demi-finale. Pourtant, l’Anglais ne va laisser aucune chance à ses adversaires jusqu’au dernier carré. Opposé au Norvégien Kurt Maflin pour son entrée en lice, il se montre impérial en ne concédant qu’un seul frame (10-1). Impérial, il le sera légèrement moins face à Mark Allen au tour suivant. Contre la tête de série n°13, Selby domine la première session (6-2), mais voit alors son adversaire revenir presque à hauteur après la deuxième (9-6), conservant tout de même une certaine marge. Il sera en revanche sans pitié pour conclure la partie, s’adjugeant quatre des cinq dernière frames afin d’assurer sa qualification (13-7).

En quarts, l’adversité avait tout pour monter d’un cran alors qu’il s’apprêtait à croiser le fer avec Mark Williams, vainqueur des WST Pro Series et finaliste de la Championship League dans les dernières compétitions précédents les mondiaux. Cepedant, le scénario fut tout autre et Mark Selby domina ce quart de finale de la tête et des épaules. Impressionnant de précision en début de partie, il termine logiquement la première session assez largement en tête (6-2), puis écrase Williams dans la seconde en remportant sept des huit dernières frames disputées (13-3). Qualifié sans même avoir besoin de la troisième session, l’Anglais dégageait une forme de puissance qui le plaçait, au vu des éliminations de pointures comme Ronnie O’Sullivan, Judd Trump et Neil Robertson (respectivement têtes de série n°1, n°2 et n°3 avant la compétition), en tant que grand favori à la victoire finale.

Une première frayeur

Sûr de sa force, Mark Selby se présenta en demi-finale pour affronter l’une des surprises du tournoi, son compatriote Stuart Bingham. Issu des qualifications, le champion du monde 2015 a profité d’une partie de tableau qui s’est peu à peu ouverte pour disposer consécutivement de Ding Junhui, Jamie Jones puis Anthony McGill pour rallier le dernier carré pour la deuxième fois de sa carrière, la première depuis son seul et unique titre mondial.

Si l’on devait résumer cette demi-finale en quelques mots, choisir « ping-pong », « séries » et « interminable » serait plus que relevant. Si Stuart Bingham prend la première frame, Mark Selby répond en prenant les trois suivantes et virer en tête à la moitié de la première session (3-1) : une avance de courte durée puisque Stuart Bingham empochera les trois suivantes et que Selby conclura ladite première session en prenant son ultime frame, remettant les deux hommes à égalité (4-4). Ce ping-pong se poursuivit encore et encore, personne ne réussissant réellement à se détacher : 5-5, 6-6, 9-9 puis même 13-13 et 14-14, les petites différences ne tiennent pas et rien n’est joué au début de la quatrième et dernière session.

Si Bingham avait légèrement pris l’ascendant avant ladite dernière session (11-13), c’est bien Mark Selby qui rentre dans la dernière ligne droite avec l’avantage. En remportant cinq des six frames suivantes, il se place en position de conclure (16-14) et met la pression sur son aîné. Stuart Bingham sauve alors une première balle de match (16-15), mais va souffrir d’une décision de l’organisation. À cause de la longueur de la session, où les deux joueurs ont pris leur temps, la rencontre est interrompue et ne reprend que trois heures plus tard : l’occasion parfaite pour Selby de terminer la partie, une occasion qu’il ne laissera pas passer en remportant la trente-deuxième frame 81 à 59. Pour la cinquième fois de sa carrière, The Jester from Leicester va disputer la finale des championnats du monde.

Du contrôle, de la maîtrise et une nouvelle couronne

Après sa défaite de 2007 et ses victoires de 2014, 2016 et 2017, Mark Selby retrouve Shaun Murphy pour sa cinquième finale mondiale. Tête de série n°7, le natif de Harlow a réalisé un parcours exemplaire. Tombeur de Mark Davis puis Yan Bingtao, il réalise son plus grand tour de force en quart de finale en s’offrant Judd Trump d’une courte tête (13-11). Déjà finaliste en 2009 et 2015 et champion du monde en 2005, il sécurise ensuite sa place en finale en venant à bout de Kyren Wilson, finaliste de l’édition précédente. Dans l’histoire, les deux hommes se sont affrontés à 42 reprises, pour 23 victoires de Selby et 17 de Murphy (et 2 nuls). Le dernier affrontement en date ? Une victoire de Mark Selby en demi-finale des European Masters 2020 (6-3), tournoi que ce dernier remporta par la suite.

En ouverture de la partie, Shaun Murphy se montra plus précis et remporta les deux premières frames, avant de manquer un empochage plutôt simple qui aurait pu lui permettre de mener 3 à 0. Profitant de cette imprécision puis surfant sur cette lancée, Selby empoche sa première manche puis égalise juste avant la pause de milieu de session (2-2). Retrouvant du rythme et de la confiance, c’est toutefois Murphy qui reprend les devants en remportant trois des quatre frames suivantes, concluant la première session en tête (3-5). Toutefois, cet avantage ne sera que de courte durée. Impérial lors de la deuxième session, The Jester of Leicester domine assez outrageusement et revient à 6-6, avant de passer devant pour terminer la première journée avec une petite marge d’avance (10-7). L’écart n’est pas rédhibitoire, mais Mark Selby vient de s’adjuger sept des neuf frames de la session.

De retour sur la table après une nuit de repos, Shaun Murphy prend la première frame mais craque sous la pression lors de la suivante en manquant la dernière boule noire, offrant la manche à son adversaire (11-8). Murphy se ressaisit juste derrière pour revenir une nouvelle fois à deux frames de Selby, mais ce dernier répond de la plus belle des manières en réalisant le premier cenutry break (107) de la finale. À chaque tentative de Shaun Murphy, Mark Selby semble en mesure de trouver une parade. Une impression qui durera jusqu’à la fin de la partie, car l’écart ne changera presque jamais. Les deux hommes s’échangent les frames jusqu’à la pause au milieu de la quatrième et dernière session (16-13), dernier répit avant le dénouement de cette finale. Dans la frame 30, Mark Selby récite son snooker et réalise un break de 120 pour s’offrir cinq balles de match (17-13). Si Shaun Murphy sauve les deux premières avec des breaks de 100 puis 102, Selby mettra fin au suspens dans la frame 33 en nettoyant la table. Pour la quatrième fois de sa carrière, Mark Selby est champion du monde.

Avec ce nouveau titre mondial, Mark Selby rejoint John Higgins au nombre de trophées remportés au Crucible Theatre, se plaçant cinquième parmi les professionnels les plus victorieux de l’ère moderne. Une performance qui renforce sa place dans la légende du snooker, lui qui n’a toujours pas fêté ses quarante ans. Rendez-vous demain pour la suite de notre série, sur l’unification des ceintures chez les super-moyens de Canelo Alvarez.

Crédit image en une : Getty Images

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