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Les 30 Moments marquants de 2020 : Ronnie O’Sullivan encore sur le toit du monde

Ronnie O'Sullivan

Dans une année où la pandémie mondiale de Covid-19 a chamboulé les programmations sportives et autres évènements planétaires (J.O, Euro, …), chaque sport a dû s’adapter pour survivre. Si 2020 restera une année morose pour bien des personnes, les douze mois qui la composent furent tout de même riches en émotions pour tout fan de sport. Du passage de la NBA à Paris aux records de Lewis Hamilton, en passant par les prouesses de Tadej Pogacar ou le Final 8 de la Ligue des Champions, la rédaction de We Sport revient pour vous sur les trente moments marquants de 2020. Aujourd’hui, retour sur le sixième titre mondial de Ronnie O’Sullivan en snooker.

Une saison particulière

Au cours d'une période où de nombreux sports ont vu leur calendrier chamboulé à cause de la pandémie mondiale de Covid-19, le snooker a été partiellement épargné. Concentrant la plupart de ses tournois majeurs entre les mois de Septembre et Mars, la saison 2019/2020 a presque pu se dérouler comme à son habitude. Néanmoins, après avoir pu disputer la plupart de son calendrier, le tour mondial a dû repousser l’évènement le plus important de la saison : le World Championship. Habituellement tenu entre la mi-avril et le début du mois de mai, il a exceptionnellement été décalé au mois d’août, un peu plus de quatre mois après la plupart des tournois comptant pour le World Ranking.

Avec ce changement de date du tournoi le plus important de l’année, la fin de saison de la grande majorité des joueurs a été repoussée. Parmi eux, on retrouvait bien évidemment Ronnie O’Sullivan, toujours présent sur le circuit à quarante-quatre ans (quarante-cinq depuis le 5 décembre). Toutefois, The Rocket a vécu une saison assez compliquée. Habituellement vainqueur a minima d’un tournoi sur le tour mondial avant de se rendre aux championnats du monde, il s’y est présenté fanny pour la première fois depuis la saison 2010/2011. Finaliste lors de l’Open d’Irlande du Nord et demi-finaliste au pays de Galles, il ne remporta qu’un seul tournoi (non-classé), à Shanghai, tournoi dont il était le tenant du titre. Pas forcément le meilleur moyen d’arriver en confiance pour tenter de décrocher un sixième titre mondial.

Une victoire éclair et une première bataille

Après de longs mois d’attente, le World Championship débuta finalement le 31 juillet 2020. Dans un Crucible Theatre partiellement rempli, les qualifications vont d’abord permettre à Brian Ochoisky de devenir le premier français à disputer les championnats du monde avant qu’Alexander Ursenbacher ne crée un petit exploit en devenant le premier suisse à se qualifier pour le tableau principal. Un tableau principal où plusieurs surprises survinrent dès le premier tour, avec l’élimination de de cinq têtes de série dont le n°4 mondial Mark Allen.

De son côté, Ronnie O’Sullivan n’a pas perdu de temps pour son entrée dans la compétition. Tête de série n°6, il fut opposé au thaïlandais Thepchaiya Un-Nooh, finaliste du World Open face à Judd Trump, et boucla l’affaire en seulement 108 minutes pour l’emporter 10-1. Un record de vitesse pour une rencontre au meilleur des dix-neuf manches et une impression de facilité laissée par le joueur anglais.

Au tour suivant, l’adversité monta d’un cran pour le Britannique qui fut opposé au chinois Ding Junhui, vainqueur du UK Championship plus tôt dans la saison. Absent des tournois depuis la découverte de la Covid-19, Junhui offrit une belle résistance tout au long de la partie. À égalité à la fin de la première session (4-4), les deux hommes remportèrent trois frames consécutives chacun leur tour puis se retrouvèrent à nouveau à égalité (8-8). Au terme d’un match d’une grande qualité, O’Sullivan trouvera finalement les ressources nécessaires pour l’emporter et s’imposa 13 à 10. Une victoire qui lui ouvrit les portes des quarts de finale pour la dix-neuvième fois de sa carrière, un record dont il est le seul détenteur.

Ronnie O'Sullivan

En difficulté pendant une partie de la compétition, Ronnie O'Sullivan a toujours su rebondir dans les moments compliqués. (Crédits photo : World Snooker)

Deux renversements et une qualification au mental

Avec une logique respectée dans sa partie de tableau, Ronnie O’Sullivan se retrouva confronté au gallois Mark Williams, trois fois champion du monde au cours de sa carrière. Contrairement aux deux rencontres précédents, l’Anglais va très vite se retrouver dans le dur. Après avoir mené 2-1, il va connaître un passage à vide et perdre les six frames suivantes. Toutefois, faisant preuve d’une grande force mentale, il va relancer la partie en remportant six des sept frames qui suivirent et revint à égalité (8-8). La suite fut nettement mieux gérée par O’Sullivan, qui réussit à se placer à une frame de la qualification pour le dernier carré (12-10). En position de l’emporter, il commit une erreur en n’empochant pas la boule bleue, mais profita d’un manqué de Williams quelques minutes plus tard pour remporter la vingt-troisième frame et s’imposer.

Qualifié pour en demi-finales pour la première fois depuis 2014, il y retrouva Mark Selby, triple champion du monde dont une fois en… 2014 face à Ronnie O’Sullivan ! Dans ce duel entre deux têtes d’affiche du circuit, O’Sullivan, de huit ans l’aîné de son adversaire, pris très vite la main en menant 5-1. Néanmoins, la tendance va vite s’inverser et Selby va prendre les devants. Après avoir remporté les deux dernières frames de la première session, il en gagne deux nouvelles pour revenir à égalité. Alors que O’Sullivan montre quelques signes de frustration, Selby déroule et obtiendra même un avantage de 13-9. À ce moment de la partie, Mark Selby vient de remporter douze des seize dernières frames. Si le natif de Wordsley réagit et se relance, il se retrouve finalement mené 16 à 14 et fait face à l’élimination. Cependant, les débats vont se rééquilibrer et O’Sullivan remportera les deux frames suivantes pour pousser le match vers une frame décisive qu’il remportera pour se qualifier en finale.

Dans l’autre partie du tableau, les choses furent beaucoup moins prévisible. Non-tête de série, l’écossais Anthony McGill déjoua les pronostics et se retrouva en demi-finales après avoir battu une autre surprise, le norvégien Kurt Maflin. Néanmoins, l’Écossais s’inclina à un tour de la finale face à Kyren Wilson au terme d’une frame décisive, qualifiant le joueur anglais pour la première finale de sa carrière. Une finale acquise après avoir réalisé l’un des plus gros upsets de la compétition en quart de finale, où il battit le n°1 mondial, champion du monde en titre et grand favori à sa propre succession Judd Trump.

Un titre en deux temps

Un surprenant novice face à un joueur expérimenté déjà champion du monde à cinq reprises, tel était le contexte de la finale de ce World Championship 2020. Vainqueur de quatre de leurs six dernières confrontations mais vaincu lors du Welsh Open 2020, Ronnie O’Sullivan prit rapidement la main. Profitant de quelques erreurs de Kyren Wilson, il prit la mesure de son adversaire lors de la première session de laquelle il ressortit avec une avance confortable (6-2). Alors qu’on semblait se diriger vers une domination du vétéran de cette finale, le jeune Wilson (28 ans) se reprit et offrit bien plus de résistance lors de la session suivante de laquelle il sortit vainqueur en remportant cinq frames. Encore derrière au score (10-7), Wilson semblait néanmoins en mesure de revenir dans cette finale.

Alors que les débats semblaient pouvoir être relancés et que Kyren Wilson remporta la première manche de la troisième session, la partie prit rapidement une toute autre tournure. Alors que Ronnie O’Sullivan montrait quelques signes de difficultés jusqu’ici, il va remporter sept frames consécutives pour terminer la session 3 et s’envoler dans cette finale (17-8). La tâche semble beaucoup trop complexe pour Wilson qui n’a désormais plus le droit à l’erreur et qui voit ses espoirs de titre mondial s’envoler. O’Sullivan sera sans pitié lors de l’unique frame de la quatrième session et n’aura besoin que d’onze minutes pour valider sa victoire, passant même tout proche du century break.

O’Sullivan remporte son seul et unique tournoi de la saison, le plus beau, et devient ainsi champion du monde pour la sixième fois de sa longue carrière.

Toujours plus dans la légende

Avec ce succès, Ronnie O’Sullivan rentre un peu plus dans la légende du snooker. Champion du monde pour la sixième fois de sa vie, il n’est plus qu’à une longueur de la légende Stephen Hendry, vainqueur du plus grand tournoi de l’année à sept reprises. Par ailleurs, ce succès lui offre un trente-septième succès dans un tournoi majeur, le plaçant seul en tête dans l’histoire devant ce même Hendry qui s’était arrêté à trente-six. O’Sullivan est également devenu à 44 ans et 254 jours le plus vieux vainqueur du World Championship depuis le gallois Ray Reardon en 1978, preuve que la longévité de sa carrière est inégalable.

Joueur fantasque, parfois qualifié d’irrespectueux ou de nonchalant, Ronnie O’Sullivan continue d’écrire sa légende avec un sixième titre de champion du monde. Que l’on soit fan du personnage ou non, force est de constater que l’Anglais est peut-être le meilleur joueur de l’histoire du snooker.

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