Les Dragsters, évolution du poste 1

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Ligue 1

Depuis les prémices de la NBA et même du basket en général, le poste de meneur est probablement celui qui a le plus changé, avec celui de pivot. De meneur gestionnaire qui dribble à une main, à scoreur pur ou passeur de génie, en passant par spécialiste défenseur ou meneur dans un corps d’ailier, tous les types de meneurs ont existé, et les meneurs ayant marqué l’histoire sont tous différents les uns des autres, n’est-ce pas Stephen et Magic ? Mais aujourd’hui, nous allons nous intéresser à un genre différent de meneur, qui déchainent aussi bien les passions que les foules, les dragsters. 

Pourquoi sont-ils si fascinants ? 

La vitesse. Les qualités athlétiques. La finition. Le scoring, mais aussi la polyvalence. Le spectacle. Voilà les grandes caractéristiques de ces joueurs spectaculaires qui ont commencé à apparaitre ces 20 dernières années en NBA. Pour beaucoup, ces joueurs dénaturent le poste même de meneur, et leurs arguments sont compréhensibles. Le “meneur” doit gérer le jeu et l’attaque, pas forcément tout prendre à son compte et scorer à foison pour eux. Cependant, le jeu évolue, les joueurs et leur physique aussi. Et c’est le cas pour les dragsters. Les joueurs qui changent les règles à leurs comptes ne sont pas toujours appréciés partout où ils passent, mais ce n’est pas pour rien qu’ils sont aujourd’hui de plus en plus nombreux et recherchés par les franchises NBA. Pour bien vous montrer la place qu’ont pris ce genre de joueurs en NBA et comment le jeu a évolué grâce à eux, voici quelques brefs portraits des principaux dragsters.

 

1) Spud Webb, le lutin précurseur.

1m70. Voici la taille de Spud Webb, ancien joueur d’Atlanta. Avec 10 points et 5 passes de moyenne en 11 années de carrière, il est loin d’avoir été le plus prolifique de ces joueurs sur-athlétiques, mais a tout de même fait une carrière très sérieuse pour un joueur de son gabarit. Mais ce qui fait la légende de Spud, c’est d’avoir remporté le concours de dunks de 1986, devant notamment son coéquipier Dominique Wilkins, l’un des meilleurs ailiers et dunkers de l’histoire. 

 

 

2) Penny, la révolution en marche.

Anfernee “Penny” Hardaway. Lorsqu’il est drafté par Orlando, son duo avec Shaq fait déjà peur à toute la ligue. Meneur de 2m01 mais qui pouvait aussi jouer arrière, Penny était rapide, athlétique, et tellement agile. Il possédait aussi une détente fulgurante lui permettant de monter sur n’importe quel joueur, même des pivots, et une intelligence de jeu exceptionnelle. Voir jouer Penny Hardaway était un privilège pour les yeux. Après 16 points lors de sa saison rookie, tous les visages étaient tournés vers lui. Capable ensuite d’ajouter 6 ou 7 rebonds et assists à ses 20 points, avec 2 interceptions, Penny Hardaway était le futur de la ligue. Malheureusement, vint le principal problème de cette classe de joueurs sur-athlétiques : les blessures. Une telle vitesse et détente chez un joueur entraine trop souvent des fragilités voire de vraies blessures, ce qui fut le cas pour Penny. Un genou abimé et les espoirs de voir Penny dominer la ligue disparurent. Encore aujourd’hui, il s’agit d’un “What If” qui donne quelques larmes aux fans. 

 

 

3) Baron Davis, le phénomène.

1m91, une véritable bouboule athlétique et fulgurante. Flashy, détonnant, le Baron était l’une des sensations du début des années 2000. En plus de ses capacités athlétiques, Davis était aussi un excellent passeur. D’abord à Charlotte, où il connut des débuts mitigés, puis à New Orleans et enfin à Oakland, où il deviendra le visage des Warriors aux côtés notamment de Jason Richardson, Baron Davis dépassera régulièrement les 20 points de moyenne, et tourne à près de 25 points en Playoffs, à grands renforts de drives rapides et de shoots efficaces. Son incroyable tomar sur Andrei Kirilenko, près de 15 cm de plus que lui, est resté dans la légende. Malheureusement, comme Penny et de nombreux autres joueurs de leur catégorie, sa carrière fut marquée de nombreuses blessures, nous empêchant de profiter pleinement de son talent.

 

 

4) Allen Iverson, la réponse.

Mais d’où viennent-ils ? Que peuvent donner ces joueurs petits mais tellement athlétiques ? A.I nous apporta la réponse. Alors oui, The Answer n’était pas un poste 1 de nature, malgré sa petite taille, il avait plus l’habitude de jouer arrière. Mais ne pas le citer dans les dragsters serait blasphématoire. Annoncé à moins d’1m85, le dragster des Sixers a compensé sa petite taille par un athlétisme rarement vu au sein même de la Ligue. Aussi connu pour son crossover, A.I était rapide, agile, et pouvait mettre des claquettes dunks sur des pivots de 20 cm de plus. Frêle, Iverson a marqué la Ligue de son empreinte, aussi bien par son jeu que par son impact culturel et médiatique. Mais A.I était avant tout un tueur sur le parquet. 4 fois meilleur marqueur de la ligue avec des pointes au-dessus des 30 points de moyenne, le talent offensif de la pépite brillait aux yeux de tous, et Iverson en a éclaboussé la Ligue, que ce soit à Philadelphie ou à Denver. Seul bémol : aucune bague de champion pour The Answer.

 

 

5) Derrick Rose, l’étoile éphémère.

Avec tout son talent, son athlétisme, sa vitesse, son explosivité et ses changements de direction, sa capacité à finir quelle que soit la situation, D-Rose méritait mieux. Tellement mieux. On parle ici du plus jeune MVP de l’histoire, avec les Bulls. Sélectionné en 1ère place de la Draft 2008 (qui contient un autre immense dragster dont nous reparlerons) D-Rose est élu Rookie of the Year, après une première année à près de 17 points de moyenne, puis est élu All-Star lors de sa saison sophomore. La saison de son sacre de MVP, Rose tourne à près de 25 points de moyenne, en portant les Bulls à 62 victoires à seulement, rappelons-le, 21 ans. À cette époque, pourtant pas si lointaine au regard des ans, Rose était absolument indéfendable, et était de plus très sérieux en Playoffs, emmenant les Bulls en finale de conférence face au Heat de LeBron. Mais c’est la saison suivante qui verra la carrière de la jeune star prendre un tournant tragique. Lors du premier match des Playoffs 2012 face aux Sixers, D-Rose se blesse seul au genou. L’IRM confirme les craintes : rupture du ligament croisé antérieur. Depuis, D-Rose, après une période de convalescence et de réadaptation au sein des Bulls, est passé par New York, puis Cleveland, avant de retrouver ses anciens coéquipiers et coach à Minneapolis. Plus de saison entière, plus de titularisations, le D-Rose d’aujourd’hui n’est plus que l’ombre de ce qu’il était il n’y a encore pas si longtemps. Une histoire triste, un gâchis immense, D-Rose, sans blessure, serait encore aujourd’hui l’un des meilleurs joueurs de la Ligue. 

 

 

6) Russell Westbrook, l’évolution ultime. 

Tout. Russell Westbrook, l’atypique meneur du Thunder, sait tout faire. Du haut de son 1m91 et ses 90 kg, le Brodie est l’aboutissement de cette classe de joueurs. Sélectionné à la 4ème place de la Draft 2008, derrière Derrick Rose, l’extraterrestre du Thunder combine création, vitesse, explosivité, leadership, dunks monstrueux, et est surtout le meneur le plus athlétique de l’histoire. Son agilité et sa vitesse, de même que sa capacité à finir, font de lui un attaquant hors-pair. En défense, il n’est pas en reste, son physique lui permettant de défendre les meilleurs arrières adverses. Aussi connu pour ses statistiques hors normes, Russell Westbrook est en effet le seul joueur de l’histoire à avoir fait 42 triples doubles en une saison et à tourner en triple double de moyenne sur deux saisons consécutives. Mais ce qui caractérise le mieux le Brodie, c’est sa hargne, sa soif de victoires, sa compétitivité. Jouer contre lui, c’est avoir un tueur en face, prêt à arracher le panier si ça lui permet de gagner. Sa mentalité est sans égale, et c’est Kobe qui le dit ! Le meneur de 29 ans est encore dans son prime pour quelques temps, et on ne peut s’empêcher d’imaginer les duels que lui et D-Rose se seraient livrés si ce dernier avait une santé de fer et un meilleur mental. Le Brodie n’a pas non plus échappé aux blessures : lors des Playoffs 2013 et du deuxième match contre les Rockets, il se déchire le ménisque droit après un contact avec un joueur adverse, qui ne l’a pas empêché de finir le match avec 29 points. Mais son mental le renverra vite sur les parquets de la Grande Ligue, et son jeu explosif et sur-athlétique s’en verra inchangé. Sa saison 2016-2017, conclue par un titre de MVP et un match historique à Denver, est sans aucun doute l’une des plus grandes saisons individuelles de l’histoire. 

 

 

Les dragsters sont de plus en plus nombreux, il en a existé d’autres et en existera d’autres. Ces dernières saisons, des meneurs comme Fox ou Dennis Smith Jr, ou même Collin Sexton, ont été draftés et ont de réels profils de dragsters. Ces jeunes ont la chance d’avoir de grands exemples sur lesquels s’appuyer tout au long de leur carrière. Puissant comme Westbrook ? Vif comme D-Rose ? Agile comme Penny, ou facile comme Iverson ? Le choix est vaste, tant ces joueurs ont marqué de leur sceau la Ligue et l’histoire même du sport. Regardez ces joueurs jouer, regardez leurs highlights, car ils incarnent la dimension même du spectacle américain dans le sport. 

 

 

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