Vainqueur hier, le prodige anglais à aujourd'hui fait coup double. Il remporte par la même occasion le classement général. Après sa victoire l'an passé sur Paris-Roubaix espoir et les mondiaux de cyclocross, il s'impose définitivement comme un phénomène du cyclisme mondial.
Malgré le Mortirolo, Pidcock le plus le fort
Coureur de grand talent, Pidcock n'offrait pourtant aucune garantie sur sa capacité à résister aux meilleurs grimpeurs en très haute montagne. On pouvait donc avoir quelques inquiétudes pour l'Anglais dans cette étape. Ces inquiétudes, il les aura très vite balayées dès les premières pentes du Passo Del Mortirolo. Suivant toute l'ascension un Colleoni très offensif, il n'aura jamais été lâché ni même en difficulté. Mieux encore, en suivant les attaques de l'Italien, il a rapidement lâché tous ses adversaires potentiels.
Pourtant, Vandenabeele et Zoccarato auront tenté de faire vaciller l'Anglais. Avec un grand panache, Tiberi aura même tenté de partir dès la première montée vers Aprica. Malheureusement pour le champion du monde junior, la formation du maillot rose n'était d'humeur joueuse. Elle s'est donc rapidement mise à rouler derrière l'Italien. Elle fut d'ailleurs vite rejointe par la formation Groupama-FDJ qui aura tout tenté pour que Sylvain Moniquet puisse s'offrir une victoire d'étape. Malheureusement, les jambes du Belge n'ont pas suivi.
Le passage clef : l'ascension du Passo Del Mortirolo
C'est dans le Mortirolo que le sort de cette très belle étape s'est écrit. Parti à la chasse de Tiberi, Zoccarato s'y est d'ailleurs assez vite isolé. Sorti en contre, Conca a vite été ramené à la raison par le groupe maillot rose. Derrière, le groupe de 8 était composé des 8 premiers du classement général. Ce n'est pas pour autant que ces hommes se sont regardés et au jeu des attaques c'est Vandenabeele et Pidcock qui se sont extirpés. Derrière, hormis Zoccarato, ce fut sauve-qui-peut. Sauf que personne n'a pu se sauver. Seuls au monde, les leaders sont arrivés avec une marge satisfaisante au pied de la dernière montée d'Aprica. Cette montée, les deux hommes l'ont montée à leur rythme et la victoire revient à Pidcock qui s'impose au sprint devant le Belge.
Des écarts colossaux
Zoccarato excepté, tous les coureurs ont pris un écart supérieur à quatre minutes. Cet écart gigantesque il est également présent au classement général. En effet, le coureur britannique s'impose ce soir avec une avance de plus de deux minutes d'avance. Pour Sylvain Moniquet, l'addition s'élève sur cette étape à 6'27. Un écart qui le place tout de même à la quatorzième place de l'étape. Du côté du Belge, le bilan de ce Baby Giro est forcément décevant pour celui qui semblait en capacité d'aller chercher une belle place au classement général.
Du coté classement général, les écarts ne laissent aucune place au doute : Pidcock remporte l'épreuve sans la moindre discussion. Derrière, c'est Vandenabeele qui profite de sa très belle étape du jour pour revenir à la deuxième place. Cette place, il l'obtient tout de même avec plus de deux minutes trente de retard sur Pidcock. Le podium est complété par Kevin Colleoni à presque six minutes du vainqueur. Le maillot des sprints reste pour sa part sur les épaules de Luca Colnaghi.
On connaissait jusque la Tom Pidcock sur les courses d'un jour, il aura montré sur cette semaine qu'il est bien un phénomène hors norme. Impressionnant tout du long, l'Anglais s'annonce de plus en plus comme un futur très grand peloton international. Il ne lui reste pour cela qu'à décider de la carrière qu'il compte mener.