Angleterre

Ollie Watkins, l’autre star d’Aston Villa

Présélectionné par Gareth Southgate avant de ne pas être retenu parmi les Anglais participant à l’Euro, Ollie Watkins a déjà remporté une petite victoire en figurant dans les 33, lui qui sort de sa première saison en Premier League avec Aston Villa. À l’instar de Jack Grealish, pas certain qu’il reste encore longtemps à Birmingham… Portrait.

 

De Non-League Football à la Premier League

Oliver Watkins naît le 30 décembre 1995 à Newton Abbot, petite ville de 23 000 habitants dans le Comté de Devon au Sud de l’Angleterre. Dans cette zone du pays, il n’y a pas vraiment de grands clubs du football anglais. La grande ville la plus proche est Exeter. Habité par un peu plus de 100 000 personnes, son équipe de football n’a jamais joué en Premier League, pas plus qu’en seconde division d’ailleurs. Exeter City navigue en réalité entre football professionnel et semi-professionnel, appelé « Non-League Football » de l’autre côté de la Manche. D’un point de vue géographique, il est donc logique qu’Ollie Watkins rejoigne l’académie d’Exeter City quand il n’est qu’en U11.

Au cours de sa formation, l’Anglais joue latéral comme ailier, le directeur de l’académie d’Exeter Simon Hayward déclarant que le système de formation est fait en sorte que les joueurs puissent jouer à multiples postes. Mais, ne trouvant pas sa place en EFL League Two (4e division), il est prêté en « Conference South », aujourd’hui appelée « National League South » (6e division), à Weston-super-Mare, un petit club assez proche de la ville d’Exeter. Là-bas, Ollie Watkins marque ses premiers buts, en totalisant 10 en 25 matchs sur la saison.

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À son retour, il n’est pas censé forcément rejoindre le groupe professionnel. Une absence lui permet de jouer au poste de…latéral gauche ! Plus tard, il est testé au poste de milieu par son entraîneur Paul Tisdale qui estime qu’il doit avoir une influence défensive sur le jeu. Peu importe. Watkins travaille plus que les autres et joue. Mais il garde les pieds sur terre. Il est celui par exemple qui nettoyait les vestiaires à Weston-super-Mare. Il est aussi celui qui préparait le café des joueurs et du staff. Peu importe. Il finit sa première saison avec son club formateur à 8 buts au compteur en 20 apparitions.

Toujours en quatrième division, il permet à Exeter d’atteindre la 5e position d’EFL League Two lors de la saison 2017/2018 avec 13 buts en 45 matchs. Ce sera sa dernière à cet échelon du football anglais. Il part à Brentford d’abord, en tant que remplaçant du Français Neal Maupay. Watkins poursuit sa progression dans l’ombre de l’ancien Stéphanois. Deux saisons à 10 buts en plus de quarante matchs en Championship. L’Anglais est patient, travaille et ne rate presque aucun match. Une fois Maupay parti, il explose.

46 matchs de Championship, 25 buts et 3 passes décisives. Il finit meilleur buteur du championnat. Mais Brentford doit passer par les play-offs pour espérer monter en Premier League pour la première fois depuis 1947. Malheureusement, les Bees échouent en finale contre Fulham. Brentford reste empêtré dans l’enfer qu’est le Championship et ce malgré sa fantastique BMW (Benrahma, Mbeumo, Watkins). Le Français restera, l’Algérien ira à West Ham en toute fin de mercato. L’Anglais quant à lui décide de rejoindre Aston Villa. Il est transféré en échange de 34 millions d’euros.

Evidemment, sa première saison en Premier League est réussie. Auteur de ses premiers buts avec les Villans lors de la déroute de Liverpool à Birmingham (7-2, triplé de Watkins), il en marquera au total 14, qui s’additionnent à 5 passes décisives. Tout cela en 37 rencontres, étant suspendu un match après un second jaune pour simulation. Comme si cela ne pouvait être encore mieux, Watkins découvre également la sélection anglaise, lui qui n’a pas disputé la moindre minute en sélection toutes catégories confondues. Évidemment, il marque son premier but lors de sa première apparition face au modeste Saint-Marin. Il rentre également en jeu contre l’Autriche puis la Roumanie. Mais confronté à une concurrence énorme, il ne disputera pas l’Euro 2020 cet été.

Comment joue Ollie Watkins ?

Dans le système de Dean Smith, il est positionné en pointe unique d’un 4-3-3 ou d’un 4-2-3-1. Aston Villa se trouvant légèrement en dessous de la moyenne en termes de possession du ballon, Ollie Watkins s’est souvent retrouvé à presser le porteur de la balle. Il est le 12e joueur de Premier League effectuant le plus de pressions sur ses adversaires. Le seul attaquant de pointe le devançant est Jordan Ayew (Crystal Palace). S’il n’est pas toujours efficace (26.5 % de réussite), il produit au moins les efforts nécessaires dans l’optique de récupérer le ballon.

Pas toujours à l’aise à la construction malgré des tentatives de relance courte, Aston Villa peut s’en remettre à des exploits de Jack Grealish comme à de longues passes en direction de l’ancien joueur de Brentford. Ollie Watkins a joué plus de 317 duels aériens selon Fbref. Au total, il n’en a gagné « que » 43.8 %. Mais quand on regarde les joueurs qui se sont retrouvés au moins 200 fois au duel de la tête, il n’est devancé que par huit joueurs, le ratio est donc plutôt correct, d’autant que Watkins reste un joueur de taille moyenne (1.80 m). Hormis Darnell Furlong (63.2 % de réussite), les joueurs le devançant mesurent entre 1.85m et 1.90m. Bref, Watkins n’hésite pas à aller au duel aérien, ce qui met en valeur sa qualité de remise.

S’il est aussi capable de dribbler, Ollie Watkins brille aussi par la simplicité et l’efficacité de son jeu. Plusieurs fois, il se crée son occasion grâce à un une-deux qu’il orchestre. Il possède une vision du jeu assez intéressante, bien illustrée par sa passe décisive pour Anwar El Ghazi lors de la victoire 1-0 des Villans face à Leeds. Au total, Watkins a donné cinq buts cette saison, soit deux de plus que la saison passée. C’est autant que Mohamed Salah, Mason Mount et Phil Foden, c’est plus que James Rodriguez et Bukayo Saka.

Watkins est donc un joueur capable de presser et d’aller au duel, assez à l’aise avec le ballon. A sa panoplie, il faut ajouter qu’il fait preuve d’une bonne protection du ballon ainsi que d'une vitesse correcte. Pour autant, il joue assez rarement dans la profondeur, ne marquant qu’un but après un appel dans le dos de la défense. Là où il excelle, c’est dans sa qualité de déplacement et d’appel dans la surface. Beaucoup de ses buts ont été précédé d’un déplacement suffisamment rapide pour distancer le défenseur. Tous ont été marqués depuis la surface de réparation par ailleurs.

Dernières interrogations : comment finit-il et est-il vraiment efficace ? D’abord, la plupart de ses buts ont été inscrits en reprenant un centre en une touche du pied ou bien de la tête. Il a aussi marqué par des frappes en pivot, du pied gauche comme du pied droit. Le restant de ses buts sont des duels remportés face au gardien et un penalty. Il a signé contre Liverpool, quand les Reds l’ont emporté 2-1, un très bel enchaînement entre Ozan Kabak et Nathaniel Phillips en contrôlant du droit entre les deux défenseurs pour finir très vite du gauche. En ce qui concerne, il a légèrement sous-performé cette saison, son total d’xG étant situé à 16 quand il n’a marqué que 14 buts. Une statistique qui peut se montrer assez intéressante puisqu’elle laisse à croire qu’Ollie Watkins n’est pas un feu de paille, mais bien un joueur de bonne, voire très bonne qualité.

Quel avenir ?

Une question se pose naturellement : restera ou restera pas ? Peu nombreux seront les fans de Villa qui souhaitent le départ de l’attaquant de 25 ans, alors que Jack Grealish sera déjà sans doute très convoité. D’autant que le recrutement d’Emiliano Buendia peut se lire comme le remplacement du capitaine du club de Birmingham. Ou alors, peut-être qu’Aston Villa prend la route de l’ambition et espère ainsi retrouver l’Europe au plus vite. Quoi qu’il en soit, il faudra pour ça un buteur de grande classe. Cela tombe bien, ils en ont déjà un.

 

Crédit image en une : Reuters, Shaun Botterill.

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