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Road to Tampa : les Chiefs, on prend les mêmes et on recommence ?

À moins d’une semaine du dénouement de cette saison si particulière, il est temps de rembobiner le film. Retour sur le parcours des Chiefs de Kansas City qui abordaient la campagne NFL 2020/2021 avec un statut qu’ils n’avaient plus connu depuis cinquante ans, celui de champion en titre.

L’EMPIRE CHIEFS AU SOMMET DE L’AFC

Fini les années de galère, les échecs en playoffs à répétition, Kansas City est à nouveau une ville de champions. Mais aussi gratifiant soit-il, ce statut impose une rigueur et une pression quasi-constante. Pour la superstar Patrick Mahomes et ses coéquipiers la mission est claire : retrouver le Super Bowl une seconde année consécutive.

Un début de saison conforme aux attentes

Mahomes à ses œuvres dès la Week 1, face aux Texans. (credit photo: Arrowhead Addict)

Dire que les Chiefs ont répondu présent en ce début de saison 2020 se rapproche d’un doux euphémisme. Kansas City est sûr de ses forces et leur maîtrise offensive est totale, notamment lors de la troisième semaine et de sa victoire face aux redoutables Ravens de Baltimore (34-20). Pour la quatrième année consécutive, les Chiefs démarrent par quatre victoires en autant de rencontres, un record au sein de la NFL.

La défaite face aux Raiders, désormais localisés à Las Vegas, lors de la Week 5, aurait pu marquer un coup d’arrêt dans la saison du champion en titre, les quarante points encaissés témoignant des difficultés défensives encore trop souvent présentes.

Mais, bien au contraire, Kansas City voit cette défaite comme un affront. L’équipe a déjoué et ce n’est pas près de se reproduire.

Un rouleau compresseur venu tout droit du Missouri

Entre scores fleuves face à des équipes plus faibles (43-16 face aux Broncos de Denver en Week 7 et 35-9 face aux Jets de New York en Week 8) et matchs très sérieux face à des concurrents aux titres, les Chiefs impressionnent et enchaînent dix victoires consécutives. Ils s’imposent par exemple face aux Bills de Buffalo en Week 6 (26-17), aux Saints de la Nouvelle-Orléans en Week 15 (32-29) et quelques semaines auparavant, aux Buccaneers de Tampa Bay en Week 12 (27-24). Sans savoir que cette affiche serait celle du futur Super Bowl, Patrick Mahomes, Tyreek Hill, Travis Kelce et les autres surdominent leur adversaire pendant trois quarts temps, rendant ce score si serré peu représentatif de la physionomie de la rencontre. Mahomes lance trois touchdowns pour zéro interceptions et Tyreek Hill, le « Cheetah » le plus célèbre de la NFL, est à la réception de ces trois touchdowns pour un total de 269 yards.

La défaite lors de la dernière semaine – largement due à une équipe totalement remaniée à l’approche des playoffs – n’y changera rien : Kansas City est au sommet de son art. La meilleure attaque de la ligue (de très loin) s’allie à une défense parfois très fragile mais qui a su globalement se faire une place dans les dix meilleures de la NFL. Avec un bilan de quatorze victoires pour seulement deux défaites, l’AFC ne peut que s’incliner devant la suprématie de la franchise coachée par Andy Reid. Pour Kansas City, 2020 restera quoiqu’il advienne inoubliable.

 

Une saison pleine de records

En soixante ans d’existence, jamais la franchise n’avait atteint quatorze victoires en seize matchs de saison régulière. Un stade rempli à seulement 20% de sa capacité toute la saison, COVID oblige, n’arrêtera pas les Chiefs. Mahomes et ses hommes le font aussi pour tous ces fans à la maison qui, dans un climat social et sanitaire très fragile, profitent de chaque victoire encore davantage. Avec 4740 yards sur la saison, Mahomes est le deuxième quarterback sur les lignes statistiques de la NFL, juste derrière Deshaun Watson. Les Chiefs ne s’en cachent pas, leur jeu est bien plus basé sur des passes que sur des courses et les chiffres le confirment. Avec 1416 yards, Travis Kelce devient le Tight End le plus prolifique de l’histoire de son sport sur une saison régulière. Tyreek Hill, de son côté, en compte 1276.

Vous l’aurez bien compris, les Chiefs arrivent en playoffs avec un statut de favori plus qu’assumé. Au regard de leur saison régulière, aller au Super Bowl n’est plus un objectif mais presque un devoir.

PASSÉS TOUT PRÈS DE LA CATASTROPHE

Forts de leur saison régulière époustouflante ponctuée par le meilleur bilan de la ligue, les Chiefs sont non seulement assurés de conserver l’avantage du terrain jusqu’au Super Bowl mais ils obtiennent également une semaine de repos supplémentaire en tant que première tête de série de l’AFC. C’est donc depuis la télévision qu’ils analysent leur futur adversaire : les surprenants Cleveland Browns, en playoffs pour la première fois depuis 2002. Ces derniers sont parvenus à faire déjouer les Steelers de Pittsburgh, pourtant largement favoris.

Pour Cleveland la tâche semble bien compliquée, mais pas impossible. Au fil de ce « Divisional Round », les Browns ne lâchent rien mais n’arrivent pour autant jamais à passer devant. On semble se diriger vers une victoire assez facile pour Kansas City jusqu’au milieu du troisième quart temps, marqué par un choc en apparence anodin mais finalement désastreux pour les Chiefs. Patrick Mahomes, tentant de courir en 3rd & 1 pour aller chercher une première tentative, vient se cogner casque contre casque avec le linebacker des Browns, Mack Wilson. Tentant difficilement de se relever, le quarterback des Chiefs est sonné. Il ne rejouera pas de la rencontre.

Ce fait de jeu a le mérite de relancer la rencontre et les Browns reviendront même à moins d’une possession dans le dernier quart-temps. Ils auront tout tenté, en vain. Les Chiefs se qualifient en finale de conférence (victoire 22-17) où ils retrouveront les Bills de Buffalo, emmenés par l’un des meilleurs joueurs de la saison : Josh Allen. Débuteront-ils ce match avec le statut de favori ou de gros outsider ? Cela dépend uniquement de la présence ou non de Patrick Mahomes. Victime d’une commotion cérébrale, il a moins d’une semaine pour se remettre de sa blessure.

Peut-être est-il béni, chanceux ou juste un futur hall of famer dont la volonté surpasse tout obstacle qui se dresse devant lui, mais Mahomes est bien présent et jure être à 100% pour ce match. Face à des Bills pourtant sûrs de leurs forces et ayant réalisés leur meilleure saison de ces vingt dernières années, Kansas City n’aura tremblé que le temps d’un quart-temps. Assez de temps pour voir Buffalo mener 9-0. Score final ? Chiefs 38-24 Bills.

Kansas City a tout simplement déroulé son football, l’attaque et la défense n’ont cessé de briller lors des trois derniers quarts de cette rencontre, propulsant les Chiefs au sommet de l’AFC, comme en 2020.

LE MVP : PATRICK MAHOMES, QUI D’AUTRE?

Le poste de quarterback est essentiel au football américain. À Kansas City, il est même vital. Toute l’équipe gravite autour de Patrick Mahomes. À seulement 25 ans, ce texan d’origine s’est déjà imposé comme l’un des tauliers de la NFL. Le titre de MVP de la saison régulière devrait selon toute vraisemblance être attribué à l’une des légendes de ce sport, Aaron Rodgers (quarterback des Packers de Green Bay), mais Mahomes lui aura livré une concurrence des plus rudes tout au long de la saison.

4740 yards, plus de 66% de réussite, 38 touchdowns à la passe en quinze matchs pour seulement six petites interceptions, sans oublier ses 580 yards accompagnés de quatre touchdowns et zéro interception en playoffs. Ce joueur est hors normes. Alors qu’il évolue chaque semaine contre des défenses qui ont comme seul et unique but de le stopper, il sait adapter son jeu en fonction de l’adversaire et le fait avec brio.

Son succès, il le doit aussi à ses receveurs dont les stats affolent parfois les compteurs (voir au-dessus) qui ont contribué à le faire briller toute la saison.

Les Chiefs sont une machine, une machine très bien huilée dont le moteur, nommé Patrick Mahomes, en est la pièce centrale.

LE FACTEUR X : UNE LIGNE OFFENSIVE DÉCIMÉE PAR LES BLESSURES

Cette saison, la ligne offensive de Kansas City a tenu bon. En effet, elle n’a concédé que 22 sacks en saison régulière soit une moyenne de 1,37 sack par match. Mais ces statistiques sont-elles réellement représentatives du niveau de la « O-line » ou juste une preuve de plus que Mahomes est une légende de la NFL en devenir ? Difficile d’y répondre avec certitude. Quoiqu’il en soit l’attaque ne peut pas s’appuyer uniquement sur les tours de magie de son leader et doit lui apporter un soutien constant. Des cinq joueurs composant la ligne de scrimmage des Chiefs et supposés titulaires au début de la saison, seul le Center Austin Reiter débutera ce Super Bowl aux côtés de Mahomes. Entre blessures de longue durée et choix de se retirer de l’équipe à cause de l’épidémie de COVID-19, les Chiefs ont dû totalement recomposer leur ligne. Mike Remmers et Nick Allegretti ont commencé la saison en tant que simples renforts tandis que Stefen Wisniewski était un joueur des Pittsburgh Steelers. Tous les trois débuteront la rencontre dimanche soir. Face aux Bills, c’est Eric Fisher, le Tackle considéré comme le meilleur joueur de cette ligne, qui s’est blessé et est contraint de renoncer à jouer le Super Bowl.

L’affiche tant attendue de ce 55e Super Bowl. (credit photo: Touchdown Wire)

Au Super Bowl, justement, Kansas City devra faire face à l’une des meilleures défenses de la ligue. 25 pertes de balles provoquées en saison régulière et déjà cinq interceptions en seulement trois matchs de playoffs pour ces Buccaneers de Tampa Bay. Les Chiefs sont prévenus, chaque secteur de leur jeu se devra d’être au top pour battre Tom Brady et les siens.

Voilà un premier objectif accompli : pour la première fois de leur histoire, les Chiefs de Kansas City disputeront une deuxième finale en deux ans. Pour autant il serait fou de penser que cela suffit à l’équipe d’Andy Reid. Aucun doute sur leur vraie ambition : faire tomber le meilleur joueur de l’histoire de la NFL, Tom Brady, et les Buccaneers de Tampa Bay dans leur stade dimanche soir lors du 55e Super Bowl et remporter un deuxième titre consécutif, chose que l’on n’a plus vue en NFL depuis le doublé des Patriots de la Nouvelle-Angleterre en 2003 et 2004, emmenés par un certain… Tom Brady.

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