Biathlon

Saison terminée pour Émilien Jacquelin

Émilien Jacquelin met un terme à sa saison ! C'est l'information de la semaine sur la planète biathlon. Le Français ne participera pas aux trois dernières étapes du calendrier de la Coupe du monde. Quelques jours seulement après la fin des championnats du monde d'Oberhof, le Grenoblois a estimé qu'il devait prendre ses distances avec le circuit. L'équipe de France se retrouve orpheline d'une pièce importante de son relais. 

Émilien Jacquelin ne prendra aucun départ en Coupe du monde jusqu'à la saison prochaine. Cette nouvelle en a surpris plus d'un chez les supporters du Français. Pourtant, certains l'ont senti venir ces dernières semaines. C'est le cas de Romane. Pour cette fan incontestée d'Émilien, le dixième du classement général “a envoyé de nombreux signaux récemment.” Le dernier en date a eu lieu pendant les mondiaux en Allemagne. Qualifié dans la douleur pour la poursuite à l'issue du sprint, É.Jacquelin a pris la décision de ne pas la disputer. “Un compétiteur bien dans sa tête, tenant du titre en plus, aurait défendu son titre jusqu'à la ligne“, estime Clément, également suiveur des performances de l'équipe de France.

Bien dans sa tête” : c'est bien dans cette région du corps humain qu'a l'air de se situer le problème du biathlète. La preuve en est avec son annonce Instagram. Mais rassurez-vous, il n'est pas question de stopper sa carrière dans ce communiqué. Il évoque surtout une fatigue mentale et un besoin de se retrouver face à lui-même. Et puis, nul doute qu'il a un objectif bien précis derrière tout cela : revenir plus fort l'hiver prochain.

LA SAISON D'ÉMILIEN JACQUELIN DÉMARRAIT BIEN

C'est un des points les plus frustrants. Les deux premières semaines de Coupe du monde se sont avérées très prometteuses pour Jacquelin. Cinquième du sprint puis troisième de la poursuite à Kontiolahti (Finlande), il a récidivé en Autriche. À Hochfilzen, il s'est hissé à la seconde place du sprint avant de refaire troisième le lendemain. Il a skié aux avant-postes aux côtés d'une armada norvégienne conditionnée pour la gagne. Surtout, il était chez les garçons français, l'un des seuls à rivaliser avec les autres nations. Or, l'épreuve d'Annecy a marqué le début de la descente aux enfers. Sur le plan individuel, ses résultats étaient en dessous de ses espérances. Ses impasses à Ruhpolding (Allemagne) lui ont tout de même permis de décrocher une belle 5e place sur la mass start.

Heureusement, il a pu faire le plein de bons souvenirs lors des relais. Effectivement, le biathlon est aussi un sport collectif. Et si l'un des membres du relais passe à côté de sa journée, et bien c'est toute l'équipe qui en pâtit. Sauf quand on a Johannes Boe. Et encore. L'équipe de France l'a parfaitement démontré lors de l'épreuve par équipe des mondiaux. En s'imposant, Antonin Guigonnat, Fabien Claude, Quentin Fillon Maillet et bien entendu Émilien Jacquelin ont ajouté une nouvelle ligne à leur palmarès. Pour le dernier, celle-ci s'est écrite juste en dessous de la médaille de bronze remportée quelques jours auparavant sur le relais mixte. Finalement, tout n'est pas à jeter cette saison pour Jacquelin. Bien au contraire. Il peut partir sereinement se ressourcer afin de retrouver sa vitesse à ski supersonique et son efficacité chirurgicale sur le pas de tir.

LES VIEUX DÉMONS

Que se passe-t-il dans la tête d'Émilien ces derniers temps ? Malheureusement, ce n'est pas la première fois que le Grenoblois fait part d'une fatigue générale. Le cerveau a du mal à répondre en ce moment. Par conséquent, les jambes et le reste du corps n'ont pas leur rendement optimal. Si cela peut paraître évident pour certains, c'est toujours bon de le rappeler. Car c'est facile de critiquer en se basant sur des cibles non blanchies. Or, cela serait plus intéressant et constructif de chercher à comprendre comment un athlète du calibre d'Émilien perd en efficacité du jour au lendemain. Déjà l'an passé, il avait eu un après nouvel an compliqué. En jaune sur le début de saison, il s'était ensuite écroulé pendant que son compatriote Quentin Fillon Maillet emportait tout sur son passage.

Certes, il y avait tout un tas d'excuses plus ou moins viables. Émilien Jacquelin avait subi une fracture au poignet gauche durant l'été, ce qui avait fortement perturbé sa préparation. En pleine année de Jeux olympiques, on peut s'imaginer tout le stress qui a dû l'habiter durant sa réhabilitation avant de savoir s'il serait apte à disputer la saison sans complication. Pour revenir, il a adapté sa manière de tirer à cause de sa blessure. Une technique novatrice qui s'est d'abord montrée très efficace. Et puis il était aussi l'un des biathlètes les plus rapides avec Samuelsson. Pourtant, à partir de janvier, tout s'est arrêté. Peut-être que le pic de forme est arrivé trop tôt ? Ou alors que le contrecoup de sa blessure a refait surface. Toujours est-il que le Français a commencé à ruminer en pensant déjà à l'hiver d'après. Celui qui se déroule en ce moment. Celui qui se terminera sans lui.

Actuellement en Master à l'ESJ Lille, je m'avère être un adepte du groundhopping à la recherche de grosses ambiances qui ambitionne de parcourir le globe à travers ses stades de foot. Côté maillot, je fus biberonné au chardon nancéien et au coaching de Pablo Correa. J'ai aussi grandi avec le calme d'Arsène Wenger et les tacles de Laurent Koscielny sur Canal. Mais parce qu'il n'y a pas que le football dans la vie, je vibre tout autant à encourager Thibaut Pinot dans son virage, Julia Simon devant L'Equipe, mais aussi Arthur Fils sur Eurosport.

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