Toulouse : le cauchemar qui se répète

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Dernier de Ligue 1 Conforama à la trêve, le Toulouse FC vit des heures très sombres depuis le début de la saison. A l’aube de la phase retour, le Téfécé est dernier du championnat, et vient de se séparer de son entraîneur pour la deuxième fois de la saison. Si tous les signaux semblent brouillés, la situation comptable n’est pas pour autant irréversible. C’est l’heure du bilan. 

Cinq premiers mois dans l’histoire

Alain Casanova avait qualifié la saison 2018-2019 de son équipe comme étant médiocre. Il ne pensait sans doute pas que le pire était à venir. A la mi-temps de la saison 2019-2020, le Toulouse FC est bon dernier. Le bonnet d’âne de la classe. Avec seulement 12 unités au compteur (à égalité avec Nîmes), le club réalise l’un des pires démarrages de son histoire. Au-delà de ce bilan comptable mauvais, il faut également souligner l’instabilité qui a animé le club pendant ces premiers mois de compétition. Alain Casanova a quitté le navire au début du mois d’octobre, la direction ayant sans doute eu l’intuition qu’une saison difficile allait, encore, avoir lieu.

Pour le remplacer, le Président fait appel à un entraîneur bien connu des bancs de l’élite : Antoine Kombouaré. Une décision qui a surpris, tant les dernières piges du coach kanak sur les bancs français ont été atypiques. Finalement, la mayonnaise ne prend pas, et l’ancien entraîneur de Dijon est démis de ses fonctions début janvier.

Pourtant, la saison n’avait pas si mal débuté. Les Toulousains ont un premier bilan plutôt positif avec deux victoires et un nul en quatre matchs, pour une seule défaite au Parc des Princes face au PSG. Un début de saison marqué par la révélation Koulouris, recrue estivale qui marque les esprits au cours des premiers matchs. Une agréable surprise et de quoi envisager une saison tranquille. Mais ce mot a disparu du vocabulaire du Toulouse FC ces dernières saisons, et le club retrouve assez vite le bas de tableau.

Au final le bilan est catastrophique : pire défense avec 39 buts encaissés, une différence de buts de -20, et aucune victoire à l’extérieur. En guise de cadeau de Noël, une triste série de neuf défaites de rang, histoire de boire le calice jusqu’à la lie.

Deux entraîneurs, zéro effet

En dépit de résultats corrects sur les premiers matchs, le contenu est fort inquiétant. L’illusion ne dure pas, les mauvais résultats arrivent, et Alain Casanova est sur la sellette. Une défaite dans le derby de la Garonne face aux Girondins (1-3) sera en fait celle de trop. L’ancien entraîneur lensois fait ses bagages. A l’instar de son année dans le Pas-de-Calais, il ne semble pas capable de fédérer tout son groupe. Tactiquement, son discours ne semble pas passer. Son départ semblait donc inéluctable.

Alors à qui fait-on appel lorsqu’on a besoin d’un meneur d’hommes ? Quand ce n’est pas Pascal Dupraz, c’est donc Antoine Kombouaré. Doté d’une réputation de Général de l’Armée, “AK” vit ses matchs comme une guerre. Toutefois, il se fait remarquer tout autrement pour sa conférence de presse inaugurale. Il ignore totalement l’identité de ses futurs adversaires, et il l’assume. Cette anecdote peut donner le sourire, mais elle est en réalité symptomatique de ce qui va se passer dans les mois qui ont suivi. Après une victoire illusoire au Stadium face à un LOSC malade à l’extérieur, Koumbouaré et ses troupes réalisent non pas un quatre à la suite, mais un neuf à la suite ! Neuf défaites consécutives. Neuf matchs d’affilée où Toulouse est incapable de produire du jeu, incapable de jouer avec cette fameuse hargne qui habite d’ordinaire les équipes jouant le maintien.

Les entraîneurs seuls responsables ? 

Les entraîneurs sont souvent les plus exposés aux mauvais résultats de leur équipe. En effet, ce sont eux qui choisissent les joueurs alignés, le système de jeu, la tactique. Alain Casanova puis Antoine Kombouaré ont échoué dans cette mission au cours de leur passage sur le banc. Mais étaient-ils seuls responsables des mauvais résultats de leur équipe ?

Après d’une énième défaite à domicile face au Stade de Reims (0-1) le 14 décembre dernier, les fidèles supporters du Stadium ont exprimé leur ras-le-bol en quittant leur tribune pour réclamer la démission du président Sadran. En cause selon eux, les mauvais choix dans la gestion du club en interne, qui entraînent avec un certain degré de responsabilité la crise sportive dont Toulouse fait l’objet.

Le choix d’introniser Kombouaré, dont les deux dernières expériences en Ligue 1 Conforama se son mal terminées, était-il logique ? Et pourquoi avoir attendu une dixième défaite toutes compétitions confondues, face à une équipe de National 2, pour le renvoyer ? Toutes ces interrogations, qu’elles émanent des supporters, ou même des observateurs, demeurent tout à fait légitimes.

Les joueurs semblent aussi avoir leur part de responsabilité. Peu d’entre eux sont au niveau, à l’instar de Max-Alain Gradel. Toujours volontaire, mais en panne d’efficacité cette saison. Recrue estivale, William Vainqueur est lui aussi dans le collimateur, après des performances loin de son niveau habituel. Au-delà du terrain, on a aussi assisté à des comportements indignes du football professionnel. Comme lorsque Mathieu Dossevi préfère regarder le clasico FC Barcelone-Real Madrid sur son smartphone depuis le banc de touche, alors que son équipe perd lourdement au Groupama Stadium. Seul élément positif : Baptiste Reynet. Malgré ses 39 buts encaissés, il semble lui au niveau. Malheureusement trop sollicité, il ne peut maintenir à flot le bateau à lui seul.

Une mission maintien toujours d’actualité

Denis Zanko prend donc la succession d’Antoine Kombouaré. Olivier Sadran a d’ailleurs affirmé qu’il devrait rester entraîneur principal au moins jusqu’à la fin de la saison. Voilà qui devrait, au moins, apporter de la stabilité au groupe, et travailler pour se maintenir.
Zanko hérite donc d’un cadeau qui semble empoisonné : un club au fond du trou, qu’il faut sauver d’une relégation qui lui semble promise. Malgré tout il y a un rayon de soleil qui perce la grisaille du TFC : le championnat est très serré. Le club ne compte que cinq points de retard sur le premier non-relégable, le FC Metz. De quoi donner de l’espoir aux courageux supporters.

Pour mener à bien cette mission maintien, il faudra compter sur les forces en présence. En s’appuyant sur des joueurs dont le potentiel n’est pas totalement exploité cette saison. Redonner confiance par exemple à Koulouris, qui avait bien débuté le championnat, et qui est toujours meilleur buteur du club avec 4 buts. C’est avec un buteur de sa trempe que l’on gagne des matchs. Le mercato hivernal aura aussi toute son importance. L’équipe a grand besoin d’être solidifiée, notamment la défense, afin que Baptiste Reynet soit moins sollicité. Il faut que ses arrêts fassent gagner des points à son équipe, plutôt que d’éviter une trop grosse humiliation.

Enfin, l’appui des supporters sera important. Souvent moqué, le public toulousain aura un rôle à jouer, en soutenant ses joueurs. Les fidèles, eux, seront là, comme ils l’ont toujours été. En attendant, Denis Zanko a déjà fait appel à l’union sacrée, en déclarant en conférence de presse que cela serait difficile sans leurs fans. On verra si le message est passé ce samedi, à l’occasion de la réception du Stade Brestois, au Stadium.

Peu de signaux semblent au vert à Toulouse, où le niveau de l’équipe sur les derniers matchs approche dangereusement le néant. Toutefois, l’espoir reste tout à fait légitime. Malgré un bilan de 12 petits points, les Toulousains ne sont pas lâchés par les concurrents. L’intronisation d’un troisième (et sans doute dernier) entraîneur peut aussi avoir des effets positifs. Par ailleurs, la situation est loin d’être aussi catastrophique que celle de la saison 2015-2016, où le club avait réussi l’exploit de se maintenir après avoir compté dix points de retard à dix journées de la fin sur le premier non relégable. Le chemin est donc deux fois moins long, mais encore faudra-t-il avoir les moyens d’y accéder. 

Crédit photo : Icon Sport / Manuel Blondeau.

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