Un grand pays de football oublié : l’Egypte

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Ligue 1

Lorsqu’on parle de football en Afrique, on fait référence à la CAN et surtout aux sélections connues du grand public comme le Cameroun (champion d’Afrique en titre), la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Maroc, etc. Mais l’Egypte est footballistiquement moins connue du grand public et pourtant elle possède à la fois la plus grande sélection et peut-être le plus grand championnat du continent africain.

 

La plus grande sélection africaine

 

On a tendance à oublier mais l’Egypte est la sélection la plus titrée du continent africain avec 7 Coupes d’Afrique des Nations à son palmarès. Co-fondateur de la Confédération Africaine de Football dont le siège est au Caire, elle remporte deux fois consécutivement la CAN en 1957 au Soudan sur le score fleuve de 4:0 face à l’Ethiopie, puis en 1959 chez elle lros du tournoi final avec deux victoire sur le Soudan et l’Ethiopie. C’est en 1986 que l’Egypte obtient sa 3ème Coupe d’Afrique des Nations qu’elle organise à domicile, après son désastre à domicile en 1974 face au Zaïre qui remonte 2:0 en demi-finale pour s’imposer 3:2.

En 1986, elle gagne aux tirs au but face au Cameroun après un score nul et vierge permettant son 3ème sacre continental. En 1998, les Pharaons vont égaler le record détenu par le Ghana en s’imposant 2:0 face à l’Afrique du Sud, champion d’Afrique en titre au Burkina Faso. C’est dès 2006 que l’Egypte, par l’intermédiaire du sélectionneur Hassan Shehata et de ses joueurs cadres comme Ahmed Hassan et Mohamed Aboutrika par exemple, va dominer le continent africain pendant la seconde moitié de la décennie précédente en remportant 3 CAN de suite, devenant ainsi la sélection la plus titrée d’Afrique et c’est d’ailleurs le seul pays à réaliser une telle performance en étant invaincu pendant trois ans dans cette compétition. C’est une équipe en fin de cycle, mais l’Egypte subit également de plein fouet le printemps arabe qui a vu la destitution de Moubarak et l’arrivée au pouvoir de Mohammed Morsi, soutenu par les Frères Musulmans, qui a d’une façon ou d’une autre privé les Pharaons de défendre son titre en 2012 dès les qualifications et échouent à plusieurs reprises.

Mais Morsi a été renversé par un coup d’Etat du général Abdelfatah Al-Sissi l’année suivante et le football égyptien subit une crise de deux ans tant en sélection qu’en clubs. Hector Cuper arrive à la tête de la sélection égyptienne avec pour mission de se qualifier pour la Coupe du Monde et pour la CAN. En 2017, les Pharaons arrivent jusqu’en finale où ils s’inclinent sur le score de 2:1 face au Cameroun et où les Pharaons étaient invaincu en Coupe d’Afrique des Nations depuis la CAN 2004. L’année prochaine, Hector Cuper doit aussi faire qualifier l’Egypte pour une nouvelle fois à la CAN, qui s’organisera en 2019 chez les champions d’Afrique camerounais.

 

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Mais paradoxalement l’Egypte n’a participé que seulement 2 fois à la Coupe du Monde. La 1ère fois en 1934 où elle atteint les 1/8èmes de finales : après avoir sorti la Palestine qui lui a permis d’être le 1er pays africain à se qualifier pour la Coupe du Monde, l’Egypte se fait sortir par la Hongrie sur le score de 4:2 après avoir fait 2:2 à la mi-temps sur un doublé d’Abdelrahman Fawzi; et la seconde fois en 1990 en phase de poules avec beaucoup moins de chance : après avoir fait 2 matchs nuls contre les Pays-Bas et l’Irlande, les Pharaons se font sortir par l’Angleterre peu après l’heure de jeu sur le but de la rencontre inscrit par Mark Wright.

Durant tout son histoire, l’Egypte a connu plusieurs événements qui ont empêché de se qualifier et même de jouer la Coupe du Monde tant sur le plan sportif que extra-sportif. Entre 1958 et 1970, l’Egypte boycotte les qualifications en 1958 et 1962 car elle refuse d’affronter Israël, vu le contexte des conflits au Proche-Orient et les relations déjà tendus entre l’Etat hébreu et le monde arabe ; nouveau boycott en 1966 car la fédération égyptienne réclame des places supplémentaires aux pays africains en Coupe du Monde, qui n’offrait à l’époque qu’une seule place à l’Afrique ; l’année suivante, l’Egypte déclare forfait du fait de sa défaite face à Israël lors de la Guerre des Six Jours. Depuis que l’Egypte a reconnu Israël en 1979 par Anour El-Sadate, l’Egypte joue les qualifications à la Coupe du Monde mais n’y parvient à accéder une seule fois en 1990.

Elle pouvait même se qualifier pour la Coupe du Monde 1994, mais son match face au Zimbabwe devait être rejoué du fait de la violence de certains supporters égyptiens qui lui coûte cher à Lyon et termine sur un match nul. Après avoir échoué à se qualifier pour la CDM 2010 sur un match décisif à Khartoum face à l’Algérie, l’Egypte va enfin y parvenir à se qualifier pour la 3ème fois de son histoire en Coupe du Monde. Emmené par le sélectionneur argentin Hector Cuper, les Pharaons s’appuient également sur le joueur star de l’équipe, Mohammed Salah. Lors de la 5ème journée des qualifications, les Pharaons devaient s’imposer face au Congo pour se qualifier après le match nul et vierge de l’Ouganda face au Ghana. Mohammed Salah inscrit un doublé d’abord à la 62me minute, puis après l’égalisation congolaise avant la fin du temps réglementaire, il inscrit un but sur penalty offrant à l’Egypte un ticket pour la Russie.

Un grand championnat en Afrique

Depuis son indépendance, le championnat égyptien fait parti des plus grands championnats du continent africain et y compte certains des meilleurs clubs du continent, en particulier deux en provenance du Caire : Al Ahly et Zamalek. Le 1er , fondé et créé en 1907 par des étudiants patriotes durant l’occupation britannique et dont le nom signifie le “populaire” en arabe, est probablement le club le plus titrée d’Afrique avec 39 titres de champions d’Egypte et 36 coupes d’Egypte ; le second, qui voit le jour en 1911 sous le nom de Kasr El Nil, puis Farouk Ier dans les années 1940  et de prendre ce nom dès 1952 et qui tient référence à un quartier chic et fondé par des étrangers résidant au Caire, c’est 12 titres de champions d’Egypte et 23 coupes nationales.

Pourtant, les deux géants cairotes ne furent pas les 1ers Egyptiens sacrées champions d’Afrique. Ismaily SC fut le 1er club égyptien à être sacrée champion d’Afrique en 1969 sur le score total de 3:2 face au double champion d’Afrique de l’époque, le Tout Puissant Mazembe. C’est à partir des années 1980 que Al Ahly et Zamalek s’affrontent pour dominer le football africain. Le 1er remporte son 1er titre de champion d’Afrique en 1982 sur le score total de 4:1 face aux Ghanéens d’Asante Kotoko. Le second va prendre le dessus sur son rival à l’échelle continentale dès 1984 face au Shooting Stars d’Ibadan (Nigeria) sur le score total de 3:0, avant une rebelotte en 1996 sur le score final de 3:3 et Zamalek finit par s’imposer au tirs aux buts 5:4 pour son 4ème sacre africain. Son second sacre date de 1986 face à l’Africa Sports d’Abidjan sur le score total de 2:2 et finit par s’imposer aux tirs aux buts sur le score de 4:2. Après avoir fait les frais d’Al Ahly, Asante Kotoko a aussi fait les frais de Zamalek qui s’impose aux tirs aux buts 7:6 en 1993 après un score nul et vierge sur l’ensemble de la double confrontation. Après une seule victoire finale en Coupe des Coupes en 2000, Zamalek remporte son 57ème et dernier sacre continental en 2002 face au Raja Casablanca sur une victoire 1:0 en Egypte après un score nul et vierge au Maroc.

 

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Après avoir gagné 3 Coupe des Coupes d’affilé entre 1984 et 1986 (la 4ème date de 1993 en faisant ainsi l’équipe la plus titrée de l’histoire de la compétition), Al Ahly remporte son second sacre continental en 1987 face à l’équipe soudanaise d’Al Hilal de Khartoum après une victoire 2:0 à domicile (sachant qu’il y a eu 0:0 au Soudan) et succédant à son rival cairote de Zamalek. C’est dans les années 2000 que Al Ahly s’offre le plus beau palmarès du football africain, prenant ainsi le dessus sur son rival, qui l’a déjà fait en Egypte. Ça recommence en 2001 en remportant son 3ème sacre africain face aux Sud-Africains de Mamelodi Sundowns (basée à Pretoria) sur le score total de 4:1 ; puis il devient le 3ème club à être sacrée deux fois champion d’Afrique d’affilé.

En 2005 et 2006 face aux Tunisiens de l’Etoile du Sahel (sur le score de 3:0 au retour au Caire après un match nul et vierge), et au CS Sfax sur le score total de 2:1 avec une victoire égyptienne sur les terres tunisiennes dans les derniers instants de la finale retour permettant ainsi d’égaler son rival de Zamalek sur le continent africain. C’est en 2008 que Al Ahly devient le club le plus titrée d’Afrique sur le score total de 4:2 face aux camerounais de Coton Sport basée à Garoua obtenant ainsi son 6ème sacre africain. Al Ahly redevient deux fois champion d’Afrique de suite en 2012 face à l’Espérance de Tunis sur le score total de 3:2, puis face au Orlando Pirates de Johannesbourg sur le score total de 3:1 permettant ainsi d’obtenir ses 7ème et 8ème sacre continentaux. L’année suivante, Al Ahly remporte sur le score total de 2:2 avec à domicile, une victoire à la dernière seconde face aux Ivoiriens de Séwé Sports en Coupe de la Condéfédération (Fusion de la Coupe des Coupes et de la Coupe de la CAF crée en 2004).

Al Ahly domine outrageusement en Egypte et sur la scène continental face à Zamalek avec 20 titres internationaux rejoignant ainsi les grands clubs comme le Milan AC, le Real Madrid et Boca Juniors dans le cercle des clubs les plus titrés du monde du football. La rivalité entre Al Ahly et Zamalek s’étend également aux autres sports collectifs comme le basket, le volleyball, le handball et le water-polo et fournissent un important contingent aux équipes nationales égyptiennes, surtout en football.

 

Marko PANTIC

 

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