Une décennie avec l’Equipe de France (1/4) : le cauchemar de Knysna

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l'Equipe de France de football à Knysna en 2010
Ligue 1

De l’humiliation de Knysna à la Coupe du Monde gagnée en Russie, l’Équipe de France a connu une Euro raté et une Coupe du Monde brésilienne fondatrice de tous les espoirs. 

Est-ce que l’histoire du sport collectif français a connu plus grande résurrection ? En 10 ans, l’Équipe de France masculine de football est passé de l’enfer au paradis au prix d’un purgatoire dont on a bien cru qu’elle ne se sortirait jamais. Retour en 4 dates clefs.

20 Juin 2010 : Knysna

On aurait dû le voir venir. Franchement, à voir débarquer Franck Ribéry en claquettes chaussettes en direct dans Téléfoot animé par Christian Jeanpierre, on aurait dû se douter que ça allait tourner vinaigre. Autre petit détail qu’on aurait dû prendre au sérieux, la Une de l’Equipe qui rapporte les propos pour le moins cavaliers de Nicolas Anelka à Raymond Domenech : « Va te faire enculer sale fils de pute », et l’exclusion à la suite de cet incident de vestiaire du joueur des Blues. On avait 10 ans de moins, on n’était pas très malin.

A ce sujet, les versions divergent – et divergent c’est énorme quand on songe à la proposition de l’attaquant français. Si on retient la version qu’en a donné le technicien français dans son livre « Tout seul », ce qui l’a choqué le plus serait le passage au tutoiement. Chacun ses limites.

Franck et Yoan AESD

Quoiqu’il en soit, l’attaquant trappiste est exclu, ayant refusé de s’excuser publiquement, il est soutenu par une immense partie des joueurs qui, officiellement, ne supportent pas que des propos échangés dans l’intimité du vestiaire n’y soient pas resté. C’est du reste ce que dit Franck Ribéry, en même temps qu’il jure ses grands dieux que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes avec Yoann Gourcuff, quand il s’invite dans Téléfoot le matin du 20 Juin, on y revient. Le Nordiste s’excuse de n’avoir pas suffisamment mouillé le maillot pour faire gagner l’Équipe de France et promet de faire ce qu’il faudra contre l’Afrique du Sud pour qualifier l’équipe pour la suite de la compétition.

Il faudrait, à ce stade, que Franck Ribéry nous explique quelle était alors sa définition de mouiller le maillot et tout donner. Attaquant de devoir, travailleur, batailleur, on ne peut pas soupçonner le Kayser de ne pas savoir ce qu’est de travailler dur. Ainsi, quand quelques heures plus tard les joueurs de l’Équipe de France de football, finaliste sortante, décident de ne pas s’entrainer à Knysna et de rester dans le bus jusqu’à ce qu’un communiqué soit porté à la connaissance des journalistes sur place et donc du public, qu’en est-il de cette promesse ?

Marron depuis le Togo

Tout cela n’a aujourd’hui, 10 ans après, plus beaucoup d’importance. Cela aurait pu en avoir puisque, si les joueurs avaient suivi leur première idée de boycotter le troisième match de poule, le fameux au maillot mouillé, la France aurait pu être exclue de toute compétition internationale pendant 4 ou 6 ans. Pas la même limonade.

Quand la classe politique s’est senti fondée à commenter un événement sportif, on se demande encore par quel miraculeux truchement, elle s’est également sentie inspirée de s’en prendre d’abord et surtout aux joueurs. On retiendra la saillie « des caïds immatures commandent à des gamins apeurés, un coach désemparé et sans autorité, une Fédération française aux abois » de Roselyne Bachelot. Pas aussi sotte qu’elle n’y parait, la saillie.
On passera volontiers sur la partie réservée aux joueurs et ses mots mal choisis, pour se concentrer sur le manque d’autorité du coach. Car, à considérer que certains joueurs soient devenus des caïds, leur autorité sur le vestiaire ne serait venue que remplacer celle d’un coach qui n’en a peut-être jamais vraiment eu dans cette équipe. On le sait désormais, depuis le match contre le Togo lors de la Coupe du Monde 2006, Raymond Domenech n’était plus le maitre incontesté à bord, pourtant confirmé et prolongé, quand bien même l’échec humiliant de l’Euro 2008 et sa communication pour le moins contestable. Une Fédération aux abois, a dit la dame.

Chicorée

Finalement, pour les plus oublieux d’entre nous, c’est donc une grève de l’entraînement qui est choisie comme méthode d’action. Raymond Domenech doit séparer Patrice Evra et Robert Duverne sous peine de chicorée, plus tard le sélectionneur se dévouera pour lire le communiqué des joueurs. Quand on y pense aujourd’hui, on pourrait même dire qu’il s’est sacrifié. On ne saura jamais quel effet cela aurait pu avoir sur sa carrière et son image, mais le joueur qui aurait pris, à la place de Domenech ce jour-là à Knysna, cette responsabilité ne s’en serait probablement jamais relevé. Se sachant débarqué au profit de Laurent Blanc – de quoi creuser un peu plus la tombe de son autorité, le finalement jamais mari d’Estelle Denis ne risquait pas grand chose.

Deux jours plus tard, c’est une équipe assez largement remaniée que Raymond Domenech aligne et qui perdra 2-1 contre les Bafana Bafana. Florent Malouda restera dans cette sinistre histoire de Knysna comme le seul buteur français de la Coupe du Monde 2010.

La France est éliminée de la Coupe du Monde. Un nouvel sélectionneur est choisi pour la mener, et bientôt des bouleversements agiteront aussi la FFF.

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