WTA Strasbourg : entretien avec Denis Naegelen, directeur du tournoi

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Ligue 1

Ce n’était pas gagné, mais Denis Naegelen, le directeur des Internationaux de Strasbourg, s’est accroché pour que l’édition 2020 puisse avoir lieu malgré l’épidémie de Covid-19. Alors que la quasi totalité des compétitions se joue à huis clos ou presque, le tournoi a réussi à ouvrir ses portes au public. Un vrai petit miracle pour le tournoi strasbourgeois.

Après une belle semaine de tennis sur les courts de Strasbourg, Denis Naegelen dresse son bilan. 

Bonjour Denis ! Quel est votre ressenti général par rapport à cette édition 2020 ? 

Une grande satisfaction. Vraiment. Une très grande satisfaction parce que ça a été tellement dur de pouvoir organiser ce tournoi. Il y a du public. Pas autant qu’on espérait, mais c’est normal. Les gens ont encore un peu de mal à sortir et à se rassembler dans une tribune, même si on a pris toutes les précautions nécessaires bien entendu. Mais ça reste une très grande satisfaction parce que le tournoi a lieu et qu’il y a eu du public ; et les partenaires ont également répondu présent.

Justement, c’est le premier tournoi de tennis à ouvrir ses portes au public. Est-ce que vous ne ressentez pas une certaine fierté d’avoir réussi ce pari ? 

Non, je ne le prends pas comme une fierté. J’ai de la peine pour les autres tournois surtout. Je suis très triste de ce qu’il se passe à Roland-Garros. Et j’espère qu’on ne sera pas le seul tournoi à accueillir du public, parce que tout est encore possible malheureusement. Je n’en tire aucune gloire, aucune fierté. Ce sont des circonstances terribles pour ceux qui ont été obligés de jouer à huis clos.

Quel aurait été l’impact pour le tournoi s’il avait dû être annulé cette année ? 

Financièrement, pas forcément plus difficile que de l’avoir fait. C’était un choix bien réfléchi de se dire que l’annulation nous faisait perdre un peu d’argent. On n’avait pas encore engagé le gros des investissements (montage des tribunes, du village, payer les prix des joueuses, etc…) donc on pouvait encore se retirer. Mais on a décidé malgré tout de le maintenir, ne sachant pas si on serait dans une meilleure position financière, mais au moins on avait la chance de pouvoir travailler sur quelque chose qu’on aime. Donc voilà, on a décidé de reporter. Ça a été très compliqué, mais les choses se sont un peu arrangées sur la fin. Mais au final on risque quand même d’enregistrer un léger déficit.

Donc c’est toujours mieux que pas de tournoi du tout… 

Ah oui c’est dix fois mieux que pas de tournoi du tout. Je suis un organisateur d’événements, je ne suis pas un financier. Je n’ai pas envie de me dire que je perdrais peut-être un peu moins d’argent en ne travaillant pas du tout parce que c’est l’analyse de mon tableur Excel. Non, je suis organisateur, je veux organiser. Et je suis heureux de voir qu’il y a du monde et des gens qui applaudissent. Clara Burel a sûrement gagné son premier match parce qu’il y avait du monde qui l’encourageait. Je pense que les joueuses ont beaucoup apprécié qu’il y ait du public aussi.

Le tournoi se déroule en automne. Vous avez pu profiter d’une météo clémente toute la semaine malgré ce week-end pluvieux, mais est-ce que vous avez dû prendre plus de paramètres en compte par rapport aux conditions climatiques ? 

Non. Le plus compliqué a été de mettre en place le protocole sanitaire qui est extrêmement compliqué. On a du changer notre manière de travailler, notamment au niveau de l’organisation de la sécurité et du nettoyage. Mais l’aspect climatique n’a pas changé grand chose car on s’est rendu compte que le risque météo était exactement le même que si le tournoi s’était déroulé au mois de mai. Il peut faire très chaud comme très froid. On est l’un des rares villages VIP à avoir le chauffage et la climatisation (rires).

Comment s’est passé la mise en place du protocole sanitaire, et notamment l’accueil du public ? 

On a été guidé par l’ARS (agence régionale de santé) et par la préfecture. Aujourd’hui on a pu accueillir le public à 50% “optimisé”. C’est à dire qu’entre chaque groupe, on a mis en place une distanciation obligatoire. Chaque groupe de spectateurs peut contenir maximum 10 personnes. Et vu que les spectateurs viennent plutôt par groupe de 2 ou 3 en moyenne, ça nous fait au final une jauge à environ 50%. On pouvait faire rentrer maximum 2200 personnes sur l’ensemble du complexe, annexes comprises. Mais on a jamais atteint ce nombre. On a atteint environ 1500 personnes sur le central. On sent que le public est très discipliné. Les gens respectent les distanciations d’eux mêmes. Les spectateurs qui sont venus savent pourquoi ils viennent, ils ont envie de voir du tennis donc ça les rend plus actifs, on sent vraiment que c’est un public de connaisseurs.

L’édition 2020 des Internationaux de Strasbourg s’est clôturée avec la victoire d’Elina Svitolina en trois sets face à la jeune Elena Rybakina en finale. Et malgré une météo capricieuse en fin de semaine, le tournoi a pu aller à son terme.

Mission accomplie pour Denis Naegelen ! 

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