WWE : Brock Lesnar, l’homme derrière la bête

0
Brock Lesnar
Brock Lesnar, la Bête de la WWE

Détesté ou adulé, Brock Lesnar est considéré comme l’une des superstars les plus importantes de l’histoire de la WWE et du sport de combat en général. Cependant, la Bête se fait discrète en dehors du ring au point de tomber dans la misanthropie. Malgré tout, la personnalité de Lesnar ne laisse personne indifférent. On le dit intimidant, attachant et secret à la fois. Retour sur la face secrète de l’ancien champion de la WWE.

Brock Lesnar est probablement le catcheur le plus clivant de sa génération. Si son physique et sa force impressionnent, la Bête de la WWE agace par sa nonchalance et son statut privilégié au sein de la fédération. Sacré 5 fois champion du monde depuis son retour en 2012 pour un règne cumulé de 1096 jours, Brock Lesnar n’a pourtant disputé que 64 combats durant son second passage à la WWE, dont seulement 45 télévisés. Un total extrêmement faible en huit années. Malgré cela, le lutteur de 42 ans ne laisse personne indifférent et chacune de ses apparitions suscite l’emballement du public. Un engouement à l’opposé de la réelle personnalité de l’ancien champion de la WWE, davantage habitué à sa petite vie de famille dans sa ferme de Saskatchewan au Canada.

 

« C’est un monstre de la nature » – Kurt Angle

À l’occasion de WrestleMania 36 le week-end dernier, ESPN a décidé de se focaliser sur Brock Lesnar, l’homme. Faire abstraction de la bête de la WWE et du monstre de l’UFC, véritable icône du sport de combat. Se concentrer sur la personnalité du natif de Webster, petite ville du Dakota du Sud dont le nombre d’habitants est bien inférieur de ce que peut remplir la WWE dans une salle chaque soir, à travers les témoignages de nombreuses personnes l’ayant fréquenté. « Brock Lesnar est une énigme. Il aime garder sa vie personnelle privée », explique Stéphanie McMahon, directrice de la marque à la WWE. Le principal intéressé est plus radical lorsqu’il accepte de parler de lui, et c’est rare. En octobre 2015, il participe au podcast de Stone Cold Steve Austin et reconnaît sa personnalité introvertie : « Dans la vie, je ne suis pas différent de ce que je suis à la télé. Je n’aime pas vraiment les gens. Je suis désolé, je n’aime pas… Je n’aime pas être entouré d’un tas de gens, et c’est un peu ironique, parce que je peux sortir dans une arène pleine de 20 000 personnes et être d’accord avec ça. C’est pour ça que je vis au milieu de nulle part, c’est pour ça que j’ai une clôture de 2 mètres autour de ma propriété… »

Brock Lesnar est un caméléon, capable de s’adapter à la WWE, à l’UFC, et même de s’essayer au football américain à la NFL. Dès la première impression, le physique de Lesnar impressionne. Tous ceux qui l’ont côtoyé avouent avoir été subjugués par sa force. « Je me souviens que je devais probablement avoir 20 ans, en 2004, j’étais encore à l’université. Et il s’était arrêté à la salle de lutte de l’Université du Minnesota. Quelqu’un lui demandait toujours, “combien tu peux soulever au développé couché ?” Sa réponse était : “Peu importe combien je mets sur la barre. Ça n’a pas d’importance. Continue juste à mettre du poids, je vais continuer à le faire.” », raconte Cole Konrad, ancien champion poids lourd Bellator et partenaire de Lesnar pour l’entraînement au MMA. « Je suis sûr qu’il avait une limite à un moment donné, mais je ne l’ai jamais vue. Je sais juste que c’était bien, bien, bien au-delà de ma limite. »

« Je voyais Lesnar avec presque 180kg sur le banc de musculation, et il faisait 5 ou 6 répétitions », se rappelle Kurt Angle, Hall of Famer de la WWE qui a partagé le ring à plusieurs reprises avec la Beast. « Ce n’était pas un culturiste. Il ne faisait pas vraiment de musculation. Mais il avait la force d’un bœuf. J’ai dû le voir faire des squats avec, je pense, au moins 340 kg environ 8 fois. Et ce qui est fou, c’est que si vous regardez ses jambes, elles sont la plus petite partie de son corps. Pour qu’il puisse s’accroupir à ce point, vous imaginez comment est le haut de son corps ? Dieu l’a fait pour être le formidable athlète que tout le monde veut être, en ce qui concerne la force, la taille, la vitesse, l’explosivité. C’est un monstre de la nature. » Puissant donc, mais Brock Lesnar a également laissé bouche bée ses collègues par sa vitesse. « Nous avions un coureur très rapide, un très grand athlète à la WWE : Billy Gunn. Il a défié Brock à une course, un sprint — un sprint de 55 mètres. Brock l’a fumé. C’est dire à quel point il était rapide — et il pèse plus de 130kg. On ne court pas aussi vite à 130kg », ajoute Angle.

Les deux hommes se sont notamment illustrés à la WWE en 2003, avec en point d’orgue un contrat qui est resté dans l’histoire à WrestleMania. Pourtant, Kurt Angle et Brock Lesnar étaient loin d’être enthousiastes à l’idée de travailler ensemble. « Je ne voulais pas lutter contre Brock. Je sais qu’il ne voulait pas lutter contre moi », confie Angle, champion olympique de lutte en 1996. Le déclic ? Les deux lutteurs se sont retrouvés sur le ring un soir pour une confrontation réelle. « Lui et le Big Show étaient sur le ring. (…) À ce moment-là, le Big Show devait peser 235kg, mais il le prenait et le frappait à l’arrière de la tête. Je me suis dit que ce type pourrait me tuer. Je faisais 100kg, le Big Show 235, et Brock le gérait. Je n’ai jamais vu personne faire ça à un humain. Donc à un moment, j’ai dit au Big Show de sortir du ring et je suis allé derrière Brock lui donner une tape sur l’épaule, et il savait qu’on allait le faire. La rumeur dit que je l’ai complètement dominé. Ce n’est pas vrai. C’était très équilibré. J’ai fait tomber Brock plusieurs fois. Il ne m’a pas fait tomber. Mais on a tenu 15 minutes ». Il faut dire que Brock Lesnar connaît parfaitement la lutte pour avoir été champion NCAA poids lourds en 2000 à l’Université du Minnesota.

 

« Avec Brock, l’intensité est multipliée par 100 car c’est un grand méchant fils de p***. Il est gros, il est méchant, et il veut vous déchirer » – Daniel Cormier

Impressionnant sur un ring, Brock Lesnar l’est aussi dans l’octogone. En 2007, il s’engage à l’UFC et combattra à 9 reprises jusqu’en 2016, pour un total de 5 victoires et un titre poids lourds glané. En 2018, Lesnar revient confronter Daniel Cormier dans la cage pour un combat qui n’aura finalement jamais lieu, en raison d’une prolongation de contrat à la WWE. Les deux hommes se connaissent pourtant bien et l’Américain confesse à ESPN avoir été fasciné par la présence de Lesnar : « Nous sommes devenus amis au fil des ans. Mais là, c’était très différent. Quand vous êtes dans cet octogone et que vous êtes l’ennemi, c’est une intensité bien différente. Et avec Brock, c’est multiplié par 100. Parce que c’est un grand méchant fils de p***. Il est gros, il est méchant, et il veut vous déchirer. Je pouvais vraiment sentir la différence ».

Durant son passage à l’UFC, Brock Lesnar étonne par sa personnalité bien éloignée de l’attitude qu’il peut dégager. C’est un Lesnar blagueur et humain que découvrent les autres combattants comme le montre bien cette anecdote de Chuck O’Neil, son partenaire en MMA. « Nous avions une camionnette qui venait nous chercher à la maison tous les jours. Nous roulions vers le centre d’entraînement. On parlait et puis tout d’un coup, on s’est fait frapper par-derrière. Nous avons regardé derrière nous et il y avait Brock dans cet énorme camion blanc. Il riait, comme le Brock Lesnar normal de la télévision. Il s’est jeté dans le camion. On est sorti et on lui a demandé ce qu’il faisait, on se dit que c’est son camion. Et là il balance, “Oh, je m’en fous…, c’est le camion de Dana White (président de l’UFC, NDLR) de toute façon.” Dana lui a loué une maison et un camion, et on se demandait vraiment ce qu’il venait de se passer. On n’était pas vraiment sûrs. »

 

Brock Lesnar et Jacob “Stitch” Duran (Photo : Josh Hedges / MMANews)

Auprès du petit personnel, Brock Lesnar se montre aussi attachant et ne joue pas de son statut de star. « J’ai toujours été celui qui a été désigné pour envelopper ses mains, se souvient Jacob “Stitch” Duran, l’ancien « cutman » de l’UFC qui s’occupait de Lesnar. Je me souviens de l’époque où il combattait Heath Herring en 2008. J’enveloppe ses mains et je lui dis avant le combat : “C’est un beau t-shirt.” Parce qu’il avait de beaux t-shirts. Et il m’a dit : “J’en ai un pour toi. Quand j’ai fait mes bagages, ma femme m’a demandé si je devais apporter un t-shirt pour Stitch.” J’ai fini d’envelopper ses mains, il a pris son sac et m’a donné une chemise. J’ai trouvé ça bien, parce que ce sont des moments dont on se souvient. Je ne faisais même pas partie de l’équipe, mais ça m’a donné l’impression de faire partie de l’équipe. C’était un des t-shirts de l’équipe. » Burt Watson, ancien coordinateur des événements de l’UFC, raconte pour sa part à ESPN le problème qu’il a rencontré avec Brock Lesnar pour sa première soirée en MMA. Les mains du catcheur étaient si grandes qu’aucun gant n’était à sa taille, de quoi inquiéter le membre de l’UFC qui a néanmoins rapidement été rassuré par Brock Lesnar, patient et compréhensif: « Il ne s’énervait pas, il a juste vu que ça ne passait pas. Mais il savait aussi qu’il devait avoir un gant, et il m’a juste regardé et a dit : “Et maintenant ?” Mais il était calme, il n’était pas belliqueux. Il n’était pas Brock Lesnar, célèbre star de la WWE. Il était là, dans un monde complètement différent.»

 

« Lesnar ? Wow, ce type est incroyable » – Drew McIntyre

À la WWE, l’importance de Brock Lesnar dans les vestiaires se fait également ressentir sur le plan humain. Il y a peu, Paige expliquait dans un entretien pour Inside The Ropes que son collègue, bien que souvent absent, n’hésitait pas à prodiguer des conseils à ceux qui le consultaient : « Il est vraiment effrayant quand on le rencontre pour la première fois. Il est énorme, c’est un homme intimidant mais une fois que vous le connaissez, il est aussi très sympathique. Si tu veux un conseil de sa part, il te dira : “Oui, bien sûr que je vais t’aider.” Il est aussi d’une grande aide ». Vainqueur de Brock Lesnar à WrestleMania, Drew McIntyre admet volontiers que son adversaire au Superbowl du catch a joué un rôle important dans sa mise en avant à l’écran. « Brock a fait plus qu’il n’en fallait pour que je sois le meilleur possible », a confié McIntyre à talkSPORT, prenant en exemple l’un des épisodes dans lequel il s’en était pris à l’ancien champion de la WWE : « Je suis sûr que vous avez probablement remarqué que l’un des Claymore Kick n’était pas nécessaire prévu. Il a fait tout son possible lorsqu’il a senti l’énergie de la foule parce qu’il est comme ça. Il est bon et professionnel. Nous avons donc continué et je me disais : “Wow, ce type est incroyable”, et je suis content d’être à un niveau où je peux me confronter à lui. Nous travaillons ensemble ici et il est plus que prêt à en faire le maximum pour que je sois le meilleur possible et que je sois à la hauteur. (…) Personne ne ressent la foule comme Brock Lesnar. En termes d’apprentissage, c’est wow… Ce type est plus doué que tous ceux à qui j’ai parlé. Il y a le niveau superstar et le fait d’être au-dessus du niveau, et puis il y a le niveau élite que très peu de gens atteignent. »

 

« Je ne veux pas ruiner son image, mais je pense que Brock est un amour  » – CM Punk

S’il s’y connaît en catch, Brock Lesnar est également au point concernant le MMA. Alors lorsque CM Punk décide de quitter la WWE pour tenter sa chance à l’UFC, c’est naturellement qu’il décide de proposer son aide à l’un de ses anciens adversaires sur le ring comme le raconte CM Punk à ESPN : « Je ne veux pas ruiner son image, mais je pense que c’est un amour. Quand je suis entré en MMA et que j’ai quitté le catch, il m’a envoyé un SMS me disant : “Hey, si tu as besoin d’aide…” Je suis toujours un peu un gars distant. C’est difficile de s’ouvrir et de faire confiance aux gens dans le monde du catch, mais il a toujours été un amour de mec. (…) Je pense que Brock a un grand cœur, et c’est quelque chose dont beaucoup de gens ne parlent pas. Ils parleront de sa force et des choses folles sur le plan athlétique qu’il a faites dans sa carrière, de ses exploits. Mais ils ne parlent pas du fait qu’il aime sa femme, ses enfants, qu’il vit dans une ferme et qu’il veut tout simplement qu’on le laisse tranquille. Toute la gloire, l’argent et tout le reste ne sont qu’un effet secondaire de la réussite dans ce qu’il veut faire. Et il fait ce qu’il veut, quand il veut. C’est là toute la beauté de Brock Lesnar. »

Rey Mysterio raconte par ailleurs avoir été marqué par un moment clé du premier passage de Brock Lesnar à la WWE. Un moment qui a tout simplement incité Lesnar à claquer la porte en 2004. « À un moment donné, Brock était malheureux. C’était juste avant qu’il ne quitte la WWE en 2004 pour la première fois. Nous allions en Europe, et ma femme et moi étions assis juste derrière lui dans l’avion-charter, se remémore le luchador. Et je vois Brock se ronger les ongles et regarder la photo d’un de ses enfants. Ça l’a vraiment frappé, le fait qu’il devait voyager autant. C’était son côté humain. L’instinct paternel qu’il a. Peu de temps après, il s’est dit : “Je dois partir d’ici. Je ne peux plus faire ça.” Pour beaucoup d’entre nous, nous travaillons tellement dur pour arriver à cette position, et quand vous l’avez, vous vous accrochez à cette position pour vous assurer que personne ne la prenne. Lui, il se disait qu’il avait fait ce qu’il avait à faire et il est parti. Je le respecte beaucoup pour ça. » Au cours du podcast avec Stone Cold en 2015, Lesnar expliquera qu’il se sentait « comme un animal piégé. Je me souviens d’avoir été dans un avion et d’avoir voulu ouvrir la porte et sauter hors de l’avion. C’est ce que j’ai ressenti… J’ai dit à Vince un jour: “J’ai été créée pour être dans un ring, pas pour passer d’un ring à l’autre. » Rey Mysterio avoue à ESPN que cela l’influencera dans sa vie familiale un peu plus tard : «  Après avoir vu Brock comme ça, cela a vraiment mis les choses en perspective. Cela m’a aussi fait voir ma vie personnelle d’une manière différente. (…) Même si nous ne le voyons pas, il est très proche de sa famille. Ça m’est resté en tête. Il faut choisir l’un ou l’autre, et il a choisi de passer plus de temps à la maison et de ne pas être autant sur la route », précise-t-il.

 

« Brock était très inquiet. Il en est presque mort » – Paul Heyman

Finalement, un homme semble faire le lien entre la vie personnelle et professionnelle de Brock Lesnar. Son manager à l’écran, son ami dans la vie : Paul Heyman. Ce dernier décrit Lesnar comme « son meilleur ami au monde ». « Je pense que dans les cinq minutes qui ont suivi notre conversation, nous savions tous les deux que nous avions trouvé un meilleur ami pour la vie. C’est une amitié sans peur, parce que nous savons tous les deux que l’autre dit la vérité absolue telle que nous la voyons. Et puis, il n’y a rien à craindre », explique Heyman. Il faut dire que les deux hommes ont vécu un moment très fort en émotion durant l’année 2009 au cours de laquelle Brock Lesnar a souffert d’une diverticulite, maladie intestinale nécessitant une intervention chirurgicale et qui a effrayé Lesnar comme le raconte Heyman. « C’est pendant la bataille de Brock Lesnar contre la diverticulite que nous avons écrit son livre. J’ai donc vécu beaucoup de moments de cette épreuve avec lui, à travers son combat de retour face à Shane Carwin en 2010. Bien sûr, il y avait des inquiétudes, explique-t-il à ESPN. La bataille contre la diverticulite a été une période très humanisante pour Brock Lesnar. Et il n’a pas aimé ça. Il était très inquiet. Il en est presque mort. Et il s’inquiétait à juste titre de savoir quelle part de sa carrière allait lui être volée et dont il allait être privé. »

En 2010, Lesnar raconta quelques détails de ce moment difficile de sa vie et des conséquences sur son physique et son mental : « Je suis resté allongé sur un lit d’hôpital pendant plus de deux semaines sans nourriture dans mon corps. Je ne pouvais pas mettre de nourriture dans ma bouche. Vous savez, j’ai perdu 20 kg à ce moment-là. Les médecins ne voulaient pas que mon estomac travaille, alors ils m’ont nourri par voie intraveineuse. J’avais deux PICC Line (cathéter veineux, NDLR), un dans mon bras droit et un dans mon bras gauche. Et se réveiller tous les jours pour prendre toutes ces drogues et ne pas pouvoir mettre de nourriture dans la bouche, oui, vous adoptez définitivement une approche différente de la vie. Vous réalisez qu’il n’y a rien de plus important dans la vie que votre famille et vous découvrez vraiment qui sont vos amis quand vous êtes allongé – j’avais l’impression d’être sur mon lit de mort. Vraiment, parce que j’étais très malade. Vous savez, cette maladie, elle tue beaucoup de gens. »

 

« J’avais l’impression d’être sur mon lit de mort » – Brock Lesnar

10 ans plus tard, Brock Lesnar s’en est fort heureusement tiré. Ce n’est pourtant pas l’unique épreuve physique qu’a rencontrée la Bête dans sa carrière. Retour en 2003, lors de sa rivalité contre Kurt Angle. À 25 ans, il participe au main-event de WrestleMania XIX contre le médaillé olympique et retiendra particulièrement l’intention pour son Shooting Star Press complètement raté au cours du match. Brock Lesnar se heurte le crâne au milieu du ring mais parvient tout de même à finir la rencontre et à remporter le titre de la WWE. De retour en coulisses, le jeune lutteur affiche alors plusieurs facettes de sa personnalité décrite dans cet article, entre colère, frustration, et sensibilité. « Il est rentré et a commencé à lancer des trucs. Aucun des médecins ne voulait s’approcher de lui. Brock ne laissait personne le regarder. Personne, confie Gerald Brisco, ancien chercheur de talents à la WWE qui a recruté Lesnar à l’Université. Tout à coup, le producteur Michael Hayes est venu me crier : “Brisco, tu dois aller contrôler ton garçon.” Je suis allé là-bas et j’ai dit : “Calme-toi, Brock. Ça va ?” Il a dit : “Mon foutu cou.” J’ai dit, “Allons voir ça, allons vous chercher de l’aide médicale.” Il n’en voulait pas. J’ai dit : “Il faut que tu l’aies.” On a fini par passer la nuit à l’hôpital. Je suis resté avec lui, bien sûr. »

Avant le pay per view, Brock Lesnar redoutait déjà ce Shooting Star Press, prise qu’il n’avait pas réalisée depuis un certain temps. Gerald Brisco l’avait alors conseillé de ne pas prendre de risque s’il n’avait pas confiance, mais la star clivante du moment n’a pas voulu baisser les bras, de crainte de décevoir l’univers de la WWE. « Je lui ai dit : “Brock, tu n’as pas à faire ça.” Il a dit : “J’ai juste peur que si je ne le fais pas, ils ne me jugeront pas assez bon pour faire des choses. Je veux le faire”. C’est alors que la nature compétitive est entrée en jeu. C’est tout. Bien sûr, après coup, il a dit : “Je ne voulais pas le faire.” Mais il s’était engagé à le faire, et il l’a fait », ajoute Brisco.

 

Véritable bête sur le ring, machine physique, force de la nature, Brock Lesnar est finalement plus complexe qu’il n’y paraît. Une fois qu’il se sent prêt à enlever sa carapace, le fermier de Saskatchewan au Canada surprend par son humour, sa sympathie, sa pudeur. Un double visage qui rappelle celui d’André le Géant. Alors qu’il fêtera ses 43 ans en juillet prochain, Brock Lesnar semble encore avoir quelques belles années devant lui après une carrière déjà marquante. Malgré tout, Paul Heyman affiche un gros regret sur son protégé, touché par un grave problème de santé il y a quelques années : « Bien qu’il soit un athlète unique aujourd’hui, nous ne saurons jamais quel niveau Brock Lesnar aurait pu atteindre et quelle aurait été sa domination dans la division poids lourds de l’UFC. Sans parler de la WWE. Parce qu’une grande partie de son physique, de son athlétisme lui a été volée. » Mais sans cette histoire, Brock Lesnar n’aurait peut-être pas décroché 5 titres mondiaux supplémentaires dans le catch après 2012. « Je ne sais pas si je serais un catcheur si je n’étais pas tombé malade. Je ne serais peut-être pas là. Je serais probablement encore en train de me cogner la tête à l’UFC », reconnaissait-il en 2015. Heureusement, ou malheureusement diront certains, Brock Lesnar est actuellement à la WWE, et il compte bien y faire encore du bruit, tout en restant discret.

 

A lire aussi : Jeff Hardy et la WWE, le rendez-vous de la dernière chance

Suivez-moi sur Twitter : @BernardCls

 

(Image principale : WWE)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here