Les 30 moments qui ont fait 2018 : les Bleus champions du monde

Des cris de joie ou de rage, des larmes de bonheur ou de tristesse. Des heures passées sur le terrain ou devant la télé, c’est ça le sport. Nous faire ressentir toutes les émotions possibles et imaginables. La rédaction de We Sport FR revient pour vous sur les 30 événements sportifs qui ont fait l’année 2018. A consommer avec “deux” étoiles dans les yeux. Car cet été nos Bleus du foot ont (enfin) passé leur deuxième étoile et élevé la France au sommet du football mondial pour les quatre ans à venir. On attendait ces images depuis vingt ans, certains d’entre nous n’avaient même encore jamais vécu ça. Retour sur 90 minutes qui ont permis à certains de faire taire les critiques, à d’autres de s’imposer durablement comme des cadres de cette Equipe de France et à tous d’enflammer les Champs et la France entière.

« Plus rien ne sera jamais plus comme avant. » De la même manière que le sacre des Bleus de 98 avait enfin placé l’Equipe de France comme une sélection qui gagne, et changé beaucoup de choses, en commençant par le destins des 23 héros, celui de 2018, apporte lui aussi son lot de joie, évidemment, mais aussi de revanche et d’évolutions en tout genre.
Tout commence ce 15 juillet 2018 à 16h, heure française. Les 22 acteurs lancent alors les hostilités et Mario Mandzukic donne le coup d’envoi de la 21e finale de Coupe du monde de l’Histoire. Le géant croate se met rapidement en lumière, en ouvrant le score…pour les Bleus. À la 18e minute, Antoine Griezmann dépose un coup franc enroulé dans la surface, que Mandzukic détourne dans ses propres filets. Malgré ce premier but, les Français sont loin d’être maîtres de leur sujet, et les Croates reviennent, encore sur coup-franc. Tiré par le futur ballon d’or 2018 et maître à jouer de sa sélection, Luka Modric, le ballon rebondit sur trois têtes successives, avant de revenir sur Ivan Perisic à l’entrée de la surface. L’ailier des Vatrenis crochète un N’golo Kanté un peu passif, et fusille Hugo Lloris d’une frappe croisée remarquable.
Déjà aidés par la VAR à plusieurs reprises durant cette Coupe du monde (toujours à bon escient ceci-dit), les Bleus vont encore bénéficier d’un coup de pouce de l’arbitrage vidéo. Sur un corner de Griezmann dévié par la tête de Blaise Matuidi, Perisic détourne très clairement le ballon de la main. M. Pitana ne bronche pas, et à vitesse réelle le contact ne saute pas aux yeux. Devant la furie des Bleus, il se décide à consulter ses assistants, et au bout de deux interminables minutes, il désigne le point de penalty. Une décision qui fera débat, car le Croate est en effet positionné juste derrière Matuidi, et seulement quelques centièmes de seconde séparent la déviation du Français, de celle de Perisic. Même si l’intentionnalité est sujette à interprétation, on voit néanmoins, que le bras de ce dernier va nettement vers le ballon. Suffisant pour convaincre le corps arbitral de donner une occasion à Antoine Griezmann de marquer lui aussi de son empreinte cette finale. L’attaquant de l’Atletico ne tremble pas et prend Subasic à contre-pied.

Un but en finale de Coupe du monde, ça valait bien une danse Fortnite (quoique…) / Crédit photo : REUTERS / Kai Pfaffenbach

Pogba et M’Bappé enfonce le clou

Puis ce fût le tour de Paul Pogba. Celui à qui certains fans et journalistes reprochaient son manque d’investissement et de régularité, et son incapacité à être un leader de cette Equipe de France inexpérimentée, en profite pour s’imposer définitivement comme un des moteurs de cette épopée. À l’heure de jeu, il réalise une ouverture master-class de 50 mètres pour Kylian M’Bappé, puis se retrouve cinq secondes plus tard devant la surface de réparation croate pour reprendre le ballon. Sa première frappe est contrée, la seconde se loge dans les filets de Subasic, qui avait encore une fois anticipé du mauvais côté.

Crédit photo: DR

Didier Deschamps a beau rappeler ses hommes au calme, les exhortant à garder la tête froide, on se dit que ça commence à sentir très bon cette affaire.  Les Bleus marchent alors sur la tête de leurs adversaires, espérant les enfoncer toujours un peu plus pour tuer tout espoir de rébellion. Plus agressifs, plus précis, les coéquipiers de Lloris font un match de champion du monde. Pas toujours impressionnants, ni dominateurs, mais toujours dans l’esprit de vaincre et de faire mal. Et Kylian M’Bappé vient récompenser cette bonne période et clore le suspense à la 65e. D’une frappe ras-de-terre il quadruple la mise et permet à la France d’avoir une main sur le trophée. Il devient accessoirement le plus jeune buteur en finale d’une Coupe du monde depuis Pelé en 1958. On pense alors les Vatrenis sonnés et inoffensifs, mais Mandzukic, bien aidé par Lloris réduit l’écart à vingt minutes du terme. Sur un ballon anodin, Umtiti repasse par son gardien afin de repartir à l’attaque. Au lieu du ballon, le capitaine français préfère relancer le suspens en tentant un crochet face à Super Mario. L’attaquant juventino ne se laisse pas avoir et le cuir finit au fond.
Les Français ont un peu de mal à finir au mieux la partie, mais maintiennent l’écart et s’offrent le premier trophée de la génération Griezmann/M’Bappé/Pogba/Thauvin, l’avenir nous le dira. Le temps additionnel est interminable mais, alors que tout le banc est debout, et que des premiers sourires incrédules commencent à germer sur les visages des remplaçants français, les cadres de cette équipe finissent le travail. Tour à tour, Pogba obtient notamment une faute importantissime dans sa surface, avant que Lloris ne se saisisse d’un ballon chaud à vingt secondes du terme.
Nestor Pitana délivre alors  la bande à Deschamps et tout l’Hexagone par trois coups de sifflets salvateurs.

Une revanche, et le début de quelque chose de grand

Crédit photo: DR

66 millions de Français sont champions du monde, mais s’il y en a un pour qui ce sacre résonne différemment, c’est bien le sélectionneur Didier Deschamps. Lui dont tous les choix ou presque ont été contestés, lui qui a dû affronter l’affaire Benzema et toutes les accusations qui vont avec, lui à qui on a souvent reproché le jeu frileux des Bleus, et une asymétrie flagrante de résultats entre le vivier mis à sa disposition et les récentes performances de ses hommes, lui qui a cristallisé deux ans de frustrations en tout genre autour de l’équipe de France, lui, a emmené cette équipe au bout. Et comme un symbole, ce sacre aura été à l’image de ses deux dernières années en tant que sélectionneur, jamais couru d’avance, souvent dans la difficulté, accompagné d’une pelleté de polémiques et de critiques sur le jeu, mais il est bien là.
Pour le jeune ailier, Kylian M’Bappé, c’est (espérons-le) le début de quelque chose de grand. À même pas vingt ans, le jeune homme est déjà champion du monde. Un titre après lequel tant de légendes du football ont toujours couru en vain, Cristiano Ronaldo et Lionel Messi en tête. Mais comme pour tous ses coéquipiers, charge à lui de faire fructifier cette extraordinaire aventure dans les années à venir, en club mais aussi en sélection.
Les Bleus ont déjà échoué à se qualifier pour le Final four de la toute nouvelle Ligue des nations. Rien de grave cependant, au vue de l’importance relativement minime que revêt pour le moment cette compétition. Mais en revanche, il faudra être prêt dès mars prochain pour le début des éliminatoires de l’Euro 2020, où ils feront face à la Turquie, l’Islande, l’Albanie, la Moldavie et Andorre. Faux pas interdit, évidemment, même si, avec la nouvelle formule qui favorise les « gros », il est hautement improbable de voir les Français rester à la maison à l’été 2020. Un nouveau titre continental dans un an et demi, on est preneur, bien sûr. Et si ça passe par une nouvelle victoire à l’arraché face aux Belges suivi de six mois de pleurnicheries, c’est encore mieux.

That’s all folks ! Pendant un mois, nous sommes revenus ensemble sur toute cette année sportive. Nous avons choisi de finir en apothéose avec ce titre mondial. Certains auraient mérité de se trouver dans cette revue, mais ont réalisé leur exploit alors que la série avait déjà débuté. On pense bien sûr aux handballeuses françaises, championnes d’Europe le 16 décembre dernier. Elles sont venues parfaitement compléter une année riche pour le sport français. Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter une bonne année de la part de toute la rédaction We Sport FR. À tous, nos meilleurs vœux, en espérant vous accompagner encore toute cette année.

Crédit photo de couverture: REUTERS/Kai Pfaffenbach

A propos de l'auteur

Diplômé ESJ Paris, journaliste foot, passé par le Paris Normandie. L'important n'est pas d'avoir raison, mais de l'argumenter. Rabiot est surcôté

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