Football

Berrichonne de Châteauroux : Abdullah bin Mosaad en sauveur ?

En quête d’un nouvel investisseur depuis un an, la Berrichonne de Châteauroux devrait officiellement passer sous pavillon Saoudien dans les prochains jours. A sa tête, le Prince Abdullah bin Mosaad à la fortune surdimensionnée. La révolution est en marche.

À la Berrichonne de Châteauroux, les affaires vont mal, du moins sportivement. Lanterne rouge après 20 journées avec un mince bilan de 13 points, la mission maintien s’annonce bien compliquée. Pourtant, les nuages qui ternissent le ciel ombragé du Berry semblent sur le point de s’éclaircir. Trop tard ? Après avoir refusé les offres de Ravy Truchot, propriétaire du Miami FC et du russe Anton Zingarevich, c’est le millionnaire Abdullah bin Mosaad qui est en passe de devenir le prochain chef d’orchestre du club berrichon. L’intéressé devrait racheter deux tiers des actions et augmenter instantanément le capital de 2 millions d’euros. Quant à Michel Denisot, il est pressenti pour rejoindre le siège de président. Mais avant de parler d’un futur brulant, Cauet et son staff vont devoir batailler pour s’octroyer le droit de retrouver les joutes de la ligue 2 la saison prochaine.

Abdullah bin Mosaad, bâtisseur d’un empire

 Mais qui est donc cet homme venu frapper à la porte de Châteauroux ? Prince d’Arabie Saoudite, ce dernier fait fortune dans l’industrie du papier. L’entreprise spécialisée dans les serviettes et le papier toilette est rapidement cotée en bourse en 2006 et lui fait percevoir de nombreux bénéfices, tout en augmentant significativement son capital déjà bien élevé. Dès lors, l’homme a qui on estime une fortune de 200 millions d’euros, s’implique dans le football. A la tête d’United, sa holding implantée à Genève, l’investisseur se met en quête de rachat de clubs. Propriétaire de quatre structures, Sheffield United (Angleterre), Al Hilal United (Emirats), Beerschot (Belgique) et Kerala United, Châteauroux s’apprête donc à devenir le cinquième élément du groupe. Porté par de beaux résultats à court terme, comme l’accession de Sheffield en Premier League en 2019, mais aussi la promotion de Beerschot en 1ere division Belge, le Prince Saoudien ne manque pas d’être pris au sérieux côté Berrichon. Et disposer d’un large réseau de clubs semble bénéfique. Cela permettrait de faire circuler facilement les joueurs sous contrat entre les différentes équipes du groupe. Concernant les ambitions du concerné, l’homme ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « J’ai l’ambition d’augmenter mon périmètre à six ou sept clubs à travers le monde » déclarait-il récemment.

Pourquoi Châteauroux a tapé dans l’œil d’Abdullah bin Mosaad ?

En apparence, Châteauroux n’a pas vraiment le prestige d’un grand club français et sa situation sportive en ferait fuir plus d’un, pourtant… Ça, c’est en apparence, la preuve en est. Si l’on regarde un peu plus en détails, Châteauroux est bel et bien reconnu dans le paysage du football français puisque le club détient le plus grand nombre de matchs joués en Ligue 2 et a su perdurer à ce niveau malgré des moyens limités. Autre atout de luxe : son centre de formation. 22ème français, il est positionné devant certains clubs de Ligue 1. Et celui-ci a vu quelques noms s’y former. On pense bien évidemment à Florent Malouda, Jean-Philippe Mateta, Sébastien Roudet mais aussi Romain Grange ou Gilles Sunu et la liste est encore longue. On pense aussi aux jeunes éléments à la plus-value grandissante, comme Haissem Hassan, vendu à plus de 2M d’euros du côté de Villarreal en début de saison.

Mission maintien : Le pari Cauet   

© Alain Vermeulen

 Ce n’est plus un secret : quand tout va mal, c’est l’entraîneur qui trinque. Voilà déjà depuis le 21 novembre dernier que Châteauroux ne connait plus le moindre succès. Pire encore : les berrichons ont engrangé seulement 2 points depuis le 28 novembre. Trop peu pour espérer acquérir le maintien. Résultat des comptes, les dirigeants limogent Nicolas Usaï et l’ensemble de son staff durant la trêve hivernale après deux saisons de loyaux services pour le premier concerné. Alors que Luka Elsner, ancien entraîneur du SC Amiens est fortement pressenti dans le Berry, c’est finalement Benoît Cauet qui y pose ses valises. Un choix surprenant puisque ce dernier se montre inexpérimenté dans le monde professionnel. Le natif de Châtellerault s’avère alors être un sacré pari pour le défi qui l’attend. Après un cours passage en National peu convaincant du côté de Concarneau entre janvier 2019 et février 2020, l’entraîneur fait son baptême en professionnel dans l’Indre. Accompagné de Manteaux comme adjoint, il pourra également compter sur Rodolphe Roche pour entrainer les gardiens. Olivier Saragaglia, intérimaire après le départ d’Usaï, s’est lui aussi vu contraint de quitter le navire. Et même si Benoît Cauet n’a eu que quelques jours pour s’imprégner de l’air berrichon, les trois défaites concédées en trois matchs laissent déjà planer de nombreux doutes.

 

Jérôme Leroy de retour : la promesse d’un mercato agité !

© La Nouvelle République

Cela va de soi. Avec la moins bonne attaque du championnat (15 buts en 20 rencontres), et une défense bien fébrile, l’arrivée de renforts s’impose urgemment. Et pour ce faire, c’est le bien connu Jérôme Leroy, à la demande du groupe United, qui aura ma mainmise du recrutement. Une lourde tâche, dans une perspective de seconde partie de saison déterminante. Mais Jérôme Leroy, au réseau bien ficelé, sait y faire. Sa mission, d’une durée express d’un mois, promet l’arrivée de plusieurs éléments. Selon certaines sources concordantes, certains joueurs en manque de jeu dans les clubs phares du groupe United pourraient débarqués dans l’Indre. Les pistes extérieures sont aussi d’actualité. Si le club n’a encore officialisé aucune arrivée, des noms émergent déjà. C’est la charnière défensive qui s’apprête à connaitre un petit coup de pinceau. Aleksandar Radovanovic, défenseur central serbe sous contrat avec Lens (L1), semble intéresser les dirigeants. Racine Coly (Nice, L1), défenseur latéral gauche un temps évoqué, ne rejoindra finalement les Bleu et Rouge. Du côté offensif, même si les solutions de manquent pas, l’inefficacité durable des attaquants laisse penser de l’arrivée d’un buteur. Mais qui ? Cauet déjà bien esseulé espère de son côté un renfort par ligne. Les premiers noms devraient être dévoilés d’ici peu. Une chose est sûre, la première page de l’ère Saoudienne n’est plus qu’une question de jours.

Crédits photos : Football365/ Alain Vermeulen / La Nouvelle République

 

 

 

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