Bilan 3e journée Ligue 1: du spectacle et des premières!
Cette troisième journée fut riche en émotions. Marseille, Montpellier, Bordeaux, Brest et Nantes ont décroché leur premier succès. Rennes a confirmé son bon début de saison à Strasbourg et Victor Osinhem, du haut de ses vingt ans, a porté Lille face à Saint-Etienne. Monaco a encore perdu le fil du match face à Nîmes et le Paris SG va mettre toute son énergie dans le dossier Neymar. La Ligue 1 ne se joue pas que sur le terrain.
La preuve avec l’interruption de certains matches ce week-end à cause de chants et banderoles homophobes. Évitons de gâcher le football et le spectacle qui va avec, la Ligue des talents n’a pas besoin de cette promotion. Assez parlé et place au débrief !
Nice 1-2 Marseille
Fini « Super Mario », place à « Super Dario »
Dix jours après avoir propulsé son penalty dans les tribunes de la Beaujoire à Nantes, Dario Benedetto a fait preuve de caractère et d’instinct pour remettre Marseille sur les bons rails en ce début d’exercice. Son but, quelque peu aidé par une dose de réussite , est intervenu après l’interruption du match dû à des chants et banderoles homophobes. Ces dix minutes de coupure auront pénalisé les Niçois pourtant convaincant dans la première demi-heure de la rencontre.
Ensuite les Niçois ont attendu le coaching de Patrick Viera et l’entrée de Youcef Atal (62e) pour repartir de l’avant. Le latéral algérien, positionné en tant qu’ailier hier soir, a obtenu un penalty pour ses quatre premières minutes de la saison. Transformé par Wylan Cyprien, Nice semblait en mesure de remporter ce match.

Mais dans la bataille des entraîneurs, André Villas Boas a également marqué des points. Valère Germain est entré et l’entraîneur portugais a réajusté son organisation en passant d’un 4-3-3 à un 4-2-2 plus adapté aux qualités de l’ancien monégasque. Et une minute après son entrée et sur sa première touche de balle, Valère Germain a obtenu un penalty en jouant avec la naïveté d’Andy Pelmard. Nous connaissons la suite.
Les Olympiens ont engrangé de la confiance mais avant de se mettre à rêver ils devront confirmer leur regain de forme face aux Verts dimanche, eux aussi à quatre points après trois journées. Les Aiglons ont montré des signes intéressants et dans cette période de transition ou le milliardaire Jim Ratcliffe a pris le contrôle du club pour 100 millions d’euros, les recrues devraient venir renforcer cette effectif.
Nice n’a plus de temps à perdre puisque son nouveau propriétaire souhaite viser le top 4 de la Ligue 1 d’ici trois à cinq ans. Les Marseillais, peut-être sans le savoir, ont surement battu un de leurs prochains rivaux dans la course à l’Europe.
Lille 3-0 Saint-Etienne
Le malheur des uns fait le bonheur des autres
Sorti sur blessure dès la 19e minute du match, Loic Remy a peut-être perdu sa place de titulaire au profit de Victor Osinhem. L’attaquant nigérian, déjà auteur d’un doublé contre Nantes lors de la 1er journée, a illuminé cette rencontre. Par la qualité de ses déplacements et son intelligence de jeu, il aura mis en difficulté la charnière centrale stéphanoise composée de Loic Perrin et Harold Moukoudi. Saint-Etienne pouvait réagir en début de seconde période mais en avait-elle vraiment les moyens ?

Boudebouz n’a pas été assez influent dans ses transmissions, Arnaud Nordin fut trop peu sollicité et Khazri a tenté de se démarquer mais dans la profondeur il a difficilement masqué son manque de vitesse face à Tiago Djalo. Et les Verts ont été sanctionnés sur ce penalty concédé par Mathieu Debuchy. Y-avait-il faute ? A vrai dire le match ne s’est pas uniquement joué sur ce fait de jeu. L’organisation proposé par Ghislain Printant a manqué de cohésion et l’hétérogénéité de la forme physique de ses joueurs n’y a rien arrangé. Le déplacement à Marseille dimanche s’annonce déjà crucial dans les rangs stéphanois. Une défaite viendrait fragiliser la position plus que contesté de son manager. Quant aux Lillois ils tenteront d’embrayer sur une deuxième victoire en Champagne à Reims.
Montpellier 1-0 Lyon
Premier coup d’éclat pour Montpellier et premier dérapage pour les lyonnais
La frappe aussi surprenante, spectaculaire que surpuissante d’Arnaud Souquet aura lancé la saison des hommes de Michel Der Zakarian. Et aura marqué un coup d’arrêt dans celle des lyonnais. Les principes dictés par Sylvinho n’auront pas été appliqué sur ces 90 minutes. Dans l’envie et l’agressivité les Gones n’ont pas proposé l’état d’esprit observé sur les deux premières journées. Ils sont rapidement sortis de leur match comme en témoigne le carton rouge reçu par Youssouf Koné (52e).

Mais si les lyonnais ont rencontré de grandes difficultés, cela s’explique par l’organisation tactique adopté par les montpelliérains. Au milieu Lucas Tousart a été isolé et éloigné d’Houssem Aouar et Thiago Mendes. Oyongo et Souquet auront exercé une pression constante sur les latéraux lyonnais. Ces deux formations s’attendaient à passer un « test » et les Héraultais en sont sortis gagnants.
Ils devraient faire partie de ces équipes difficiles à manœuvrer à l’image de leur saison passée achevée à la sixième place. Quant aux lyonnais, avant de penser à la réception de Bordeaux samedi, ils seront tournés vers Monaco ou le tirage de la Ligue des Champions s’effectuera à partir de 18h.
Paris SG 4-0 Toulouse
Le show Chupo !
Que retenir de ce match ? La victoire des Parisiens à la suite d’une première mi-temps poussive ? Les blessures de Cavani et Mbappé ? Le festival Chupo-Moting ? Après cette rencontre les motifs d’inquiétude sont plus importants que les motifs d’espoir.
Le dossier Neymar, loin d’être tranché, va alimenter les pages mercatos jusqu’au 2 septembre. Le Paris SG aurait intérêt à conserver sa star brésilienne même si cela va à l’encontre des principes de la majorité des supporters parisiens. En refusant l’offre barcelonaise les dirigeants parisiens semblent opter pour cette option. Nous les imaginons difficilement débuter leur 8e campagne de Ligue des Champions sous l’ère qatari avec Chupo-Moting en pointe.

Malgré son doublé dimanche contre Toulouse, les rêveries de l’été correspondent rarement à celle de septembre. Déboussolé, amputé et inquiet le PSG peut légitimement l’être. Au moins 3 semaines de rétablissement attendent Cavani et Mbappé. Thomas Tuchel a changé son système à trois reprises en autant de match. Alphonse Areola n’apporterait aucune certitude dans les buts même si cela reste à vérifier, la défense semble elle aussi en chantier tandis que l’attaque s’émiette au fur à mesure des jours. Paris peut voir l’ombre d’une satisfaction dans un secteur de jeu qu’il tente de réapprovisionner depuis de deux ans : le milieu de terrain. En effet, la paire Verratti-Gueye semble en mesure d’avoir les épaules pour organiser le jeu.
En attendant toute projection chaque jour suffit à sa peine et ce n’est pas les Toulousains qui diront le contraire.
Angers 3-0 Metz
Angers pose les bases de son maintien à domicile !
Les hommes de Stéphane Moulin auront mis une mi-temps pour apaiser les douleurs de la fessée reçu à Lyon la semaine dernière (6-0). Leur bonne entame de match traduite, par une bonne agressivité, fut récompensée par Farid El Melali. Les Messins en difficulté sur les côtés, à l’image de Centonze, ont fini par craquer avant la mi-temps. Santamaria, d’une frappe de 25m, a porté le score à 2-0.
Les Angevins n’ont pas subi la vitesse des attaquants messins en contre et l’entraîneur des Grenats, Vincent Hognon, explique en partie pourquoi son équipe n’a pu espérer mieux samedi soir « Quand, au bout de 35 secondes, on subit un contre à l’extérieur, un carton jaune pour une défenseur (Sunzu) et coup-franc dangereux, cela part très mal ».
Contrairement à la Meineau, il y a deux semaines, les Messins n’ont pas élevé leur niveau de jeu en seconde période et le score fut sans appel. Alioui est venu parachever le succès des siens (3-0) en inscrivant son premier but sous ses nouvelles couleurs. L’attaquant marocain espère améliorer son rendement de la saison dernière avec Nîmes (5 buts en 27 rencontres disputées). Si Angers a maîtrisé cette soirée, il le doit également à son meneur de jeu : Pierrick Capelle auteur de 2 passes décisives et à l’origine de l’action menant à l’ouverture du score.
Dijon 0-2 Bordeaux
Bordeaux s’impose sans trembler
C’est la première de la saison, la quatrième sous l’ère Paulo Sousa entamée en mars 2019. Et oui, la victoire s’invite de nouveau dans les rangs bordelais. Les recrues, Hwang et Benito, ont trouvé le chemin des filets à Gaston Gérard et Bordeaux a traversé, avec une certaine tranquillité, cette rencontre. Koscielny aligné aux côtés de Mexer et Pablo commence à prendre ses marques. Otavio, dans son placement a coupé les relations de l’entrejeu dijonnais et ses coéquipiers repartent de Bourgogne prudents mais plus confiants qu’auparavant pour affronter Lyon, samedi prochain.

Les hommes de Stéphane Jobard devront d’abord se remobiliser à l’entraînement cette semaine, avant de penser à la prochaine rencontre. Cette défaite, la 3e suite, a mis au premier plan les difficultés offensives dijonnaises. L’absence de J.Tavares, blessé aux adducteurs et de B.Jeannot n’ont pas arrangé ce constat. « L’urgence » manifesté par S.Coulibaly, le défenseur bourguignon, dans les réactions d’après-match traduit la détresse de ses partenaires, des supporters et du club à devoir impérativement sortir de cette situation. Si les solutions manquent sur le terrain, le marché des transferts pourraient en apporter d’ici le 2 septembre.
Amiens 1-2 Nantes
Christian Gourcuff tient sa première victoire !
Dans cette période d’instabilité, liée au mercato, Nantes se démarque. Le collectif articulé autour de Valentin Rougier commence à remettre en ordre de marche les automatismes du printemps dernier. Si l’expulsion de B.Dibassy (31e) a handicapé les Amiénois, les Canaris semblaient ne pas avoir besoin de ce fait pour dérouler leur jeu. Le score s’est débloqué en deuxième période par l’intermédiaire de K.Coulibaly et S.Moses, prêté avec option d’achat par Levante. Et l’allant offensif des Canaris ne s’est pas résumé à ces deux buts. Avec leurs 25 tirs dont 6 cadrés, ils ont mis sous pression la défense amiénoise.
En fin de rencontre le jeune Imran Louza aurait pu aggraver le score. Son inspiration, un subtil lob sur R.Gurtner, a échoué sur la barre transversale. Cette victoire va galvaniser les hommes de Christian Gourcuff et semble dégager une certaine sérénité au sein de son groupe. A l’inverse, les Amiénois devront apprendre à canaliser leur énergie.
En cas de victoire lors de la prochaine journée, ces deux équipes pourraient se retrouver dans le top 10 du championnat et achever ce mois d’août avec un air de satisfaction.
Brest 1-0 Reims
Dominé n’est pas gagné !
Le Stade Reims a maitrisé les débats techniques à Francis le Blé mais a faiblit devant le but adverse avec seulement 2 tentatives cadrées sur les 10 construites.

« On a vraiment manqué de maturité » a constaté David Guion après la première défaite de son équipe sur son premier but encaissé cette saison. Les Champenois ont, à vrai dire, étaient punis par l’un des leurs. G.Charbonnier, ancien rémois (2013-2016) et meilleur buteur en Ligue 2 lors du dernier exercice, a retrouvé son sens du but. Lui qui avait vu son penalty repoussé par Reynet (1er journée face à Toulouse) et sa reprise sauvée sur la ligne par L.Perrin (2e journée à Saint-Etienne) a su être patient au plus grand bonheur des supporters brestois.
Les Remois ont de la ressource et tenteront de se relancer face à Lille lors de la prochaine journée tandis que les Brestois seront en quête d’un deuxième succès de rang en terre nîmoise.
Monaco 2-2 Nîmes
Monaco toujours dans le rouge
C’est le troisième match de suite ou l’un des joueurs de Monaco a écopé d’un carton rouge. Après C.Fabregas (1er journée), R.Aguilar (2e journée) ce fut au tour de Jemerson de rentrer prématurément au vestiaire. Et ce fait de match a fortement pesé sur le scénario de la rencontre. Devant au score grâce aux réalisations de leurs recrues offensives, I.Slimani et W.Ben Yedder, les hommes de Leonardo Jardim ont cédé dans les vingt dernières minutes. En infériorité numérique depuis la 55e minute, les latéraux monégasques ont souffert. La recrue nîmoise Z.Ferhat, meilleure passeur de Ligue 2 en 2017/2018, a servi Philippoteaux pour la réduction de l’écart et le jeune K.Denkey pour l’égalisation.

Ces deux équipes vivent un début d’exercice compliqué comptablement et humainement. Elles attendent le verdict du mercato. A Monaco la grande interrogation se situe autour de Falcao présent dans les tribunes dimanche dernier et en instance de départ pour Galastasaray. Côté nîmois Bernard Blaquart espère renforcer son groupe.
Strasbourg 0-2 Rennes
Rennes et Strasbourg : les tubes de l’été
Un sans-faute. Le parcours des hommes de Julien Stéphan s’avère, pour le moment, idéal. Deux victoires à l’extérieur et une de prestige à domicile face au champion de France en titre le Paris SG. La réception de Nice, dimanche prochain, pourrait conclure un mois d’août mené à la perfection par les Rennais.
Cette victoire en Alsace était attendue et elle a eu lieu. Strasbourg sortait d’un match intense face à Franckfort jeudi dernier et Thierry Laurey en a profité pour effectuer six changements dans son onze de départ. La qualité était présente des deux côtés mais c’est la lucidité qui a permis de faire la différence dans ce match. Grenier sur l’ouverture du score, E.Mendy en repoussant le penalty de J.Martin et M.Niang pour s’octroyer davantage de confiance- deuxième match de suite ou il trouve le chemin des filets- ont été les hommes de l’après-midi.

La VAR aura suscité des réactions comme celle d’Alexander Djiku après la rencontre et le penalty manqué de son coéquipier « Ces six minutes (entre la faute de Morel sur Simakan et le moment ou le penalty fut frappé), ça a été très dur, on était dans un bon rythme, ça nous a stoppés ».
En cas de qualification ce soir, les Strasbourgeois retrouveront l’adrénaline de la Coupe d’Europe en compagnie des Rennais. Deux clubs dont les histoires pourraient continuer à écrire leurs plus belles lignes.
Rennes est la seule formation française a réalisé un sans-faute en ce début de saison. Lyon et le Paris SG complètent le podium. Huit équipes dont Bordeaux, Marseille et Saint-Etienne figurent en milieu de tableau en comptabilisant quatre points. Monaco, 19e ne s’est toujours pas extirpé de la zone de relégation. Ils se retrouvent accompagnés de Nîmes (18e) et Dijon (20e).
La prochaine journée débute dès demain avec une rencontre palpitante qui nous attend à Saint Symphorien entre Metz et le Paris SG.