Tennis de table

Championnats d’Europe 2021 : l’Allemagne reine d’Europe, la France médaillée

Près de deux mois après les Jeux olympiques, l’élite du tennis de table européen se retrouvait en Roumanie pour les championnats continentaux par équipes. Meilleure nation européenne à Tokyo, l’Allemagne a encore affirmé sa domination sur le Vieux Continent en s’imposant dans les deux tableaux. De son côté, l’équipe de France peut se réjouir d’une médaille de France obtenue dans le tableau féminin.

L’Allemagne puissance deux

Ils arrivaient en tant qu’équipe à abattre dans les deux tableaux, et les pongistes allemands ont largement tenu leur rang. Médaillée d’argent chez les hommes et demi-finaliste chez les femmes lors des derniers Jeux olympiques, l’Allemagne a fait régner sa loi en devenant double championne d’Europe, une performance qui n’avait plus été réalisée depuis le doublé (déjà) allemand de 2013 à Schwechat en Autriche.

Un triplé mérité

Chez les hommes, les Allemands (Benedikt Duda, Ruwen Filus, Patrick Franziska, Dang Qiu et Kay Stumper) ont été souverains. Placés dans la poule A en compagnie de l’Ukraine et de la Biélorussie, les doubles tenants du titre (2017 & 2019) ont été expéditifs en ne perdant pas le moindre match, sécurisant ainsi facilement la première place de la poule et donc leur qualification pour le tableau principal. En quarts de finale, face à la République tchèque, la donne fut légèrement différente. Si Benedikt Duda lança parfaitement les siens en s’imposant contre Tomáš Polanský (3/1), Patrick Franziska (14e mondial), seul Allemand membre de l’équipe olympique médaillée d’argent aux derniers Jeux à être présent dans la sélection allemande pour ces championnats d’Europe, s’inclina face au n°1 tchèque Lubomír Jančařík au bout du suspens (2/3). Ce ne fut toutefois que partie remise pour la meilleure nation européenne qui empocha les deux matchs suivants – grâce notamment au réveil de Patrick Franziska – pour rejoindre le dernier carré.

Assurés d’une nouvelle médaille européenne, les Allemands ont ensuite déroulé pour se qualifier en finale. Contre des Danois qualifiés de justesse après leur victoire face à l’Angleterre (3-2), les champions d’Europe en titre n’ont jamais tremblé, s’imposant en trois matchs secs et ne concédant qu’un petit set, arraché par Tobias Rasmussen à Dang Qiu.

La surprise danoise effacée sans encombres, l’épouvantail allemand n’avait désormais plus qu’un obstacle sur sa quête du titre : la Russie. Absents du tableau principal depuis 2014, les Russes, tombeurs de la France en poules (voir plus bas), arrivaient en ayant fait le plein de confiance après avoir facilement disposé de la Suède (3-0). Malheureusement, cette confiance ne suffira pas pour détrôner l’Allemagne. Si Maksim Grebnev mit l’outsider de cette finale sur la bonne voie en battant Benedikt Duda (3/2), Patrick Franzizka – par deux fois – et Dang Qiu ne tremblèrent pas et apportèrent à l’Allemagne les victoires nécessaires à l’obtention du titre de champion d’Europe. Presque intouchables depuis leur première médaille d’or en 2007 (neuf titres sur onze), les Allemands ont affirmé une nouvelle fois leur suprématie.

Réclamer son bien

Dans le tableau féminin, la domination allemande fut moins nette, même si le résultat final fut le même. Après la désillusion de 2019 (élimination dès les quarts de finale face au Portugal), les Allemandes arrivaient en terres roumaines avec une soif de revanche et un statut à faire respecter après leur quatrième place aux Jeux olympiques. Également dans le groupe A, les pongistes d’outre-Rhin (Annett Kaufmann, Chantal Mantz, Nina Mittelham, et Sabine Winter) disposèrent de la Slovaquie puis de l’Espagne, concédant seulement un match aux Ibériques. Premières de leur poule, au même titre que l’Autriche, la Roumanie ou encore la France (voir plus bas), les Allemandes retrouvèrent donc le tableau principal.

Éliminée à ce stade de la compétition lors de la précédente édition, l’Allemagne n’eut cette fois-ci aucun mal à accéder au tour suivant. Opposées à la Pologne, Sabine Winter, Nina Mittelham et Chantal Mantz remportèrent tour à tour leur match et qualifièrent ainsi leur pays pour les demi-finales. Le podium assuré, il était désormais l’heure de la revanche pour les Allemandes. Tombeur de l’Ukraine, le Portugal se dressait alors sur leur chemin et les pongistes au pied du podium à Tokyo prirent un malin plaisir à se venger. Après l’accroc de Sabine Winter, battue par Fu Yu en ouverture de la partie (3/1), Nina Mittelham et Chantal Mantz remplirent leur part du contrat pour ramener l’Allemagne en finale.

Tenantes du titre, les Roumaines furent le dernier adversaire des Allemandes dans la compétition. Dans un remake des finales des éditions 2015 et 2017, où ces deux nations s’étaient succédées au palmarès, le premier point fut empoché par l’Allemagne et Nina Mittelham au terme d’un match fleuve remporté en cinq sets contre Bernadette-Cynthia Szöcs. Sabine Winter mit alors l’Allemagne en position de conclure en s’imposant sans perdre le moindre set contre Elizabeta Samara, mais Daniela Monteiro Dodean offrit un sursis à la Roumanie en battant Chantal Mantz, revenant avoir été menée deux sets à un. Le point décisif fut finalement obtenu par Nina Mittelham, n°1 allemande, après de longues minutes de combats face à Elizabeta Samara. Une dernière victoire qui permit donc à l’Allemagne de récupérer un titre qui fuyait l’équipe depuis 2015 et qui place le pays à une victoire d’être la nation la plus titrée (avec la Hongrie) chez les femmes.

Les Françaises, quarante-neuf ans après

Après des Jeux olympiques intéressants, qui vit les Bleus s’arrêter en quarts et leurs homologues féminines être sorties en huitièmes, l’équipe de France se présentait à ces championnats d’Europe par équipes avec des arguments pour être ambitieux. Si les hommes ont chuté plus tôt qu’espéré, les dames ont, en revanche, mis fin à une longue période de disette.

En l’absence du n°1 français Simon Gauzy, obligé de déclarer forfait pour raisons médicales (test négatif refusé), Emmanuel Lebesson, Alexandre Cassin et Can Akkuzu partirent à l’assaut d’une poule F où figurait également les Pays-Bas et la Russie. D’abord opposés aux Hollandais pour leur entrée en lice, les Bleus furent méthodiques en remportèrent tous leurs matchs, se mettant en confiance avant de retrouver la Russie pour une place en huitièmes. Malheureusement, les Français coinceront et s’inclineront tous face aux Russes, mettant fin à leurs espoirs avant même d’accéder au tableau principal, une première depuis les championnats d’Europe de Gdańsk/Sopot en 2011. Médaillés de bronze en 2015, 2017 et 2019, les Bleus mettent donc fin à leur série de podiums.

À l’inverse, chez les femmes, Prithika Pavade, Jia Nan Yuan, Audrey Zarif et Pauline Chasselin ont réalisé une performance majuscule en allant chercher un podium qui fuyait les Bleues depuis 1962. Dans une poule à leur portée, la poule H, en compagnie de la Turquie et des Pays-Bas, les Françaises ont déroulé en ne perdant pas le moindre match. Dans le tableau principal pour la deuxième édition consécutive, la France va cette fois-ci réussir à dépasser les quarts de finale en dominant assez facilement l’Autriche, Jia Nan Yuan étant la seule à lâcher un set – face à Jia Liu – au cours de la partie.

Assurées d’une médaille, les Bleues ne réussiront cependant pas à créer l’exploit face à la Roumanie, déjà tombeuse de l’équipe de France il y a deux ans. Accrocheuses, à l’image de la jeune Prithika Pavade qui réussit à prendre un set à la n°1 roumaine Elizabeta Samara (30e mondiale), les Tricolores seront toutefois éliminées, sortant avec les honneurs contre le double tenant du titre. Une performance plus que louable pour une équipe dont trois des quatre joueuses ont moins de vingt-cinq ans.

Une Allemagne dominante et une France médaillée dans le tableau féminin, les championnats d’Europe par équipes ont confirmé une domination et mis en lumière le rebond d’une autre. Rendez-vous désormais du 23 au 29 novembre à Houston pour les championnats du monde, afin de voir si les enseignements européens se vérifient à l’échelle mondiale.

Crédit image en une : ETTU

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