Actuellement “réfugié” en Turquie, où il envisage d’ailleurs de racheter le club de Gotzepe, Roman Abramovitch voit la vente de Chelsea se dérouler sans lui. Entre processus long et obligation de vendre vite, le point sur les offres et les tendances qui semblent se dégager.

La vente entre les mains d’une banque américaine

Un processus de vente que l’actuel propriétaire des Blues ne peut regarder que d’un œil lointain. Sanctionné par le gouvernement britannique à cause de ses liens étroits avec Vladimir Poutine, l’oligarque Russe n’a son mot à dire, ni sur le prix, ni sur les conditions. Tout est géré depuis l’autre côté de l’Atlantique par la banque d’investissements Raine qui est chargée de recevoir et étudier les différentes offres qui affluent (on parle d’une vingtaine d’offres venues du monde entier). Et justement, les décideurs devraient prochainement annoncer une short-list des offres jugées intéressantes. Dans cette liste figurera le nom du futur propriétaire du club du Nord de Londres et dont le nom sera communiqué sous peu, afin que la vente soit effective « d’ici un mois maximum » selon Sky Sports.

La famille Ricketts tient la corde

Très connus dans le monde du sport, les Ricketts ont depuis quelques jours jeté leur dévolu sur Chelsea et se sont positionnés officiellement et publiquement via un communiqué.

« En tant qu'exploitants de longue date d'une équipe sportive professionnelle emblématique, la famille Ricketts et ses partenaires comprennent l'importance d'investir pour réussir sur le terrain, tout en respectant les traditions du club, des supporters et de la communauté ».

Une offre qui cependant semble cependant unanimement rejetée par les fans des Blues, pour deux raisons bien claires. La première réside dans la gestion de la franchise des Chicago Cubs (Baseball) par les Ricketts, où ils sont copieusement détestés, comme l’explique Brian Wolff, supporter du club entraîné par Thomas Tuchel, et expatrié à Chicago où il dirige un club de supporters : « En tant que responsable du Chelsea Chicago Supporters Club et représentant à l'étranger du Chelsea Fans' Forum, j'ai eu la chance d'entendre ce que les supporters de Chicago et du monde entier ont dit au sujet de l'offre de la famille Ricketts pour Chelsea. Je peux vous dire que la grande majorité ont un profond dédain pour ces personnes. » La cause ? Certainement les déclarations jugées islamophobes de la part de Joe Ricketts, patriarche de la famille, dans des mails qui ont fuité en 2020. De son côté, son fils Tom, à la tête du projet, se défend de tout soupçon de racisme et assure que son père n’est aucunement impliqué dans le rachat. Pour cela, il aurait décidé de rencontrer les associations de supporters à Londres dans les prochaines heures.

Todd Boehly et des consortiums anglais en embuscade 

Ce nom ne vous dit peut-être rien mais Boehly est également une pointure du sport US. Copropriétaire des Los Angeles Lakers (basketball) et des Los Angeles Dodgers (Baseball), l’homme d’affaires américain de 47 ans s’est associé avec le milliardaire suisse Hansjorg Wyss afin de soumettre une offre estimée à plus de 2,5 milliards de Livres Sterling. Intéressé de longue date par le club londonien, Todd Boehly avait déjà eu des entretiens avec Abramovich pour racheter le club londonien en 2019. Il disposerait d'une fortune de 4,7 milliards de livres sterling (5,6 milliards d'euros) et préside également deux sociétés d'investissement (Elridge Industries et Hollywood Foreign Press Association).

Encore des Américains me direz-vous ? Mais non, deux offres anglaises sérieuses sont bien à l’étude selon la presse britannique. La première, celle de l’homme d’affaires Nick Candy paraît même être l’une de plus solides. En effet, le milliardaire (sa fortune est estimée à 1.5 milliards de Livres Sterling) aurait réussi à obtenir l’appui du fonds d’investissements spéculatif Citadel ainsi que d'investisseurs sud-coréens pour soutenir sa « candidature ».

Le dernier nom à sortir du chapeau serait celui, bien connu encore une fois de Lord Sebastian Coe. Incroyablement populaire au Royaume-Uni, l’ancien président du Comité d’Organisation des JO de Londres et fan absolu de Chelsea, s’est associé avec Sir Martin Broughton pour réunir les fonds nécessaires. Atout non négligeable, l’offre des deux hommes serait bien vue par le gouvernement britannique qui pourrait pousser la banque Raine à choisir ce duo. L’expérience de Broughton, qui a participé au renouveau de Liverpool en 2010 associé à l’enthousiasme et la renommée de Coe apporte un crédit indéniable au projet.

Les Saoudiens déjà écartés, Ratcliffe pas intéressé ?

Alors que l’offre présentée la semaine dernière par le Saudi Media Group a fait grand bruit, cette solution aurait été balayée d’un revers de la main par les autorités britanniques. En effet, de hauts responsables du football anglais auraient discuté du scénario selon lequel le groupe dirigé par Mohamed Alkhereiji pourrait être une façade pour l’État Saoudien. Sky News a ajouté qu’un dirigeant de club a déclaré qu’une prise de contrôle saoudienne pourrait représenter « un cauchemar » pour la Premier League surtout après « l’affaire Newcastle » dont le rachat par les Saoudiens a fait l’objet d’une très longue procédure.

Autre rumeur très vite écartée, celle faisant état de l’intérêt supposé de l’une des plus grosses fortunes britanniques Jim Ratcliffe, patron du groupe INEOS et propriétaire de l’OGC Nice. Bien que fan des Blues, l’homme d’affaires anglais a formellement nié avoir la volonté de transmettre une offre.

John Terry veut s’impliquer

John Terry ne laissera pas n'importe qui racheter Chelsea. Joueur emblématique du club londonien (1998-2017), l'ancien défenseur international anglais s'est associé au consortium True Blues, projet communautaire qui vise à participer au rachat de Chelsea à hauteur de 10%. Pour cela, True Blues espère investir jusqu'à 250 millions de livres sterling.

“Chelsea a été une partie importante de ma vie pendant 22 ans. Je veux voir l'histoire et l'héritage du club protégés alors que nous entrons dans une nouvelle ère avec des personnes partageant la même vision à long terme de la construction du meilleur club de football du monde et comprenant l'importance de notre ADN” – John Terry dans le Sun

Ce type de projet, similaire aux Socios espagnols, permettrait aux supporters anglais de garder un pouvoir, quoi que limité, sur une partie des décisions qui seront prises par le futur board.