Absents des Finales NBA depuis 1993, les Phoenix Suns peuvent enfin décrocher le titre suprême après deux échecs. Si personne ne les attendait là en début de saison, les hommes de Monty Williams ont prouvé tout au long de la saison que leur parcours était tout sauf un accident. Décryptage des 5 raisons pour lesquelles Phoenix peut raisonnablement espérer.

La forme physique

Un titre se joue sur des détails, et le calendrier en est un. Au repos depuis le 1er juillet et leur victoire lors du Game 6 face aux Clippers, les Suns ont également disposé de 6 jours d'arrêt entre leur victoire éclatante (4-0) face aux Nuggets et le début de leur finale de la Conférence Ouest. Chose dont n'ont pas pu bénéficier les Bucks, qui ont dû batailler jusqu'au dernier moment face aux Nets et aux Hawks. Deux séries éprouvantes donc qui, si elles ont certainement apporté beaucoup de confiance aux hommes de Mike Budenholzer, ont aussi largement puisé dans les ressources physiques et pourraient bien laisser des traces. Autre aspect important de cette confrontation, Phoenix arrive sans petits bobos et autres pépins physiques tandis qu'en face, on panse les plaies. Des organismes beaucoup plus frais et donc à même de tenir la distance si la série venait à s'éterniser.

Chris Paul ne laissera pas passer sa chance

On ne va pas se mentir, CP3 arrive en bout de course. À 36 ans, l'ancien meneur du Thunder ou des Rockets n'aura certainement pas beaucoup d'autres chances de gagner une bague, et c'est peut-être l'année où on la lui prédisait le moins que cela pourrait finalement arriver. Envoyé dans l'Arizona par les Rockets contre une ribambelle de joueurs et de picks de draft, le vétéran a prouvé qu'il était loin d'être fini et veut à tout prix ajouter cette ligne à son palmarès. Pour cela, le numéro 3 des Suns met les bouchées doubles et sait hausser le ton quand la situation le demande, le prouvent ses 41 points lors du match 6 face aux Clippers ou sa série face aux Nuggets lors desquelles ses performances dantesques ont largement contribué à sweeper Nikola Jokić et ses partenaires. Revenu à son top niveau après avoir été handicapé par une blessure à l'épaule face aux Lakers puis tenu éloigné des parquets par le protocole COVID, le Point God grimperait un peu plus dans la hiérarchie des meilleurs meneurs all-time et mettrait un superbe point (presque) final à une carrière riche en émotions s'il venait à triompher.

Devin Booker “is on fire”

Recette pour le meilleur backcourt de la Ligue : prenez un vétéran surmotivé et associez lui un scoreur insatiable, assaisonnez avec une pincée de génie et savourez. Car l'une des principales raisons de la présence des Suns en postseason, et plus particulièrement en Finale, c'est bien Devin Booker. Cette saison, l'arrière all-star a étoffé son jeu et a prouvé (si besoin en était) qu'il avait tout d'un grand. Pièce maitresse de l'effectif, Booker a su mettre de côté son penchant individualiste pour se mettre au service du collectif. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le petit ne laisse rien au hasard et veut tout écraser, en témoignent ses 27 points et 6,5 assists de moyenne sur cette campagne de playoffs. Qu'on se le dise, Devin Booker est en mission et il ne laissera personne se mettre sur son passage.

La profondeur de l'effectif

Si le 5 majeur des Suns (Paul – Booker – Bridges – Crawder – Ayton) a de quoi faire trembler nombre d'équipes, le banc n'est certainement pas en reste. Avec Dario Šarić, Torrey Craig et surtout Cameron Payne, l'effectif à la disposition de Monty Williams semble armé pour tenir toute une série et faire surgir le danger de partout. À l'aise derrière la ligne (37,6% de réussite en moyenne du parking sur ces playoffs), les Suns savent aussi très bien dominer sous le cercle grâce en grande partie à un Deandre Ayton qui parait avoir passé un cap cette saison. Avec 6 joueurs au-dessus des 10 points de moyenne lors de cette postseason (le 5 majeur + Cameron Payne) Phoenix dispose donc d'options qui sont nombreuses mais qui surtout sont fiables, ce qui n'est pas toujours le cas lorsqu'un effectif semble homogène à ce point. Une donnée qui sera forcément à prendre en compte du côté de Milwaukee qui ne peut pas se targuer d'avoir autant de possibilités.

Giánnis n'est pas au mieux

Annoncé sur le retour, Giánnis Antetokoúnmpo pourrait bien ne pas être à 100 % lors de cette série. Touché au genou lors du Game 4 face aux Hawks, le double-MVP a laissé ses coéquipiers faire le travail pour éliminer Atlanta mais Milwaukee ne pourra pas se passer de sa star sur l'ensemble des Finales, au risque d'hypothéquer une bonne partie de ses chances. Fauché dans son élan, le Grec était dans une forme étincelante depuis le début de la série face aux Nets (31.5 points de moyenne, 12,2 rebonds de moyenne sur les dix derniers matchs joués) et semblait déterminé à porter les Bucks jusqu'au titre qui leur échappe depuis 1971. Si la blessure est moins sévère que ce que les images ont laissé présager et que Jrue Holiday et Khris Middleton ont parfaitement su tenir la baraque face aux Hawks, il n'est pas certain qu'un Giánnis sur une seule jambe soit suffisant face aux Suns…

Quoi qu'il arrive, ces Finales risquent d'être disputées jusqu'au dernier moment tant les deux équipes semblent proches l'une de l'autre. Mais s'ils jouent comme ils savent le faire et ajoutent un brin de chance et de réussite, les Suns auront toutes les cartes en main pour remporter leur premier titre NBA.

Crédit image de une : SkySports