F1 – Bilan 2019 : Renault F1, le complexe d’infériorité

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Une année de F1 s’est achevée, et chaque écurie est passée au crible. Bons points, résultats décevants, améliorations, ratés… L’ensemble de la saison de Renault F1 est aujourd’hui passé à la moulinette. Focus sur notre fleuron technologique à nous français.

Une cinquième place, comme une défaite

Lorsqu’une écurie motoriste finit derrière son écurie cliente, il faut généralement se poser des questions. Cette année, ce fut le cas pour Renault, qui finit très loin de McLaren, 4e écurie du plateau. Déjà à la mi-saison, la sonnette d’alarme était tirée.

Si les progrès de l’écurie française sont notables sur le plan moteur, le reste laisse un arrière goût amer. Jamais, l’aérodynamique ou le châssis n’auront été au niveau des espoirs placés dans la voiture en début d’année. Viry-Châtillon et Enstone n’ont visiblement pas trouvé la recette miracle pour combiner le savoir faire des deux usines.

L’année commençait pourtant très bien, avec l’arrivée d’un pilote de gros calibre en la personne de Ricciardo. Aux côtés d’Hülkenberg, cela s’annonçait comme l’un des duos les plus solides et sympathiques de la grille. Comme dit plus haut, le moteur avait enfin progressé, et laissait entrevoir une belle éclaircie. Le châssis, décent au début de saison, n’aura donc malheureusement pas progressé. Un temps dans la course à la quatrième place, Renault s’est finalement faite larguer. Et pour une écurie se voulant top team (comme le râbache souvent Abiteboul), on ne doit pas lutter avec Toro Rosso toute l’année…

Des performances aléatoires

D’un côté, on a pu voir des résultats probants. À Monza, les deux pilotes ont fini dans les points aux 4e et 5e rangs, permettant à Renault de scorer énormément. Jamais depuis son retour l’écurie française n’avait fait aussi bien. Ricciardo avait également signé une très belle quatrième place en qualifications à Montréal. Autrement ce sont des points grappillés par ci par là, rien de très probant.

D’un autre côté, la marque au losange a essuyé de cuisantes défaites. À Bahreïn, les deux pilotes ont abandonné à quelques tours de l’arrivée, à quelques secondes d’intervalle. En France, pour le GP national, seul Nico marque des points en terminant 8e (suite à la pénalité reçue par… Daniel Ricciardo, l’éjectant du top 10). En Allemagne, Hülkenberg sort de piste alors qu’il était deuxième. Au Brésil, malgré l’hécatombe touchant les leaders, la firme française ne marque que 8 petits points, alors que ses adversaires directs montent tous les deux sur le podium.

Que viser ensuite ?

Comme de nombreuses écuries, Renault a avoué par la voie de Cyril Abiteboul que « [leur] stratégie est construite autour de 2021. Le nouveau règlement technique et sportif, les nouvelles formes de redistribution des revenus, tout ceci est à notre avantage. On a donc très envie de se projeter à fond sur 2021 ». Cependant, l’écurie n’oublie pas qu’il y a une saison 2020 entière à disputer, et qu’elle a d’ailleurs déjà commencé.

Exit donc le pilote Allemand, qui rendait bien service depuis maintenant 3 ans. Remplacé par Esteban Ocon, libéré par Mercedes (et complètement bouché par Bottas), le français aura fort à faire. Son duo avec Ricciardo fera en tout cas des étincelles. Le Normand, qui avait prouvé beaucoup de belles choses avant d’être remplacé par Stroll, aura à coeur de prendre sa revanche, et de prouver qu’il a sa place en F1.

Il est aussi important de noter qu’après avoir perdu son partenariat avec Red Bull l’année passée, celui avec McLaren prendra fin après le dernier GP de 2020. C’est une manne financière en moins du côté de Renault, qui devra trouver des solutions pour pérenniser son avenir en Formule 1.

Statistiques

  • 5e du championnat avec 91 points (54 pour Riccardo, 37 pour Hülkenberg)
  • 6 abandons (4 pour Riccardo, 2 pour Hülkenberg)

L’avis de la rédaction

Jérémy Reis : “La saison de Renault est décevante… en tout point. Sur le plan du recrutement, où le choix de Ricciardo et ses performances sont remises en question. Sur le plan technique avec une voiture ratée. Et surtout sur le plan de la communication, complètement bancale, notamment celle de Cyril Abiteboul. Il est important pour Renault de redresser la barre, sous peine de voir son avenir dans la catégorie reine s’assombrir…”.

Wilson Santos : “La saison de Renault est une catastrophe, dans tous les sens du terme. Ils voulaient se battre avec les top teams en 2019, et ils ne sont même pas capable d’être la “meilleure des autres”. Dépassés par McLaren qui vient de beaucoup plus loin, et après avoir dépensé bonbon pour Ricciardo, il semble que le bonbon a un gout amer pour Abiteboul. L’accord sur le plafond salarial et la signature de Ocon après l’aveu de défaite de Hülkenberg sont bien maigres mais dans une période de sécheresse, du crachat ressemble à une fontaine pour l’écurie française.”

Renault aura donc fort à faire en 2020, entre la saison de F1 en elle même, préparer 2021, s’adapter à son nouveau pilote, assumer son statut revendiqué de top team … Si Renault F1 ne veut pas retourner dans ses travers de 2019, il faut garder le cap, et trouver la bonne formule. 

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