Alors que Jessica Pegula vient de s'incliner en huitièmes de finale du tournoi de Miami, elle est néanmoins en constante progression et s'invite dorénavant dans le cercle des meilleures joueuses de l'année 2021. Pourquoi cette éclosion arrive si tard, dans sa 27e année ? Peut-elle aller encore plus loin ? Quelques éléments de réponse dans cet article.
Le sport, une affaire de famille
Jessica Pegula n'a pas de parents ni de frères et sœurs athlètes de haut niveau, elle est la seule sportive de sa famille. Mais son père, qui a fait fortune dans l'extraction de gaz naturel, est le propriétaire de deux franchises à Chicago : les Buffalo Bills en NFL et les Buffalo Sabres en NHL notamment. La famille a également créée son entreprise ” Pegula Sports & Entertainment ” qui regroupe toutes les franchises de ses parents. Elle aimerait d'ailleurs, après sa carrière de joueuse professionnelle, reprendre l'entreprise familiale et travailler dans le business sportif. Elle commence le tennis à l'âge de 7 ans et joue ses premières qualifications d'un tournoi WTA à 15 ans en parallèle du circuit secondaire.
Mais sa progression est moins fulgurante que certaines joueuses de son âge. En effet, des blessures au genou et à la hanche la mettent sur le côté et ne lui permettent pas d'avancer dans le classement. L'Américaine est contrainte de se faire opérer de la hanche en 2017, ce qui lui fera manquer 1 an sur le circuit. À ce moment précis, elle a même pensé à arrêter sa carrière d'athlète de haut niveau.
Une révélation sur le tard
C'est en 2015, à l'âge de 21 ans qu'elle est pour la première fois dans le tableau principal d'un Grand Chelem, dans son tournoi favori, l'US Open. Mais sa première finale sur le circuit aura lieu à Québec trois ans plus tard, qui l'opposera à la Française Pauline Parmentier. Puis une deuxième finale à Newport en 2019 face à Bianca Andreescu, qui fera une saison flamboyante par la suite. Elle atteint son meilleur classement fin 2019 avant l'arrêt du circuit (55e joueuse mondiale) pour cause du Covid. En effet, elle remporte son premier titre WTA à Washington en août 2019. Son tennis a toujours été basé sur des frappes lourdes, très puissantes qui délogent ses adversaires de leur ligne de fond de court. Son coup favori est le revers long de ligne, d'après sa biographie sur le site de la WTA.
Crédit photo : Tennis Channel
L'année 2020, le déclic
Mars 2020. Le tournoi d'Indian Wells est annulé en dépit de la crise sanitaire qui bouleverse le monde entier. Tous les joueurs et joueuses sont privés de tournoi pendant le confinement qui durera jusqu'à début août, date de la reprise des tournois sur le circuit. Jessica Pegula évoque le confinement comme une longue pause bénéfique pour sa carrière. Cela lui permet de travailler certains points de son jeu, comme le service. Son coach voulait qu'elle gagne plus de points gratuits derrière sa première balle de service. Les efforts sont payants puisqu'elle sort des qualifications du tournoi de Cincinatti et file en quart de finale à la sortie du confinement. Elle enchaîne sur sa lancée avec un 3e tour à l'US Open.
Jessica Pegula attaque l'année 2021 sur les mêmes bases que 2020, mais avec des victoires encore plus convaincantes. Elle bat sa première top 10 à l'Open d'Australie en la personne d'Elina Svitolina pour se qualifier pour son premier quart de finale en Grand Chelem. Puis elle devient le bourreau de Karolína Plíšková en remportant leurs 3 confrontations en l'espace d'un mois.
La joueuse américaine nous montre qu'elle est très performante sur les tournois sur dur, mais qu'en est-il de la terre battue ?
En ne participant qu'à deux éditions de Roland-Garros (et à chaque fois éliminée au 1er tour) en 2019 et 2020, on ne connaît pas vraiment son niveau sur cette surface. Mais avec sa rapidité de déplacement et ses frappes lourdes, elle pourrait réussir à tirer son épingle du jeu.
Actuellement autour du top 30 au classement mondial et numéro 7 à la race, Jessica Pegula peut être une des révélations de cette saison. La voir au Masters de fin d'année ne serait pas étonnant…
Crédits photos : Reuters