Le jour du SuperBowl, toute l’Amérique du sport marque une pause pour faire allégeance à ce rendez-vous inégalé et incontournable de l’année. En termes d’audience, de retombées financières, d’enthousiasme et de ferveur, c’est de loin l’évènement sportif le plus prisé aux USA. Pourquoi ce gigantisme autour de la finale de la saison régulière en NFL?
Le b.a–ba d’un sport pas comme les autres,
Au prime abord et à toutes fins utiles, il est à préciser que le domaine de définition dans lequel le SuperBowl prend son sens et toute son essence, c’est le football américain. Que dire des règles qui régissent plus particulièrement cette finale ? Déjà, il faut :
– 4 tentatives pour gagner 10 yards. Une fois les 10 yards gagnés, quatre nouvelles tentatives sont offertes au vainqueur
– Chaque joueur présent sur la pelouse peut avancer avec une passe du quarter back ou une course.
– Même si le ballon qui cristallise les attentions ici ressemble peu ou prou à celui de rugby, les règles ne sont aucunement les mêmes. Et pour preuve, tous les coups ne sont pas permis ou du moins ceux permis là-bas ne le sont point ici !
Après, pour ce qui est des subtilités les moins lisibles, l’habitude permet de mieux les cerner quoiqu’elles sont évolutives et très dynamiques. Mieux, les arbitres ne font pas de leur application un impératif des plus absolus. Ce qui nombre de fois crée des étincelles et des bisbilles sur comme en dehors du terrain.
Une question de lexique,
Si dans d’autres sports, la rencontre ultime qui oppose les deux meilleurs équipes de la saison, du championnat, d’un tournoi est à juste titre appelée ‘’finale’’, parler de ‘’finale du SuperBowl’’ est à la fois de l’inculture et un crime de lèse-majesté. En effet, le Super Bowl est la finale du championnat de la saison régulière du football américain. Il oppose le vainqueur de la finale de la conférence Américaine (AFC) au vainqueur de la finale de la conférence Nationale (NFC), ceci sous la coupole de la NFL. Les franchises les plus victorieuses en la matière sont les Steelers de Pittsburgh et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre avec 6 victoires chacun.
Le Most Valuable Player,
Le titre de MVP, meilleur joueur de la finale a toujours été attribué à un membre de l'équipe sacrée par le Super Bowl sauf lors de l’édition V en 1971 lorsqu'il fut décerné au linebacker Chuck Howley des Cowboys de Dallas malgré la défaite contre les Colts de Baltimore. À l'issue du Super Bowl XII, le titre est pour la seule fois de son histoire décerné à deux joueurs, Harvey Martin et Randy White. La franchise ayant remporté le plus de titres est celle des Cowboys de Dallas (sept joueurs couronnés). C'est au poste de quarterback que le gagnant a remporté le plus de trophées (30 sur 55). Mark Rypien (né au Canada) et Hines Ward (né en Corée du Sud) sont les deux seuls joueurs nés hors des États-Unis à l'avoir gagné.
Le show de la mi-temps, clivant !
Traditionnellement, à la mi-temps de la finale se tient un show assuré par des ‘’guests’’, généralement des sommités de la musique américaine. De l’avis des puristes et cette opinion est de plus en plus partagée, ce show n’a aucun intérêt. Ils ont fini par l’assimiler à un additif superflu dans le chronogramme puisqu’il émoustille de moins en moins ; la faute à des artistes qui prestent pour la plupart du temps en playback et qui sont souvent présents plus de corps que d’esprit.
Les chiffres clés du SuperBowl 2021,
Cette année, Covid-19 oblige, les fruits n’ont pas tenu comme d’accoutumée l’espérance des fleurs. En effet, le Super Bowl 2021 a été regardé aux États-Unis par près de 92 millions de téléspectateurs contre 101,369 millions l’année dernière, ce qui représente un chiffre très bas par rapport aux années précédentes. Pour rappel, le record historique d’audience a été atteint en 2014 avec plus de 114 millions de téléspectateurs et il faut remonter à l’année 2007 pour retrouver des chiffres aussi bas. En France, 398000 personnes ont vu la finale sur la chaîne l’équipe, soit 7000 téléspectateurs de moins que l’année dernière. Toujours au registre de la crise économique liée à la pandémie, le tarif du spot publicitaire de 30 secondes a baissé de 5,6 à 5,5 millions de dollars. Malgré cette baisse, cette année, certaines marques habituelles ont brillé par leur absence. C’est par exemple le cas de Coca-Cola, Pepsi et Budweiser. En ce qui concerne les réseaux sociaux, la société d’analyse Brandwatch a analysé les mentions et commentaires sur Twitter pour tous les tweets publicitaires du Super Bowl pendant le match. Collectivement, les marques ont reçu plus de 916 000 mentions (soit 3 800 mentions par minute) sur Twitter. En 2020, 44 millions d’interactions ont été réalisées sur les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram et Twitter lors du Super Bowl.
Indubitablement, le Super Bowl reste l'événement sportif le plus regardé à la télévision aux États-Unis, et l'un des événements sportifs les plus suivis au monde. Les chaînes de télévision profitent de la rencontre pour vendre des spots publicitaires à des prix records. Mieux, on estime à au moins 600 millions de dollars les gains pour la ville qui accueille l’organisation du Super Bowl. C’est dire toute l’aura intemporelle et inénarrable que revêt cette rencontre pas comme nulle autre.