Après que Niort a disputé les barrages et obtenu son maintien, le championnat de Ligue 2 va connaître deux relégations cette année : Chambly et Châteauroux. Quel avenir pour ces deux clubs ? 

Ce n’est pas vraiment un surprise : descendre en National n’est jamais vu d’un bon œil pour un club professionnel. Budget en chute libre, réduction des droits TV, difficultés pour remonter, risque de perdre son statut professionnel, son centre de formation… Bref, vous l’aurez compris, l’objectif principal d’une équipe reléguée en National 1 est de retrouver l’antichambre du football français le plus expressément possible. Pour ça, pas d’autres choix que de connaître ce championnat si compliqué, pour y effectuer un mercato à la hauteur des attentes du club concerné. 

Chambly : « Ne jamais rien lâcher » 

C’est le slogan que n’a cessé de scander la famille camblysienne durant toute la saison : « Ne rien lâcher ». À croire que celui ci n’a pas suffi, puisque les joueurs de Bruno Luzi sont contraints de rejoindre le National 1 après une saison en dents de scie. On peut dire que cette formation n’a pas vraiment été aidée par le cours des événements. Souvent touchée par l’épidémie de Covid, elle a dû de nombreuses fois se priver de ses cadres. Les blessures, précoces, comme celle du capitaine Thibault Jacques et de la recrue pour laquelle on attendait beaucoup, Nikola Petkovi, n’auront rien arrangé. Alors oui, la relégation se dessinait, mais Chambly n’a rien lâché avant d’échouer à seulement trois points de la place de barragiste. De la déception, il y en a forcément, mais ce club familial n’a pas dans son ADN de baisser les bras. Même si Bruno Luzi a douté sur son avenir à Chambly, c’est bien ce dernier qui flânera sur le banc la saison prochaine. Lui se montre déjà prêt et en pleine réflexion pour bâtir un nouveau projet, sensiblement destiné à retrouver la Ligue 2. Pour cela, l’effectif devrait connaître quelques chamboulements, à commencer par John Popelard, le plus emblématique des joueurs du FC Chambly qui quitte les siens après onze ans de bons et loyaux services. Bien entendu, les arrivées devraient suivre pour armer ce groupe face au défi qui l’attend. L’avenir, c’est aussi un nouveau stade pour Chambly. Contraint de s’exiler loin de ses terres pour disputer ses rencontres, la nouvelle enceinte promise de longue date tarde encore et encore à être livrée. La raison ? Le tribunal administratif d’Amiens vient d'être saisi par une association environnementale pour une histoire d’aménagement. Dans l’attente du dénouement et d’une autorisation d’aménagement, le chantier risque d’être encore retardé, alors que le stade est terminé à 90 %. Malédiction ? 

Châteauroux : une saison cauchemardesque 

Absolument rien n’aura réussi à cette formation berrichonne cette saison. Ni les changements de coach successifs, au nombre de trois sur un an, ni les recrues hivernales. Résultats des courses, les joueurs de Marco Simone se contenteront, si l’on peut se permettre, d’une place de bon dernier de la classe. Et ça, avec quinze points de retard sur le 19e, Chambly. Oui, c’est peut être ça la définition d’un cauchemar sportif. Pourtant, l’arrivée du technicien italien, grande figure du Milan AC à l’époque, semblait avoir remis les choses en ordre. Du moins, tactiquement, puisque les résultats n’ont jamais suivi non plus. Mais dire que rien n’a réussi au club castelroussin serait peut être un peu dur. Puisque malgré une position de mal embarqués, le club a su attirer Abdullah bin Mosaad, prince saoudien, pour prendre majoritairement le contrôle de la Berri. C’est peut être la seule bonne nouvelle à souligner cette saison. Présenter des comptes financiers stables dans un contexte de pandémie mondiale est une chance non négligeable. Et l’objectif est unanime : la montée ou rien. Pour cela, l’effectif va connaître un grand ménage. Plus d’une quinzaine de joueurs sont annoncés sur le départ pour autant d’arrivées a informé Patrick Trotignon, directeur général. Julien Cordonnier, fraîchement arrivé, épaulera Aldo Angoula au recrutement. Avec un budget avoisinant les 7 millions d’euros, la Berri peut voir son avenir proche en L2. L’été va donc être chargé. Du côté du Berry, on promet déjà plusieurs arrivées imminentes de joueurs expérimentés ayant connu la Ligue 1 ou la Ligue 2. Affaire à suivre ! 

Dans un championnat athlétique de National 1, connu pour être compliqué, rares sont les équipes qui ont réussi à rejoindre la L2 dans la foulée. Pour Châteauroux comme pour Chambly, prêts à faire déjouer ces fâcheuses statistiques, le défi de taille commence dès maintenant. 

Crédits photo : La Nouvelle République