Ligue 2 : Un niveau qui se dégrade ?

Au vu du faible écart entre les différentes équipes en Ligue 2, tout laisse à penser que le niveau est sensiblement le même partout sans grande intensité. Pour autant, ce ne sont que des idées reçues, et tout laisse à penser le contraire.

Des écarts tenant dans un mouchoir de poche

Depuis le début de la saison, le championnat est assez serré en terme de points. Seulement trois points séparent le onzième, Valenciennes, du troisième, Sochaux. Et cela va jusqu’à six points avec le quinzième, Chambly. Ensuite, deux points tiennent le dernier, Paris, au seizième, Orléans, qui possède cinq points de retard sur Chambly.

Après dix journées, il n’est pas choquant de voir un tel classement. Cela montre un niveau hétérogène dans le jeu depuis le début de la saison, qui ne demande qu’à se décanter au fur et à mesure de la saison. Certaines équipes réalisent des débuts de saison bien au dessus des espérances (Sochaux, Ajaccio, Auxerre). Et d’autres, au contraire, sont aux abonnés absents du haut de tableau (Caen, Guingamp, Niort). Une hiérarchie inversée qui ne demande qu’à découvrir la suite.

Des équipes qui recrutent mieux

Si il y a bien un point sur lequel beaucoup de personnes seront d’accord, c’est la capacité à recruter des clubs de Ligue 2. Avec d’anciens joueurs de Ligue 1, des joueurs d’expérience, de l’efficience dans les signatures de free agents. De plus, la faculté à conserver les jeunes est un plus non négligeable pour certaines équipes.

Au niveau des noms, Steeve Yago (Caen), Sloan Privat (Sochaux), Steven Fortes (Lens), Teddy Chevalier (Valenciennes) ou encore Pape Souaré (Troyes). Cela s’ajoute à des arrivées de jeunes prometteurs de centre de formation d’en haut comme Olivier Kemen (Niort), Gédéon Kalulu (Ajaccio) ou encore Lamine Diaby-Fadinga (Paris), malgré ses affaires à Nice. Pour le dessert, des prêts de jeunes talentueux comme Sofiane Diop (Sochaux), Lenny Pintor (Troyes) ou Vincent Thill (Orléans).

Et enfin, les joueurs restant dans les clubs de Ligue 2, comme Florian Sotoca et Tony Mauricio (Lens) ou Yannick Gomis (Guingamp) empêchent la fuite des bons éléments. De plus, certains joueurs convoités sont restés dans le championnat, comme Maxence Lacroix (Sochaux), Julien Masson (Valenciennes) voire Pierre-Yves Hamel (Lorient).

Du jeu moins offensif, mais plus construit

L’année dernière, la Ligue 2 n’a pas été très folichon en terme de buts marqués, 834 buts contre 1035 en 2017/2018. Plusieurs hypothèses sont à énumérer, mais depuis le début de la saison, c’est surtout un duel physique et défensif qui est prôné dans la plupart des équipes. Chaque équipe est plus solide derrière, à l’image de Sochaux et Lorient, avec 5 buts encaissés depuis le début de la saison.

Ce qui est plus perceptible reste la construction du jeu et la circulation du ballon qui sont plus efficaces cette saison. Dès le début de l’exercice, les équipes du haut de tableau se sont démarquées par leur capacité à mieux exploiter le terrain, améliorer les placements, et des appels moins risquées. Si les phases de jeu sont plus longues, elles sont plus efficaces dans la finalité. C’est le cas par exemple de Clermont, qui décide de privilégier un gain de terrain en utilisant toute le terrain et des passes courtes pour se faufiler dans les 25 mètres adverses.

Cependant, il existe encore des mauvais élèves, comme Nancy ou Le Mans, plus poussifs, et sans réel schéma de jeu similaire sur la saison. Caen, sous l’ère Almeida, était incapable de marquer,la faute à un 3-5-2 qui bloquait les possibilités de jeu et le potentiel présent dans l’effectif.

Pour autant, le collectif est plus favorisé dans la plupart des équipes, avec peu d’individualités fortes. C’est une force qui est en général plus efficace que de vouloir construire sur un joueur, ou lui donner des libertés, qui ne vont pas apporter au onze sur le terrain. Deux poids, deux mesures

Quelle conclusion en tirer ?

Pour résumer le tout, la Ligue 2 est un championnat plus attractif qu’auparavant. Tant par les équipes sur le papier que sur le terrain. Beaucoup de jeu plus intéressant de proposé, des rotations plus efficaces, et un niveau global qui monte. Ce début de championnat est très intéressant, mais attention à ne pas tomber dans une spirale négative, comme lors de la dernière journée, avec très peu de buts et un spectacle moins intéressant.

Crédit photo : LFP.

A propos de l'auteur

Rédacteur football, basket, eSport pour We Sport FR et chroniqueur radio pour l'émission Soyons Sports à Shalom Besançon. Fan du FC Sochaux depuis qu'un certain Teddy Richert a fait des merveilles en finale de Coupe de France 2007.

Poster un commentaire

Donec diam et, mattis commodo in