Coupes Européennes

Stade Rennais : quand le doux parfum de l’Europe réveille la Bretagne

Peu habitué à briller sur la scène européenne depuis sa création en 1901, le club breton a pourtant écrit de belles pages de son amourette souvent éphémère avec le vieux continent. En 13 participations, les Rouge et Noir n’ont que rarement suscité un engouement local, voire national. À l’exception de deux d’entre elles, en 1999 et 2019. We Sport vous propose de (re)découvrir l’aventure bretonne en terres européennes à travers la campagne de 1999…

Coupe Intertoto 1999

Le contexte

Alors que le tube planétaire “Mambo N°5” résonne jusqu’au tréfonds de l’Ille-et-Vilaine – rappelez-vous cette musique au rythme endiablée de Lou Bega, restée 20 semaines au Top 50 -, le football breton va alors écrire l’une de ses plus belles pages. Terre de football avec aujourd’hui cinq clubs, en comptant Nantes, dans l’élite, sans oublier Guingamp, la Bretagne est plus que jamais une place forte du rectangle vert. Le Stade Rennais, club indéboulonnable du paysage footballistique français, surtout depuis l’arrivée de la famille Pinault à sa tête en 1998, ne cesse de grandir et d’impressionner. À peine un an après l’arrivée de la famille Pinault, les résultats sont bluffants. Le SRFC termine cinquième, à seulement quatre points du podium, ce qui lui permet de participer à la coupe Intertoto…

Direction l’est

En terminant cinquièmes, les hommes de Paul Le Guen se qualifient directement pour le troisième tour de la coupe Intertoto. Pour rappel et pour la petite histoire, la coupe Intertoto fut créée en 1967 afin que les parieurs ne restent pas sans match l’été – car oui, elle avait lieu l’été. Reprise par l’UEFA en 1995, elle va disparaître en 2009 pour laisser place à l’Europa League. Après ce petit aparté, replongeons-nous dans nos mémoires afin de revenir sur le parcours des Bretons dans la compétition.

En guise de premier adversaire, les Rennais héritent de l’Austria Lustenau, une pâle formation autrichienne complètement dépassée en championnat. Néanmoins, comme Didier Roustan se plaît à le rappeler dans ses podcasts, les clubs de l’est sont loin d’être aisés à jouer. Et ce n’est pas Rennes qui dira le contraire, défait 2-1 à l’aller au Reichshofstadion dans un match compliqué, à 1000 kilomètres de la Bretagne. Le mal du pays dira-t-on, alors que les “irrésistibles” Armoricains s’imposeront 1-0 (but de Yoann Bigné) au match retour dans une rencontre étriquée. Rendez-vous en demi-finale pour la bande à Le Guen.

El-Hadji Diouf, buteur à l’aller. (Crédits : Arcgis)

Encore et toujours à l’est

Une fois n’est pas coutume, le Stade Rennais continue son excursion dans l’ex-bloc soviétique en affrontant l’Austria Vienne. Un nouveau club autrichien se dresse donc sur son chemin. Cette fois, le match aller a lieu sur les terres bretonnes, au mythique stade de la Route-de-Lorient, devenu ensuite Roazhon Park. Devant plus de 10 000 spectateurs et avec un onze présentant une moyenne d’âge impressionnante de 23 ans, les locaux s’imposent sans bavure 2-0. À noter l’unique but du jeune Christian Bassila (22 ans) avec Rennes, pour son deuxième match de Coupe d’Europe. Méfiance, méfiance, me direz-vous. Eh bien pas cette fois. Bien que bousculés en Autriche, les Français obtiennent le match nul (2-2), synonyme de qualification en finale contre la Juventus de Turin…

Le match du siècle

Acte 1

Posons le contexte de ce premier acte historique entre les deux formations. Le match aller se déroule un certain 10 août 1999, au Stadio delle Alpi, qui sera démoli en 2009. 27 000 spectateurs sont présents ce soir-là dans les travées du stade et assistent à une rencontre à sens unique, où la force collective et individuelle de la Juve prend le pas sur de valeureux Bretons. L’irrésistible Pippo Inzaghi s’offre un doublé sur ses terres. Un match aller à oublier pour les Rennais, dont peu de personnes en France auraient soupçonné le scénario du match retour…

Pippo Inzaghi s’offre un doublé. (Crédits : ILBianconero)

Acte 2

“Rennes rêve de l’exploit”, titre le journal L’Équipe au petit matin de cette finale retour. Battus logiquement à l’aller face aux Bianconeri, les Rennais gardent espoir. Un titre qui traduit l’engouement et l’attente qui demeurent autour de ce match, renforcés par la venue de “Zizou” sur les terres bretonnes. Malheureusement, rares seront ceux qui pourront porter haut et fort les valeurs de la Bretagne dans les gradins. Seulement 15 000 spectateurs sont présents, la faute à des travaux qui réduisent par trois la capacité d’accueil de l’enceinte… Les 20 premières minutes sont palpitantes. Bien loin des rounds d’observations interminables d’aujourd’hui, Rennes joue son va-tout et enflamme le stade à la 19e minute. En l’espace de 60 secondes, les hommes de Paul le Guen, portés par un élan populaire, font vaciller la Juventus de Zidane. Diouf se joue de la défense transalpine avant de trouver un relais avec Nonda, qui adresse un délice de plat du pied à Bardon. Mais ce dernier échoue sur le poteau de la légende Edwin van der Sar et entraîne avec lui les soupirs du stade.

Quand Zidane vint en Bretagne. (Crédits : Ouest-France)

Des soupirs qui, à peine 40 secondes plus tard se transformeront en cris de joie. Aujourd’hui, une telle action ferait le tour des réseaux sociaux. Dans une contre-attaque digne des Reds du Liverpool de Klopp, 13 secondes et trois passes s’écoulent entre la relance des gants de Malicki et l’ouverture du score de Diouf. Sensationnel.

L’espoir durera 10 minutes, avant que Conte réduise la marque d’une tête chirurgicale. En fin de match, Zambrotta vient éteindre tout vent d’espoir d’un plat du pied gauche, après que Del Piero s’est joué de trois Rennais sur le côté droit. Nonda arrachera le match nul à la 89e minute d’une rencontre qui restera sûrement et pour longtemps l’un des plus beaux matchs de coupe d’Europe de l’histoire rennaise.

Aujourd’hui comme hier, le Stade Rennais grandit petit à petit. Alors, aux générations du présent de faire à nouveau lever la Bretagne…

                                                                                                                                                   Crédits : Ouest-France

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